Les dix leçons des championnats d'Europe de Berlin

Les dix leçons des championnats d'Europe de Berlin©Media365

Sylvian Baudry, publié le lundi 13 août 2018 à 17h26

Ce dimanche sur les championnats d'Europe d'athlétisme de Berlin ont pris fin. Voici les dix faits marquants à retenir de cette semaine.

Les perchistes ont tutoyé les étoiles


Les championnats d'Europe ne pouvaient pas mieux se terminer. Dimanche soir, le ciel assombri de Berlin a vu quatre sauteurs se rapprocher de lui, franchissant 5,90m. Deux d'entre eux, Timur Morgunov (21 ans) et Armand Duplantis (18 ans) ont même obligé le recordman du monde Renaud Lavillenie à tenter deux fois 6,05m, en effaçant à leur premier essai et pour la première fois de leur carrière la barre mythique des 6 mètres. Le Suédois, surnommé « Mondo » Duplantis est allé chercher le titre cinq centimètres plus haut, Renaud Lavillenie devant se contenter du bronze, sa 18eme médaille en 19 grands championnats. De son propre aveu, l'Auvergnat a confié n'avoir jamais vu un concours d'un tel niveau. Et même si le champion d'Europe ne s'est pas attaqué dimanche au record du monde de son idole (6,16m), il se pourrait bien que cela ne soit qu'une question de temps.

Maudites planches


Le saut en longueur du décathlon aura sonné le glas des espoirs français en décathlon, où l'or semblait pourtant promis à Kévin Mayer. Le champion du monde n'a pas réussi un seul saut dans le concours, en mordant à ses trois essais. Celui qui confiait après-coup ne pas regretter d'avoir tout donné pour tenter de franchir huit mètres, affirmant qu'il avait la forme pour. Ses deux compatriotes Ruben Gado et Romain Martin ont eux aussi renoncé à tout rêve de bien figurer en manquant leurs trois planches respectives. Au triple saut, les Français Jean-Marc Pontvianne et Harold Correa ont tous deux mordu à leur premier essai, tout comme Kafétien Gomis à la longueur. Pas de quoi bien se lancer dans une finale. Maudites planches.

Le sprint français au ralenti


Tout aurait pu parfaitement commencer. Puis rien ne s'est passé comme prévu. Orlann Ombissa-Dzangué et Carolle Zahi en finale du 100m chez les dames, Jimmy Vicaut meilleur temps des demi-finales chez les hommes. Respectivement huitième et septième, les deux femmes n'ont pu se mêler à la lutte pour le podium. Le couloir du Francilien est quant à lui resté vide, après que celui-ci a ressenti une tension au niveau de son ischio droit. Forfait pour le reste des championnats, le leader du sprint français en l'absence de Christophe Lemaître n'a pu aider le relais 4x100m à faire mieux que 4eme. Les Bleues ont fini à la 5eme place, déçues. Pour la première fois depuis 1978, l'équipe de France de sprint rentre bredouille des championnats d'Europe.

Morhad Amdouni ivre de bonheur


Morhad Amdouni est le seul athlète tricolore à ramener deux médailles de Berlin. La première l'a ému aux larmes, sur 10 000m, au terme de 150 derniers mètres d'anthologie. « Rien que d'entendre que j'ai gagné, je suis ému », confiait-il une fois la ligne d'arrivée franchie. Pas rassasié, le demi-fondeur né en Corse s'est aligné sur 5 000m, pour s'offrir le bronze derrière les frères Ingebrigtsen (voir ci-dessous). Malgré cela, il était un peu déçu de « ne pas avoir eu le temps de récupérer ». Le Tricolore retiendra ses deux premières breloques internationales, sur le tard, à 30 ans.

Salpeter du rire aux larmes


Elle aussi titrée sur 10 000m, tout en maîtrise, Lonah Salpeter était probablement satisfaite de franchir la ligne en deuxième position au 5 000m, dimanche, derrière la championne d'Europe Sifan Hassan. Problème, il restait encore un tour, soit 400m à parcourir. Le tintement de la cloche a réveillé l'Israélienne, qui s'est arrachée pour rester sur la boîte. Mais rien n'y a fait : elle a terminé quatrième. Inconsolable à l'arrivée (la vraie, cette fois), Lonah Salpeter a fini par être déclassée, pour avoir empiété sur un couloir au départ. Ce n'était pas sa soirée.


Une fusée à trois étages nommée Dina Asher-Smith


100m, 200m, 4x100m. Dina Asher-Smith n'a rien laissé à la concurrence européenne, s'adjugeant l'or dans toutes les courses auxquelles elle a pris part. La jeune Britannique (22 ans) est promise à un grand avenir, au regard de ses chronos (10''85 au 100m, 21''89 au 200m) ou bien de sa dernière ligne droite supersonique lors du relais. Non contente de ramener trois médailles à la maison, elle rentre également de Berlin avec deux records de Grande-Bretagne.

Les Ingebrigtsen plus forts que les Borlée


Au tableau des médailles des fratries ayant aligné trois athlètes, les Ingebrigtsen (Norvège) ont battu les Borlée (Belgique). Le cadet Jakob Ingebrigtsen (17 ans) a glané l'or sur 1 500m et 5 000m, devançant son frère Henrik. Kévin et Jonathan Borlée ont terminé 2eme et 3eme du 400 m, avant de remporter le 4x400m, avec leur frère Dylan. Bilan : Ingebrigtsen trois (deux en or, une en argent), Borlée trois (une en or, une en argent, une en bronze).

De l'argent content pour les Bleus


Ne terminer qu'à une marche de l'or est souvent frustrant pour les athlètes de haut niveau. Mais pour Alexandra Tavernier, deuxième au lancer de marteau avec le record de France (74,78m), ou encore Clémence Calvin, pour son premier marathon en compétition, l'argent avait presque l'odeur de l'or. Bien qu'elle visait la victoire au 800m, Rénelle Lamote ne boudera pas sa deuxième place, elle qui a pensé arrêter sa carrière et qui a dû avoir recours à une psychologue. Le relais 4x400m féminin (Elea Mariama Diarra, Déborah Sananes, Agnès Raharolahy et Floria Gueï), en argent devant les championnes en titre britanniques et derrière la Pologne, n'a pas non plus à rougir.

Mekhissi et Bosse ne déçoivent pas


Légende de l'athlétisme français, Mahiédine Mekhissi-Benabbad n'a pas manqué son rendez-vous sur 3 000m steeple, en décrochant un quatrième titre européen sur sa distance de prédilection. En revanche, le Rémois a finalement renoncé à disputer le 5 000m. Pour Pierre-Ambroise Bosse, l'heure était à la confirmation après son titre sur 800m aux Mondiaux, en 2017. Son dauphin à Londres, le Polonais Adam Kszczot, l'a cette fois-ci battu, devant le Suédois Andreas Kramer. Moins en forme qu'il y an, de son propre aveu, « PAB » était déjà satisfait d'être sur le podium, derrière deux adversaires qu'il savait redoutables. Sur une distance aussi incertaine que le 800m, on peut parler d'une (demi) confirmation.

PML à la photo-finish


Après dix haies et 110m de course, les deux ont terminé dans le même centième. Le favori Sergey Shubenkov et Pascal Martinot-Lagarde ont dû être départagés à la photo-finish, montrant que le Français a, pour quelques millimètres, franchi la ligne en tête. En 13''17, « PML » a réussi sa meilleure performance de l'année et obtenu à 26 ans son premier titre européen en outdoor. Devant le champion du monde 2015.

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