Caster Semenya privée de course pendant six mois ?

Caster Semenya privée de course pendant six mois ?©Media365

Nicolas Kohlhuber, publié le mercredi 17 octobre 2018 à 12h24

L'IAAF a décidé de retarder l'application des règles d'éligibilité aux courses féminines. Cette décision pourrait obliger Caster Semenya à manquer les six premiers mois de la prochaine saison.

Caster Semenya doit autant se battre sur les pistes qu'en-dehors. La faute à un taux naturel de testostérone anormalement élevé pour une femme. Elle aurait alors un avantage sur ses adversaires et l'IAAF a décidé de traiter ce cas. Après une première tentative avortée en 2015, l'instance internationale est bien décidée à changer ses règlements. Et à faire payer à la Sud-Africaine ses nombreux succès. Sauf que la dernière phase de la nouvelle réglementation concernant les « athlètes avec des différences de développement sexuel » a été retardée. Et la première moitié de la saison 2019 de la triple championne du Monde est désormais menacée.

Recours devant le TAS ou six mois à l'ombre


L'IAAF veut limiter le taux de testostérone des athlètes féminines sous le seuil de 5nmol/L pendant les six mois avant la participation à une course. Une telle règle contraint les athlètes concernées, dont la spécialiste du 800m, à renoncer à six mois de compétition à partir du changement de règle. Et alors que la décision devait être prise le 1er novembre, elle a finalement été repoussée au 26 mars. Et c'est désormais l'essentiel de la saison en extérieur qui est menacée pour ces athlètes. L'IAAF a décidé de retarder son changement de règles car Caster Semenya a déposé un recours devant le Tribunal Arbitrale du Sport. Elle ne veut pas être contrainte de suivre un traitement médicale quotidien pour passer sous la nouvelle limite légale. Si le caractère discriminatoire de cette nouvelle règle est reconnue, elle pourra alors concourir normalement en 2019, sans contrainte de taux de testostérone. Dans le cas contraire, l'athlète de 27 ans ne sera déclarée apte à la compétition que le 26 septembre, soit deux jours avant le début des Mondiaux qui se tiennent à Doha. C'est le verdict émanant de Lausanne qui décidera du futur règlement. Les deux parties ont décidé que cette décision fera date et il n'y aura pas d'appels. Tout le monde cherche à régler ce conflit définitivement. Un conflit qui dure depuis trop longtemps. Il y a neuf ans, à la suite de sa première médaille mondiale, la double-championne olympique avait déjà dû prouver qu'elle était une femme. Depuis, elle a accumulé les victoires, mais également les soupçons et les combats. Celui-là est le plus important, celui qui décidera de son héritage et de son futur.

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