L'Observatoire du Running pense aux runners de demain

L'Observatoire du Running pense aux runners de demain©Media365
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Gabriel Vanhoutte, publié le jeudi 28 mars 2019 à 12h15

Jeudi dernier, Sport Heroes a célébré ses cinq ans dans le monde du running. Pour l'occasion, la start-up de Boris Pourreau dévoilait la plus grande étude Big Data sur la pratique de la course. Du coureur occasionnel aux licenciés de la FFA, des millions de données ont été traitées pour appréhender différemment un sport pratiqué par 12 millions de Français quotidiennement.

Mais qui sont les « runners » ? C'est avec cette question en tête que les équipes de Sport Heroes, qui fêtait ses cinq ans ce jeudi, se sont lancés dans la course aux données pour former la plus grande étude Big Data sur le running en France. A partir d'un panel composé de 570 000 sportifs, du licencié FFA jusqu'au simple jogger occasionnel, ainsi qu'un questionnaire de 80 questions, Boris Pourreau (PDG de Sport Heroes) livre une étude généraliste pour dégager des profils principaux. Une étude pour apprendre à connaître les coureurs, les utilisateurs, les consommateurs mais surtout pour apprendre à se connaître. Avec des résultats que l'on aurait parfois pu deviner à l'intuition, et d'autres angles beaucoup plus novateurs, l'étude de près de 70 pages reste un document solide pour témoigner des changements dans la pratique. Car le constat est en revanche vite dressé : le running a évolué et les runners ont changé. Une nouvelle pratique nécessitait donc un nouveau regard.

Avec 600 000 utilisateurs de la plateforme Running Heroes et 5 millions de sorties étudiées, l'Observatoire du Running a fait le choix premier de trier les différents types de coureurs : l'occasionnel, le marathonien, le speed runner et le trailer. Quatre catégories distinctes pour des pratiques et des habitudes singulières. Ainsi découvre-t-on le nombre de sorties mensuelles des runners, le matériel qu'ils utilisent ou leurs habitudes alimentaires. Une infographie nous montre par exemple que 58% des marathoniens commencent leur préparation trois mois avant l'épreuve, calendrier conseillé pour obtenir une forme optimale l'échéance venue.

Boris Pourreau : « L'inspiration est de proximité »

A l'issue de la présentation de l'étude, que la compagnie souhaite renouveler annuellement pour avoir un état des lieux précis de l'évolution des pratiques des runners en France, le fondateur et PSG de Sport Heroes, a accepté d'évoquer plus en longueur ses motivations, son constat et ses projets pour la course en France. Sa première constatation concerne l'investissement massif des femmes dans le running : « 52% des personnes étudiées sont des femmes. Le running est un sport majoritairement féminin. » C'est avec étonnement et satisfaction qu'il nous confie que les femmes se sont approprié ce sport, particulièrement en ce qui concerne les « runners occasionnels », davantage en quête de bien-être que de performance. Deuxième enseignement singulier que nous concède Boris Pourreau, le phénomène « héros du quotidien » chez les runners occasionnels, qui pratiquent environ quatre fois par mois. Avec la multiplication des applications de calcul du temps et de distances parcourues, les runners peuvent partager leurs expériences entre amis, en familles ou avec des voisins, par le biais des réseaux sociaux notamment. « L'inspiration est de proximité » nous intime-t-il. C'est un lien social comparatif qui se met alors en place.

Comment amener les runners à se licencier en club ?

Or, la problématique majeure du running en France reste le faible taux de conversion entre le running occasionnel et la pratique licenciée auprès de la FFA. Si Boris Pourreau nous assure « ne pas être mandaté » par la Fédération en ce qui concerne l'étude Big Data présentée ce jeudi, il ne cache pas son désir de travailler en collaboration avec les instances de l'athlétisme français. Car sur douze millions de runners en France, seulement 600 000 sont licenciés auprès de la FFA. Sport Heroes ne souhaite donc pas marcher sur les plates-bandes de la Fédération, mais offrir une alternative plus ludique, afin d'amener les gens à la pratique sportive. « Le running est déjà has-been » concède-t-il, avec pour réponse le désir de créer des expériences singulières lors de la course. Il évoque notamment le projet, encore embryonnaire, d'un festival de musique, uniquement accessible au terme d'une course à pied. Car la majorité des runners occasionnels sont « hédonistes », tient à rappeler Boris Pourreau. « Les runners sont comme vous et moi, ils apprécient aussi rentrer manger un burger et boire une bière au terme de l'effort » assure-t-il, devant une salle amusée.

Le marathon des JO de Paris... sur 5 ans ? 

Ainsi, c'est vers un partenariat avec la FFA que souhaite se diriger Boris Pourreau, avec dans l'idée de faire de Sport Heroes le plus grand club de sport en France. Et si le coureur venait à ne plus trouver son compte dans la pratique ludique initiée par l'Entreprise, celle-ci le dirigerait alors vers un club de la Fédération pour aller plus loin dans l'athlétisme. « C'est le principe de l'entonnoir », pour le PDG : attiser la curiosité, développer l'attrait, et en cas de besoin de pousser plus en avant l'effort, un accompagnement vers les instances officielles du sport français. Une collaboration qui pourrait faire un bond en avant « dans les prochaines semaines », au terme d'un appel d'offre passé par le Comité Olympique en vue de l'organisation événements autour du marathon de Paris des Jeux Olympiques 2024. Sport Heroes a ainsi bien répondu à l'offre, et attend le verdict dans les semaines à venir. L'objectif serait là encore de proposer diverses activités, pour sensibiliser et accompagner les runners souhaitant participer au marathon olympique, qui sera ouvert pour la première fois au public, sous réserve de conditions encore inconnues pour l'heure. En somme, Sport Heroes a analysé les runners, et souhaitent répondre à leurs attentes. Des attentes « de plus en plus larges. »

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