Décathlon : Le temps du changement était venu pour Kevin Mayer

Décathlon : Le temps du changement était venu pour Kevin Mayer©Media365
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Aurélien CANOT, publié le mardi 16 juin 2020 à 18h00

A l'occasion d'une conférence de presse téléphonique, Kevin Mayer a confirmé la fin de sa collaboration avec Bertrand Valcin et a expliqué ce qui a motivé cette décision.

Kevin Mayer et Bertrand Valcin, c'est bien la fin. Le champion du monde français du décathlon a confirmé ce mardi en milieu de journée l'information révélée dans son édition du jour par L'Equipe, à savoir qu'il a décidé de se séparer de son entraîneur historique Bertrand Valcin après douze années de collaboration. Mayer a dévoilé les raisons de ce choix au cours d'une conférence de presse téléphonique relayée par France Télévisions. « C'est une décision que j'ai mûrement réfléchie. C'est une initiative que je prends, ce n'est pas parce que Bertrand ne me sert à rien », assure l'athlète francilien, qui a juste le sentiment d'avoir fait le tour avec son coach de toujours, et doit changer ses habitudes pour aller encore plus haut. Ou, plus exactement, rester au sommet de son sport. « Ça fait douze ans qu'on a cette relation et on se connaît trop pour s'apporter beaucoup plus (...) Bertrand a eu beaucoup de responsabilités et ce n'était pas bien que je lui en donne moins selon ce que je voulais. Donc clairement, j'ai décidé d'arrêter avec lui, mais ce n'est pas pour autant qu'on se quitte en mauvais termes. »

Un « super-assistant » en renfort

Parmi les nouveaux objectifs de celui qui est également le recordman du monde de la discipline, figure notamment celui de travailler encore mieux chacune des dix spécialités qui composent le décathlon. Dans cette optique, il a décidé dorénavant de répartir le travail. « J'ai choisi d'aller davantage vers les spécialistes de chaque discipline pour essayer d'évoluer dans chacune d'entre elles. » Mayer avoue qu'il a beaucoup réfléchi pendant le confinement. « Peut-être que ça a été un élément déclencheur. Je me suis entraîné tout seul et cela me convenait, j'étais plus à l'écoute avec moi-même, plus entreprenant. J'en demandais moins aux autres et plus à moi-même et ça a créé des séances inattendues en termes de performance. » Il a aussi découvert qu'il pouvait très bien travailler seul. De son analyse, il est ressorti qu'il devait opter pour un nouveau fonctionnement, et l'arrivée d'un... « super-assistant ». « Ce sera une sorte de super-assistant en effet, quelqu'un de passionné d'athlétisme et prêt à tout pour progresser (...) Il me faut quelqu'un qui récupère des données tous les jours et sans arrêt pour éviter la blessure et surtout augmenter les charges de travail sans pour autant me fatiguer. »

Mayer : « Battre beaucoup de records »

Vous l'aurez compris : Mayer entend ne plus rien laisser au hasard. Ce nouveau virage l'atteste. Ses intentions également. Car en plus de s'appuyer en compétition sur Romain Barras et Jérôme Simian, sans oublier ce mystérieux « super-assistant », le nouveau roi des dix travaux compte étoffer encore davantage le casting. « Je compte rajouter un troisième qui sera analyste du groupe, pour quantifier davantage mes entraînements. Il créera une base de données pour éviter les cas de trop grosse fatigue à l'entraînement, afin d'éviter les blessures. Je cherche donc quelqu'un à temps plein pour me suivre, et je le cherche avec minutie. » Une somme d'explications qui fait que le successeur de Christian Plaziat tournera la page Valcin beaucoup plus facilement que les gens ne le pensent. Il n'en fait d'ailleurs pas une affaire d'Etat. « Cette décision ne change pas grand-chose, ce n'est pas une décision apocalyptique pour ma carrière. Je sais où je veux aller et il me faut des répétitions pour le faire », avoue Mayer, ravi d'avoir su franchir le pas. « Je suis tout excité parce que j'adore la nouveauté, je me suis donné plus de responsabilités. Si ça ne marche pas, ce sera de ma faute. Mais je suis excité parce que je sais où je veux aller et ce dont j'ai besoin pour y arriver. Ce qui me plaît dans l'athlétisme, c'est de progresser chaque jour pour ressentir de nouvelles sensations le lendemain. Dernièrement, j'ai progressé et j'espère battre beaucoup de records. » Si c'est le cas, il aura sa grande part de responsabilité, mais il ne sera pas le seul et il le sait. « Bertrand m'a rendu indépendant. » Aujourd'hui, il peut presque le regretter.

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