Golding: "Pas là pour faire le nombre"

Mike Golding comme sur un poisson dans l'eau sur le Vendée Globe.

Mike Golding comme sur un poisson dans l'eau sur le Vendée Globe.

A 52 ans, Mike Golding va prendre le départ de son quatrième Vendée Globe. Troisième en 2005, derrière Vincent Riou et Jean Le Cam, le Britannique reste sur un abandon douloureux lors de la dernière édition alors qu’il venait de prendre la tête de la course. L’ancien pompier est de retour avec l’ambition de se battre pour la victoire même s’il ne se classe pas parmi les favoris.

Vous êtes toujours là à 52 ans, au départ pour la quatrième fois du Vendée Globe. Pourquoi ?
Parce que le Vendée Globe est une course fabuleuse, la plus importante de notre calendrier. Et tous les quatre ans, c’est bien la chose la plus importante à faire. Comme tous mes concurrents, quand je m’aligne sur une autre course, c’est en prévision du Vendée Globe. Et je suis vraiment ravi d’avoir eu une nouvelle opportunité de m’aligner au départ.

Est-ce une obsession chez vous ?
(Rires) Je suppose, oui. Je suis passionné par la voile depuis que je suis enfant. J’ai toujours suivi avec beaucoup d’attention le solitaire. Et beaucoup des marins français étaient mes héros. C’est fantastique pour moi d’être au milieu d’eux.

A votre âge, est-ce bien raisonnable de faire le tour du monde ?
J’espère ! (Rires) Oui, c’est très raisonnable. La course au large est une combinaison entre physique et expérience. Je tends vers la fin, que ce soit sur le plan physique mais aussi sur le plan de l’expérience. Donc je pense pouvoir être compétitif. Et ça s’est vu sur les courses précédentes où j’étais raisonnablement dans le coup. Dans ma tête, je ne vois aucune raison de lever le pied.

Vous classez-vous parmi les favoris de cette édition ?
Je ne pense pas. Pour moi, les favoris sont ceux qui disposent d’un bateau de dernière génération (Gamesa n’est autre que le bateau sur lequel il a couru et abandonné le dernier Vendée Globe, ndlr). Et puis il y a une brochette de nouveaux skippers qui sont arrivés. Mais finalement, je suis plutôt heureux de ne pas être un favori. Ça va me permettre de faire ma course comme je l’entends. Et on verra le résultat.

"L’attrait du Vendée Globe a été le plus fort"

N’avez-vous donc aucune ambition ?
Si. Je ne suis pas là simplement pour faire le nombre. Je suis là pour me battre. J’ai quitté la course la dernière fois à un moment clé, alors que je menais la flotte. Donc si je parviens à finir la course sur un bateau en bon état, c’est possible que je sois devant au bout. On a beaucoup travaillé sur la fiabilité du bateau en plus de la performance. Comme la plupart des autres équipes… Mais nous avons fait le choix du conservatisme sur certaines pièces pour rester performant sur la durée.

Vous connaissez probablement votre bateau mieux que quiconque. Est-ce un avantage sur le reste de la flotte ?
Sans aucun doute. Connaître son bateau est très important sur le Vendée Globe. Et connaître son histoire aussi. Aujourd’hui, je connais le moindre recoin du bateau et surtout je sais comment il se comporte. Je suis relié à ce bateau.

On vous a vu notamment ces dernières années en Extreme 40. Est-ce important de naviguer sur d’autres supports ?
Oui, c’est toujours un plus en terme d’expérience. J’ai adoré navigué en Extreme 40. Après ma déception sur le dernier Vendée Globe, je voulais partir sur autre chose, tourner la page pendant deux ans et j’y ai pris énormément de plaisir. Mais l’attrait du Vendée Globe a été le plus fort. J’avais toujours ce tour du monde dans un coin de ma tête. Donc j’ai travaillé pour en être. Et comme le rappellent mes camarades, c’est déjà une victoire pour moi d’être au départ.

Franck Cammas a gagné sur le terrain des Anglo-Saxons en remportant la Volvo Ocean Race avec Groupama. Est-ce temps pour les Britanniques d’en faire de même ?
Que dire de Bradley Wiggins (qui est devenu cet été le premier cycliste britannique à remporter le Tour de France, ndlr) ?… Désolé, il fallait que ce soit dit (rires). Plus sérieusement, je pense que nous avons de bonnes chances cette année. Nous ne sommes que trois (avec Alex Thomson et Samantha Davies) mais la qualité est au rendez-vous. On a tous les trois l’expérience donc je suis sûr que nous pourrons nous mêler à la lutte.

On a beaucoup parlé des femmes britanniques sur le Vendée Globe, Ellen MacArthur puis Samantha Davies, et un peu moins de vous. Etes-vous jaloux ?
Non, pas du tout. Ellen et Sam sont de fantastiques communicantes sur l’eau. Et ça fait la différence. Peut-être n’ai-je pas fait assez d’effort dans ce domaine pour me concentrer sur la performance… Je ne suis pas jaloux. Elles ont contribué à populariser la voile en Grande-Bretagne, notamment le Vendée Globe. Je ne peux pas m’en plaindre.

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