Athlétisme : L'IAAF voit le TAS valider son règlement concernant l'hyperandrogénie

Athlétisme : L'IAAF voit le TAS valider son règlement concernant l'hyperandrogénie©Media365

Mathieu WARNIER, publié le mercredi 01 mai 2019 à 12h36

Saisi suite à la volonté de l'IAAF de durcir la réglementation concernant l'hyperandrogénie par Caster Semenya, le Tribunal Arbitral du Sport a débouté la Sud-Africaine tout en émettant des réserves sur les mesures prises.

Mis en lumière par Caster Semenya, le problème des athlètes féminines hyperandrogènes continue de faire parler. Alors que l'IAAF devait mettre en place le 1er novembre dernier un nouveau règlement concernant ces femmes qui ont un taux de testostérone naturellement élevé dans le sang, la double championne olympique et triple championne du monde du 800m a décidé de contester devant le Tribunal Arbitral du Sport ces nouvelles dispositions, ce qui en a suspendu l'application. Mais les trois juges nommés pour statuer sur l'affaire ont rejeté les demandes de l'athlète sud-africaine et de sa fédération (ASA), motivant leur décision par le fait que « Caster Semenya et l'ASA n'ont pas été en mesure d'établir que le règlement était 'invalide' ». Mais, les juges du TAS ont également statué sur le fait que les règles que l'IAAF souhaite mettre en place peuvent être considérées comme un mal nécessaire.


Le TAS émet des réserves sur le règlement de l'IAAF

« La Formation du TAS a déterminé que le règlement était discriminatoire mais que, sur la base des preuves soumises par les parties au cours de la procédure, une telle discrimination constituait un moyen nécessaire, raisonnable et proportionné d'atteindre le but recherché par l'IAAF, à savoir de préserver l'intégrité de l'athlétisme féminin dans le cadre de certaines disciplines », assure le TAS dans son communiqué. De plus, le TAS a enjoint l'IAAF a ouvrir le dialogue avec les athlètes concernant la preuve objective d'un avantage pour les athlètes hyperandrogènes, les effets secondaires des traitements permettant de baisser le taux de testostérone mais également la difficulté de placer le curseur ainsi que les sanctions découlant d'un dépassement du seuil fixé de manière ponctuelle. Autrement dit, le TAS n'a pas pu statuer en faveur de Caster Semenya, qui va devoir baisser son taux de testostérone, mais met l'IAAF face à ses responsabilités.

Semenya : « L'IAAF m'a prise pour cible »

Alors qu'elle a 30 jours pour faire appel devant le Tribunal Fédéral suisse, Caster Semenya est sortie de son silence. Par voix de communiqué, elle attaque directement l'IAAF. « Depuis dix ans, l'IAAF essaye de me ralentir mais, en fait, cela m'a rendue plus forte. La décision du TAS ne va pas m'arrêter, assure la Sud-Africaine dans ce communiqué. Une fois de plus, je vais me relever et continuer d'être une source d'inspiration pour les jeunes femmes et les athlètes en Afrique du Sud mais aussi partout dans le monde. » Cette affaire, qui a tout pour mettre en place un précédent, n'est sans aucun doute pas encore finie et la justice suisse va devoir trancher.

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