Nadal dans l'histoire

Rafael Nadal a les dents longues. (Reuters)

Rafael Nadal a les dents longues. (Reuters)

L'Espagnol Rafael Nadal a remporté pour la première fois de sa carrière l'US Open en dominant en finale dans la nuit de lundi à mardi le Serbe Novak Djokovic en quatre manches et 3h43 de jeu (6-4, 5-7, 6-4, 6-2). Le numéro un mondial ajoute ainsi un neuvième titre majeur à son palmarès, après cinq Roland-Garros, deux Wimbledon et un Open d'Australie. Il entre également, à 24 ans, dans le cercle très fermé des joueurs s'étant imposés dans les quatre tournois du Grand Chelem.

Le lundi, Nadal sourit ! En décrochant lundi soir, sur le coup de 4 heures du matin en France, 22 heures à New York, le 42e titre de sa carrière sur le circuit ATP, Rafael Nadal a fait un pas de plus dans l’histoire de son sport, devenant, à seulement 24 ans, le septième joueur à avoir remporté les quatre tournois du Grand chelem, quinze mois après le sixième, Roger Federer. "C'est plus que ce dont j'avais rêvé. C'est extraordinaire d'être ici, dans cette finale, simplement d'y arriver. Alors avoir ce trophée, ici, dans quelques secondes, dans mes mains, cela va être incroyable", a déclaré l'heureux vainqueur sitôt le match plié en 3h43, avant d’aller étreindre puis croquer à pleines dents la Coupe récompensant le lauréat de cet US Open.

Pour sa troisième finale de Grand chelem, sa deuxième à New York, après celle perdue en 2007 face à Roger Federer, Novak Djokovic, qui restait sur trois victoires de rang face à son rival espagnol, n’est toujours pas parvenu à le dominer dans un tournoi du Grand chelem, s’inclinant logiquement au terme d’une partie qui aura été interrompue pendant deux heures par la pluie alors que le score était de 6-4, 4-4 en faveur de l’Espagnol. Jusqu’alors, le duel avait été intense, Nadal, qui n’avait jusque-là pas concédé le moindre set, l'attaquant tambour battant en s’emparant d'entrée du service de son adversaire, cloué au filet par un passing de revers de (2-0).

Mais «Djoko» recolle au score en exploitant sa première balle de break, la troisième fois seulement depuis le début du tournoi que Nadal perd son service ! Dans le jeu suivant, long de huit minutes, le n°1 mondial refait le break à sa sixième occasion, Djokovic en brise sa raquette de rage (3-2), conscient d’avoir déjà laissé passer sa chance. Quelques jeux plus tard, Nadal boucle en effet cette manche initiale en 50 minutes, la tâche du Serbe est alors immense puisque le n°1 mondial n'a perdu qu'un seul match en Grand Chelem après avoir empoché la première manche, pour 106 victoires ! Pas de quoi décourager cependant le Serbe puisqu’il prend d’entrée le service blanc de son rival et se détache (4-1), alignant même 11 points d'affilée grâce à la précision de son coup droit. Mais Nadal n’est pas à homme à baisser les bras et refait son break de retard à grands coups de lasso en coup droit (4-4). C’est alors que la pluie interrompt les débats et renvoie les deux hommes aux vestiaires.

Djokovic: "Il a le potentiel pour devenir le meilleur joueur de l’histoire"

Deux heures plus tard, le Serbe, qui a repris ses esprits, se saisit de nouveau du service de Nadal à qui, c’est une première depuis le début du tournoi, il prend une manche, relançant, croit-il alors, le suspense. Mais la perte de son premier set pique sans doute le Majorquin qui, dès lors, se remet à servir le plomb, n’offrant plus qu’une balle de break à son adversaire lors des deux derniers sets. 71% de premières balles sur le troisième, bouclé en 57 minutes avec seulement un point concédé sur ses premières balles, 70% dans le quatrième qui voit Djokovic lâcher prise à deux reprises sur son engagement, la clé du succès de Nadal est sans doute dans cette capacité à tenir un très haut niveau de premières balles, ce qu’il confiera d’ailleurs à l’issue du match: "Je pense que la surface dure est la plus difficile pour m’exprimer, et le service a probablement fait la grosse différence cette année. La chose la plus importante était de parvenir à servir aussi bien que je l’avais fait depuis le début du tournoi. Je savais que si je parvenais à gagner des points tout faits comme ça, ça changerait tout. Ça me permet d’être plus agressif dans le jeu et de jouer plus sereinement sur le service adverse."

La différence entre les deux hommes s’est faite en partie là, la qualité de service de Nadal obligeant Djokovic à prendre plus de risques, d’où un nombre de fautes directes bien plus important (47 contre 31). Et c’est d’ailleurs sur sa 47e faute directe, un coup droit dans le couloir, après de 3h43 d’une finale très relevée, que le Serbe a permis au n°1 mondial de devenir le troisième Espagnol à s'imposer à New York après Manuel Santana (1965) et Manuel Orantes (1975). Sur le coup de l’émotion, non feinte, Nadal s’est écroulé sur le dos, savourant un long moment son neuvième titre du Grand Chelem, son troisième consécutif la même année, une performance que n’a jamais pu réaliser Roger Federer, le dernier joueur l’ayant réussie étant Rod Laver, lors de son Grand chelem en 1969.

Nadal côtoie désormais le mythique Australien, mais également Fred Perry, Don Budge, Roy Emerson, Andre Agassi et Roger Federer dans le Panthéon des joueurs ayant remporté les quatre tournois du Grand chelem, il est, à 24 ans, le plus jeune de l’ère Open (depuis 1968) à signer pareille performance, ce qui, après le match, faisait dire à un Djokovic, venu enjamber le filet pour le congratuler: "Il est aujourd'hui le meilleur joueur du monde et il mérite absolument ce titre. Il a le potentiel pour devenir maintenant le meilleur joueur de l’histoire." Ce à quoi Nadal a répondu: "Mon but reste toujours le même, c’est de continuer à progresser et me sentir chaque année un joueur meilleur." Pas de doute, Nadal n’a pas fini de marquer de son empreinte de géant l’histoire du tennis…

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