Kevin Mayer : " Je sens que je vais progresser chaque année "

Kevin Mayer : " Je sens que je vais progresser chaque année "©Media365

Jérémy Nedelec, publié le mercredi 26 décembre 2018 à 18h30

Kevin Mayer a marqué l'année sportive 2018 en établissant le nouveau record du monde du décathlon au Décastar de Talence (Gironde) le 16 septembre dernier. Désigné « Champion des champions » par le journal L'Equipe, le Français est revenu sur sa folle année, mais aussi sur ses objectifs à venir, qu'il étend même aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028.

Kevin Mayer, la folle année 2018. En compilant un total stratosphérique de 9126 points au Décastar de Talence (Gironde) le 16 septembre dernier, le Français (26 ans) a effacé Ashton Eaton des tablettes pour s'approprier le record du monde du décathlon. Le premier à dépasser la barre des 9100 points a brillamment effacé son raté en août aux Championnats d'Europe de Berlin (échec au saut en longueur). Élu « Champion des champions » par le journal L'Equipe, Kevin Mayer a pris le temps pour revenir sur son année sensationnelle, tout en affichant ses ambitions pour les prochaines échéances...Los Angeles 2028 compris.

« Un record du monde, c'est franchement dur. Mais je pars du principe que s'il n'y a pas de gros accidents dans les prochaines années, je serai de moins en moins blessé. Je suis en train de passer un cap, j'ai l'impression de pouvoir m'exprimer sans aucune douleur. Je sens que je vais progresser chaque année. Je vais avoir de plus en plus de marge. Après, de là à dire que je vais encore faire un décathlon à 97% de mes records...C'était ça le réel exploit (...) », a confié Kevin Mayer à L'Equipe.

« Je ne suis pas rassasié »

Interrogé sur sa préférence entre son record du monde et son titre mondial (acquis à Londres en 2017), le natif d'Argenteuil n'hésite pas du tout : « J'ai préféré dix fois plus le record du monde. Ce sont des sensations différentes. Se battre contre le score est beaucoup plus difficile que se battre contre ses adversaires ».

Désormais élevé au rang de star du sport français, et sur le toit du décathlon mondial, Kevin Mayer a évoqué la passation de pouvoir opérée avec l'ancien patron du décathlon Ashton Eaton (qui a pris sa retraite en janvier 2017). Le Français ne pense pas que l'Américain retrouvera un jour la compétition : « Si tu ne fais pas de décathlon pendant un an ou deux ans, tu ne peux pas revenir. Je ne l'ai pas attendu et les autres non plus. Le jour de mon record, je l'ai eu au téléphone. Je lui ai demandé s'il comptait revenir. Il m'a répondu qu'il y avait eu un temps Eaton et que maintenant, c'était le temps Mayer », a-t-il raconté, toujours dans les colonnes de L'Equipe.

Kevin Mayer va désormais se concentrer sur les Championnats du monde d'athlétisme à Doha, au Qatar (27 septembre au 6 octobre 2019), qu'il considère comme une « réelle préparation spécifique » pour les Jeux Olympiques de Tokyo, en 2020. Puis en 2024, Mayer se voit « à l'apogée de sa carrière ». Et il se projette même au-delà en évoquant l'édition de Los Angeles en 2028, sûr de sa capacité à durer dans le temps : « Depuis que je travaille avec Jérôme (Simian, son préparateur physique), je me dis qu'elle (sa carrière, ndlr) durera tant que j'en aurai envie. J'aurai trente-deux ans en 2024. J'ai vu tous les décathloniens régresser puis arrêter parce qu'ils avaient des blessures. Franchement, j'ai l'impression d'avoir trouvé la formule pour avoir un corps équilibré et continuer à progresser », a-t-il expliqué.

« Je ne dis pas que je vais combattre la vieillesse et faire du décathlon jusqu'à soixante-dix ans mais mon plus bel objectif serait de faire les Jeux de Los Angeles en 2028 et d'être encore très compétitif. Réussir à durer est aussi une marque de performance. Après, si un jour je suis double champion olympique, j'aurai peut-être la même vision qu'Eaton. Mais pour l'instant, je ne suis pas rassasié » a conclu Kevin Mayer.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.