Le Cléac'h: "Dick ? Le plus au point"

Le Cléac'h revanchard sur la deuxième étape. (B.Stichelbaut/BPCE)

Le Cléac'h revanchard sur la deuxième étape. (B.Stichelbaut/BPCE)

Quatrième de la première étape de l’Europa Warm’Up remportée par Jean-Pierre Dick sur Virbac-Paprec, Armel Le Cléac’h espère bien prendre sa revanche sur la deuxième, cette fois en solitaire, entre Cascais et La Rochelle, via les Açores et le Fastnet (2300 milles, départ samedi). Une étape en guise d’ultime répétition en vue du Vendée Globe, l’occasion pour le skipper de Banque Populaire de conforter ses hautes ambitions sur le tour du monde.

Vous terminez quatrième de la première étape à Cascais, on vous imagine un peu déçu ?
Quatrième, ce n’était pas notre objectif au départ de Barcelone, on visait plus haut, mais on n’a pas été performants dans les choix de trajectoire en fin de Méditerranée après Gibraltar. Après, on a tenté le tout pour le tout pour essayer de revenir sur les trois premiers, mais c’était difficile. Maintenant, pour la suite au général, tout est encore possible, puisqu’il n’y a pas de coefficient entre les deux étapes, à moi de relever le classement en faisant une belle deuxième étape.

Comment abordez-vous cette deuxième étape, comme une revanche sur la première ou avant tout comme une ultime répétition avant le Vendée Globe ?
Un peu les deux. J’ai bien sûr envie de faire mieux que sur la première étape, de montrer que j’en ai le potentiel, surtout que c’est moi qui faisais la navigation sur la première tape, je suis donc un peu responsable du résultat à Cascais. Là, je suis tout seul, à moi de rattraper mes petites erreurs. Après, c’est effectivement la dernière grande course en solitaire avant le Vendée, on a sept bons bateaux au départ, sur un parcours technique et exigeant avec de gros tronçons, notamment un grand bord de portant entre les Açores et le Fastnet avec de la mer et du vent qui va nous permettre de mettre un peu de toile et de faire de belles glissades. On va donc avoir dix jours dans des conditions variées avec de la concurrence, ça va être un super test pour moi, humainement et sportivement, pour le bateau aussi qui continue d'enchaîner les milles. Entre le convoyage et la première étape, on vient de faire 2300 milles en peu de temps, on remet ça sur cette étape, c’est bien, il n’y a pas meilleure préparation pour le Vendée que de naviguer au maximum.

"Un super test"

Beaucoup de vos futurs concurrents sur le tour du monde font de vous et de Jean-Pierre Dick les grands favoris du Vendée Globe, qu’en pensez-vous ?
C’est sûr qu’on a des objectifs élevés avec le Team Banque Populaire. Quand ils m’ont choisi, c’était pour un projet gagnant, ce que je revendiquais quand je cherchais un sponsor. Alors oui, je fais peut-être partie des favoris, mais je suis loin d’être le seul. Il y a ici à Cascais des skippers qui sont très bien préparés, comme Vincent (Riou), François (Gabart) qui est très vite arrivé au niveau malgré son peu d’expérience, Kito (de Pavant), qui n’a pas eu de réussite sur la première étape mais a une grosse expérience et sera bien préparé, et Bernard (Stamm), qui monte progressivement en puissance après les déboires qu’il a connus sur la dernière Transat Jacques-Vabre. Tous vont arriver au haut niveau dans quelques mois aux Sables-d’Olonne. Après, c’est sûr que Jean-Pierre (Dick) est serein, il a un solide palmarès et enchaîne les bonnes performances. Aujourd’hui, c’est le skipper le plus au point, il a un petit plus en termes de confiance dans son bateau, de préparation, ça se voit sur l’eau. Maintenant, on sait qu’on n’est pas loin, sur les entraînements ou en course, les écarts sont minimes entre les bateaux, la différence se fera sur de petites choses, mais aussi sur la réussite et l’expérience.

Et sur la fiabilité, êtes-vous serein dans ce domaine ?
On est plutôt contents parce qu’on a travaillé sur la fiabilisation des gros éléments, la quille, le mât et le bateau. Sur la structure du bateau, on a eu un gros souci l’année dernière (fissure) qui a été résolu car avec les conditions assez musclées qu’on a eues depuis, il ne nous est rien arrivé, avec un cran de sécurité en plus. Sur le mât, c’est pareil, il commence à avoir pas mal de milles, il a été testé dans toutes les conditions, on a eu jusqu’à 45 nœuds sur le convoyage aller et sur l’étape, on est dans le vrai. Enfin, la quille a presque fait un demi-tour du monde depuis sa mise à l’eau, elle n’a eu aucun problème. Je suis content d’avoir terminé toutes les courses auxquelles j’ai participé depuis le début, je commence à bien connaître le bateau, presque sur le bout des doigts, et sur le Vendée Globe, c’est très important, il n’y a pas que le bateau qui compte, le couple bateau-skipper est très important. Maintenant, on n’est jamais à l’abri d’une mauvaise surprise, mais on est plus confiants qu’il y a un an. Et aujourd’hui, on fiabilise les petits systèmes à bord du bateau, pas vitaux, mais qui, s'ils ne fonctionnent pas, compliquent la vie à bord et la performance s’en ressent.

Allez-vous prendre du repos cet été ?
Oui, je vais prendre des vacances en famille, faire un break de cinq semaines à partir du 15 juillet pour bien me ressourcer, parce que je n’ai pas pris beaucoup de vacances depuis la Transat BtoB. C’est important de couper un peu, parce que derrière, on sera dans la dernière ligne droite et par expérience, je sais qu’à partir de septembre, c’est très intense, on n’a plus de temps pour nous jusqu’au départ.

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