Bernard-Beyou, duo gagnant

Alain Bernard et Jérémie Beyou dimanche sur Maître Coq (Yvan Zedda).

Alain Bernard et Jérémie Beyou dimanche sur Maître Coq (Yvan Zedda).

A six mois du départ du Vendée Globe, Alain Bernard a baptisé dimanche aux Sables-d’Olonne Maître Coq, le 60 pieds Imoca qui sera skippé autour du monde par Jérémie Beyou. L’occasion pour les deux hommes de raconter leur rencontre, mais également d’évoquer leurs points communs.

Comment s’est passé ce baptême ?
Jérémie Beyou: Pas mal, avec un très beau parrain, une crème ! C’est une belle journée qui concrétise l’histoire. Présenter le bateau, le mettre en lumière, casser la bouteille, c’est un événement fédérateur dans le projet qui marque vraiment le début de l’histoire, plus que l’annonce du projet ou les premiers bords du bateau que tu vis plus tout seul avec ton équipe.
Alain Bernard: Très très bien. Déjà, j’ai eu un très bon feeling avec Jérémie, on correspondait depuis quelques semaines par mail et par SMS, mais on n’avait encore jamais eu le temps de se rencontrer. Donc hier, on a appris à faire connaissance autour d’une table. Quant au baptême, il s’est très bien passé, la bouteille a bien éclaté !

Comment s’est scellée votre rencontre ?
JB: Pour ce baptême, on voulait un bel événement, avec de l’ampleur, mais aussi à notre image, simple. Quand les gens de Maître Coq m’ont demandé mon avis sur le parrain, j’ai répondu que je pensais forcément à un sportif, et un sportif dont le sport ressemblerait au nôtre, un sport individuel, peut-être sport mécanique ou un sport d’eau. Le nom d’Alain Bernard est très rapidement sorti des petites listes qu’on avait faites. Après, on a discuté au téléphone, je lui ai expliqué le projet, il a été à fond derrière tout de suite.
AB: Quand j’ai été contacté, j’ai été agréablement surpris. Je me suis dit: "Ah bon, on pense à moi ?" C’est assez valorisant. Après, on a réussi à trouver une date qui collait dans mon calendrier très chargé, tout s’est bien goupillé. C’est un honneur d’être associé à la grande aventure humaine qu’est le Vendée Globe.

Vous suiviez-vous auparavant et qu’avez-vous découvert du sport de l’autre ?
JB: Moi, je suis tous les sports donc forcément, je connais par cœur son palmarès. Après, il m’a un peu expliqué dans le détail les contraintes de son entraînement: 6h du matin à la piscine, trois heures et demie de natation, des rythmes de fou et la même chose depuis douze ans ! Il m’a aussi parlé de la relation avec son entraîneur, la même depuis douze ans, ça aide mieux à comprendre son sport et forcément, je regarderai ça d’un œil différent pendant les Jeux olympiques.
AB: Je suis les courses de voile de loin, mais le Vendée Globe, c’est la course par excellence, la plus médiatisée. Dans le sud, on a moins l’esprit voile, c’est plus les yachts, mais moi, je suis un grand curieux, et c’est un plaisir de faire des rencontres et de découvrir un autre univers. Aujourd’hui, j’ai découvert un super bateau, à la pointe de la technologie pour être le plus performant possible dans quelques mois, je suis très honoré d’être associé sur le projet. Et en me penchant un peu plus sur le palmarès et l’état d’esprit de Jérémie, je me suis rendu compte que c’est un grand bonhomme de la voile, je suis donc d’autant plus fier d’être associé à lui

Vous êtes-vous découvert des points communs ?
JB: Oui, quand tu creuses un peu, tu vois tout de suite qu’Alain est un mec passionné par le sport, très humain, très simple, un gros gros travailleur, je me reconnais bien dans ces valeurs. Il ne lâche rien, il ne gagne pas les courses que sur son talent. Alain Bernard est un bosseur, c’est comme ça qu’il a eu ses résultats, moi, c’est un peu la même chose, je n’ai pas gagné la Solitaire du Figaro à la première tentative, je sais qu’il faut beaucoup travailler, qu’il faut être persévérant et ne rien lâcher, on se retrouve là-dessus. Et notre rencontre m’a conforté là-dedans, c’est vraiment un grand monsieur, c’est une chance qu’il puisse être le parrain du bateau.
AB: Oui, le premier point commun, c’est qu’on on est assez timides, réservés de nature, assez solitaires dans l’âme, mais avec le besoin d’être soutenus. Et on a des valeurs communes sur la persévérance, on ne lâche rien quoi qu’il arrive.

Beyou: "On a récupéré un bon supporter !"

Alain va-t-il naviguer sur Maître Coq ?
JB: Oui, il va venir naviguer. Il est bien occupé en ce moment, avec les Championnats d’Europe puis les Jeux olympiques, on a prévu de se caler une navigation en septembre. De mon côté, j’essaierai de venir le voir nager sur un petit événement qu’il a en septembre, il viendra peut-être le même week-end sur le Trophée Clairefontaine. Après, l’idée, c’est qu’il vienne faire un tour sur Maître Coq, par exemple sur un entraînement à Port-la-Forêt. J’imagine qu’il n’a qu’une envie, c’est de venir naviguer sur le bateau et de suivre le Vendée Globe derrière. On a récupéré un bon supporter !
AB: Ça va sûrement se faire après les Jeux olympiques en septembre, j’aurai beaucoup plus de temps. Ce qui est sûr, c’est que comme j’aurai plus de temps après les Jeux, je vais suivre la course avec grand intérêt, je suis persuadé que ce sera un très beau spectacle.

Quel est votre programme sportif dans les semaines qui viennent ?
JB: Depuis le démâtage, on a mis le mât n°2 pour faire tous les entraînements jusqu’en juillet, le mât neuf va arriver fin juillet, du coup, on va naviguer plus que prévu, car on avait prévu deux mois de chantier, notamment pour inspecter le mât, changer les câbles. Comme on a un mât neuf, le temps de chantier sera réduit. Quand on va remettre le bateau à l’eau début août, il sera en version définitive Vendée Globe, on va naviguer tout le mois d’août pour régler le mât et les voiles neuves, dans notre coin, en faisant des petits tours en Atlantique, puis en septembre-octobre, ce sera les entraînements à Port-la-Forêt avec nos petits camarades. On va peut-être faire le Trophée SNSM début juin, c’est tout.
AB: Je participe aux Championnats d’Europe à Debrecen la semaine prochaine (du 21 au 27 mai), je vais pouvoir nager en individuel sur 50 mètres et 100 mètres nage libre, je ferai aussi le relais 4x100 mètres. Après, je ferai sûrement un Mare Nostrum début juin à Monaco, l’Open EDF début juillet à Paris puis la préparation terminale pour les Jeux. Pour les Championnats d’Europe, je vais essayer de me faire plaisir, de nager plus vite que ce que j’ai fait depuis le début de la saison, j’ai aussi de grosses ambitions sur 50 et 100, une médaille d’or, ça serait vraiment beau ! Ce qui est sûr, c’est que je n’y vais pas pour faire de la figuration.

Pour finir, peut-on comparer l’or olympique sur 100 mètres à une victoire sur le Vendée Globe ?
JB: L’or olympique, ça a vachement plus de portée, mais le Vendée Globe, c’est nos Jeux olympiques à nous, c’est tous les quatre ans, une longue préparation. Le parallèle s’arrête là, car le Vendée est un événement très médiatique et très populaire en France, alors que les Jeux olympiques, c’est planétaire. La performance d’Alain Bernard à Pékin, c’est quelque chose d’un peu supérieur en impact médiatique. Mais on travaille de la même façon pour notre objectif.
AB: Le Vendée Globe, ça vaut bien plus que cela ! C’est énormément d’investissement, sur une course éprouvante, dure, mais le parallèle existe dans la mesure où ça se passe tous les quatre ans.

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