Agressions sexuelles présumées : Le DTN réagit, une amie de l'ex-athlète livre des détails

Agressions sexuelles présumées : Le DTN réagit, une amie de l'ex-athlète livre des détails©PANORAMIC, Media365
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Yannis Dakik, publié le mardi 03 avril 2018 à 12h37

Suite aux révélations du Monde, accusant deux entraîneurs de l'équipe de France d'athlétisme de violences sexuelles, le Directeur Technique National Patrice Gergès a reconnu dans L'Equipe qu'il était au courant des suspicions qui entouraient Giscard Samba et Pascal Machat. Mais l'ancien athlète a reconnu qu'il était difficile de prendre des mesures sans preuves. A noter également le témoignage sur BFM Sport d'une amie de la victime présumée qui a déposé plainte pour viol contre son coach. La jeune femme revient en détails sur le fameux stage de janvier 2017.

Pascal Machat et Giscard Samba, deux entraîneurs de l'équipe de France d'athlétisme, font l'objet d'accusations de violences sexuelles depuis dimanche. Le journal Le Monde a en effet révélé que Giscard Samba aurait violé l'une de ses ex-athlètes, qui a déposé plainte dans ce sens. De son côté, Pascal Michat est, lui, accusé d'agression sexuelle par Emma Oudiou, spécialiste de 3000 m steeple. Dans un entretien accordé au journal L'Equipe, le Directeur Technique National Patrice Gergès a affirmé qu'il était au courant, au même titre que le président de la FFA André Giraud, de certaines rumeurs. « Depuis cet été, on savait le président et moi, qu'il y avait des suspicions. Après les Championnats du monde de Londres (août 2017), Giscard Samba est passé à la Fédération et a demandé à me parler. Il était accompagné de sa femme. Il m'a évoqué l'histoire, les accusations dont il était l'objet, en disant que depuis quelques mois des gens cherchaient à lui nuire, que des cadres techniques le jalousaient, que l'athlète qui se plaignait le faisait parce qu'il l'avait virée faute d'investissement. » Faute de preuves, l'ancien champion paralympique précise néanmoins qu'il n'a pu prendre aucune mesure. « Il avait ses arguments. Moi, en face, je n'avais que des rumeurs depuis l'été et aucune trace écrite. C'est compliqué de prendre des décisions sur des rumeurs. J'avais fait savoir que j'attendais des traces écrites des athlètes, mais je n'avais rien de concret à lui opposer. »« C'est un pervers narcissique »Lundi, une amie de la victime présumée de Giscard Samba s'est par ailleurs exprimée sur BFM Sport. Elle dénonce le comportement de l'entraîneur français ayant notamment eu sous sa coupe Dimitri Bascou ou Pascal Martinot-Lagarde. « C'est un pervers narcissique. A chaque fois qu'il expliquait un exercice ou qu'il le montrait, il y avait toujours un rapport avec le sexe, avec tout le monde, explique la jeune femme. J'ai tout de suite compris qu'elle était méfiante avec lui. Elle ne voulait pas être proche de lui, mais lui si. » Puis, l'amie de l'athlète de livrer sa version des circonstances de l'agression présumée survenue en janvier 2017 lors d'un stage. « J'étais déjà couchée, et lorsque je me suis retournée pour prendre une bouteille d'eau, j'ai vu entre la fenêtre et le store qu'il y avait une ombre. C'était lui, avec une capuche et son téléphone, qui nous regardait. Il a demandé à lui parler, et elle avait les larmes aux yeux tellement elle avait peur de le voir. Je me suis endormie vers 23 heures, et elle est rentrée vers 3h00 ou 4h00 du matin. Elle m'a dit qu'ils ont parlé toute la nuit, qu'elle était restée assise devant les escaliers de la chambre et qu'il la suivait. » Si les deux hommes nient les faits, la commission de discipline de la Fédération Française d'Athlétisme a annoncé qu'elle allait se réunir en « avril pour traiter l'affaire de Pascal Machat et en mai pour l'affaire Giscart Samba ». Le premier des deux hommes s'est vu interdire « toutes missions de face à face pédagogique ». Quant à l'ancien coach de PML, son dossier est suivi « avec une grande rigueur ».

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