Marathon : Eliud Kipchoge l'a fait !

Marathon : Eliud Kipchoge l'a fait !©Media365
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Aurélien CANOT, publié le samedi 12 octobre 2019 à 10h16

Eliud Kipchoge (34 ans) est devenu samedi matin à Vienne le premier homme de l'histoire à descendre sous la barrière mythique des deux heures sur un marathon. Dans des conditions optimales et avec l'aide de 41 lièvres de renom, le Kényan a réalisé son incroyable défi en passant la ligne en 1h59'40". Comme il se l'était fixé et ce qu'il n'avait pas réussi à faire à Monza il y a deux ans.

Eliud Kipchoge l'a fait ! Le Kényan est devenu samedi à Vienne le premier homme de l'histoire à descendre sous la barre mythique des deux heures sur marathon. Le meilleur spécialiste de la planète s'était fixé 1h59'59". A l'issue d'une dernière ligne droite avalée au sprint sous les acclamations des nombreux spectateurs massés le long de l'avenue du Prater, Kipchoge a passé la ligne en un temps complètement dingue de 1h59'40" (19 secondes en-dessous de celui qu'il souhaitait réaliser) avant de se jeter dans les bras de sa femme et de ses enfants, venus voir leur champion de mari et de père réaliser son défi.



Car depuis qu'il s'était fixé, lui qui avait échoué il y a deux ans à Monza, de courir sous les deux heures, ce samedi à Vienne, le recordman du monde (en 2h01'39") n'avait jamais douté quant à sa capacité d'y arriver, répétant en permanence que l'homme n'avait pas de limite et qu'il allait le démontrer. « Ce n'est pas une affaire de performance mais de marquer les gens et de changer leur état d'esprit. Ma vie changera si j'y parviens. Je vais écrire l'histoire comme l'avait fait le premier homme sur la lune. » L'homme du week-end avait raison d'y croire.

Lagat, Kipkemboi et Kipketer dans le dernier relais !

Certes, tout avait été orchestré pour que Kipchoge puisse devenir le premier marathonien sous les deux heures. Des conditions optimales, 41 meneurs d'allures (sept à chaque relais) de dimension internationale (Bernard Lagat, Kipkemboi, Kipchirchir et Kipketer faisaient notamment partie des sept derniers relayeurs), une voiture ouvreuse le tenant au courant de sa position par rapport à son objectif via un faisceau vert sur la route ou encore des ravitaillements beaucoup plus espacés que cela ne se fait habituellement et sans que le champion ait à se servir sur une table, Ineos, sponsor de l'événement, avait pensé à tout. Des balayeurs avaient même été prévu pour nettoyer la trajectoire des éventuelles feuilles mortes. La performance ne sera d'ailleurs pas homologuée par la Fédération internationale, d'autant que la course ne se déroulait pas dans le cadre d'une compétition officielle. Elle n'en reste pas moins PHE-NO-ME-NALE ! Eliud Kipchoge, haut et chaussures de couleur blanche quand les meneurs d'allures placés tout autour de lui étaient, eux, en noir (et baskets roses), a pourtant fait peur à tout le monde en partant très vite. Un départ canon des plus risqués (mais visiblement parfaitement calculé lui aussi) qui a permis au Kényan de tout de suite compter une dizaine de secondes d'avance sur son objectif.


Kipchoge : « Mon but était de marquer l'histoire »

A mi-course, il possédait toujours la même avance, fruit d'une allure extraordinaire de 21,4 km/h de moyenne. Et c'est également avec cette dizaine de secondes d'avance sur la barre des deux heures que le recordman du monde a abordé les cinq derniers kilomètres, toujours poussé par une foule impressionnante tout au long du parcours et sous les yeux notamment de Christopher Froome. Comme Kipchoge lui-même, le quadruple vainqueur du Tour de France n'a jamais pensé que le Kényan vainqueur d'onze marathons sur les douze qu'il a courus (il avait terminé deuxième à Berlin en 2013) pourrait connaître un nouvel échec, deux ans après celui de Monza. Les porteurs d'allure, qui ont porté le héros en triomphe après l'arrivée (ils toucheront chacun 10 000 dollars, quand Kipchoge va lui empocher 1 million de dollars), n'en avaient jamais douté eux non plus.



« Mon but était de marquer l'histoire. J'ai essayé de faire ce que personne n'avait encore réussi à faire jusqu'à présent, il n'y a pas de limite humaine, on peut le faire. Je suis heureux », savourait à chaud Kipchoge, avec la satisfaction du devoir accompli. Un peu comme Neil Armstrong, 50 ans plus tôt. « C'est un grand pas pour l'homme et un bon de géant pour le marathon », aurait également pu très bien dire l'extra-terrestre Eliud Kipchoge. Lunaire.










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Une publication partagée par Eliud Kipchoge (@kipchogeeliud) le 12 Oct. 2019 à 1 :20 PDT

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