Athlétisme - Corruption : L'ancien dirigeant de la Fédération internationale passera devant les tribunaux

Athlétisme - Corruption : L'ancien dirigeant de la Fédération internationale passera devant les tribunaux©Media365
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Gabriel Vanhoutte, publié le lundi 24 juin 2019 à 16h48

Ce lundi, les juges d'instruction du pôle financier de Paris ont rendu une ordonnance de renvoi concernant Lamine Diack, ancien président de la Fédération internationale d'athlétisme, et son fils Papa Massata Diack, accusés de corruption dans le cas du dopage institutionnalisé d'athlètes russes.

Des soupçons aux accusations, le « tandem » Diack va atterrir devant les tribunaux parisiens. Les juges d'instruction du pôle financier de Paris ont réclamé ce lundi un procès envers l'ancien président de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) Lamine Diack pour « corruption active et passive », « abus de confiance » et « blanchiment d'argent en bande organisée. » Son fils et ancien conseiller Papa Massata Diack est accusé quant à lui de « corruption active  », « complicité de corruption passive » et « blanchiment d'argent en bande organisée. » Selon un rapport de 90 pages rendu le 19 juin dernier, les trois juges en charge de l'affaire évoquent un « tandem au cœur de la corruption russe », et chargent également plusieurs ex-responsables de l'athlétisme russe, dont Valentin Balahnichev (président de la Fédération russe et trésorier de l'IAAF) et l'ancien entraîneur des courses de fond du clan russe, Alexeï Melnikov.

Une corruption liée au dopage en Russie 

L'élément central de l'enquête visant la famille Diack repose sur le dopage institutionnel en Russie. Lamine Diack, président de l'IAAF entre 1999 et 2015, est notamment accusé d'avoir obtenu des fonds russes pour financer des campagnes politiques au Sénégal, en échange d'une indulgence quant aux contrôles antidopages de l'IAAF. Plus loin, le rapport met aussi en lumière la question des sponsors et diffuseurs russes pour les Mondiaux d'athlétisme de Moscou en 2013. « Le report des sanctions en échange de contreparties financières a été négocié par Lamine Diack avec Valentin Balakhnichev  » indiquent les juges dans leur rapport, qu'a pu consulter l'AFP. L'ancien président de l'IAAF, 86 ans, est actuellement sous contrôle judiciaire à Paris, et devrait donc faire un crochet par le tribunal en compagnie de son fils, Papa Massata Diack.

Une affaire de famille

Car le fils Diack, ancien conseiller de Lamine Diack, aurait tenu un « rôle central  » dans l'affaire. En charge des droits marketing pour l'IAAF, aurait participé grandement aux infractions dont ils se retrouvent tous deux accusés. « Papa Massata Diack n'a pu s'enrichir dans des proportions considérables au préjudice de l'IAAF qu'avec l'appui constant et éclairé de son père qui ne peut en laisser la seule responsabilité à son fils, consultant introduit et mandaté par lui » indique encore le rapport. Contrairement à son père, Papa Massata Diack n'est pas sur le territoire français actuellement, réfugié à Dakar (Sénégal). Un mandat d'arrêt a été lancé à son encontre par la justice hexagonale. Deux autres individus figurent également dans le viseur des juges d'instruction de Paris : l'ancien conseiller juridique de Lamine Diack, Habib Cissé, ainsi que l'ancien chef de l'antidopage de l'IAAF Gabriel Dollé.

Au-delà du dopage russe

Pour autant, l'enquête des juges d'instruction ne se limite pas seulement à la question centrale du dopage russe. En effet, Lamine Diack est également accusé d'avoir participé activement au détournement de sommes importantes d'argent dans le cadre de négociation de contrat avec des sponsors. Le père et le fils Diack sont également des protagonistes centraux d'autres enquêtes en cours, concernant les Mondiaux d'athlétisme au Qatar, mais aussi les Jeux Olympiques de Rio 2016 et Tokyo 2020.





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