Murray, la si longue attente

 Murray

Andy Murray a remporté l'US Open aux dépens de Novak Djokovic.

Après quatre échecs en finale, Andy Murray a fini par y arriver. L’Ecossais a remporté ce lundi, à 25 ans, le premier tournoi du Grand Chelem de sa carrière, l’US Open. Le champion olympique est venu à bout du tenant du titre, Novak Djokovic, à l’issue d’un éprouvant combat de cinq manches et 4h54 (7-6, 7-5, 2-6, 3-6, 6-2). Murray met fin à 76 ans d’insuccès britannique en tournoi majeur.

Il l’a fait. Principale victime de l’hégémonie de Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic, Andy Murray a enfin décroché, à 25 ans, sa première victoire dans un tournoi du Grand Chelem. Il a enfin vaincu l’un de ses implacables rivaux en finale d’un tournoi Majeur. Le lieu du "putsch" ? L'US Open, Flushing Meadows. Là où Juan Martin Del Potro s’était fait une petite place dans l’Histoire en 2009. Là où Murray lui-même avait atteint, tout jeune, la finale en 2008 pour recevoir une leçon de la part de Federer. Mais l’Ecossais a bien grandi. Il a muri. Il est aujourd’hui plus solide, suffisamment pour vaincre enfin le "Djoker" et ses propres démons. En cinq sets d’une finale aussi intense que riche en rebondissements et en émotions, Murray a dépossédé le Serbe de son titre et s’est enfin offert sa première couronne (7-6, 7-5, 2-6, 3-6, 6-2). Après quatre échecs en finale, un record qu’il partage avec son entraîneur Ivan Lendl. Mais comme l'a soufflé Djokovic après coup, "il le mérite absolument."

Il y a des signes qui ne trompent pas. Cette demi-finale marathon à l’Open d’Australie contre Djokovic. Ce set chipé à Federer en finale de Wimbledon. Et bien sûr ce titre olympique, at home, après une finale en tout point parfaite face au même Federer. Murray se disait (se savait) plus proche que jamais de remporter son premier titre en Grand Chelem. Ne restait plus qu’à savoir où et quand. Après un tournoi où il a souvent souffert, laissant des sets en route face à Lopez, Cilic et puis Berdych, le Britannique a finalement trouvé son bonheur à New York, où il est venu à bout, excusez du peu, du meilleur joueur sur dur de ces deux dernières saisons. Comment Murray a-t-il fait pour désarçonner Djokovic ? En essayant de se montrer autant que possible à la fois agressif… et calme. Quitte à refroidir les ardeurs de son clan quand la rencontre a (re)tourné en sa faveur dans le cinquième set.

Le coup de pompe de Djokovic

Pour une fois, tous les éléments ont été réunis pour que l’Ecossais décroche la précieuse timbale. La panoplie tennistique, il l’a toujours eue, son palmarès en Masters 1000 le prouve. Ne restait plus qu’à ajouter une solidité mentale allant de pair avec une condition physique irréprochable, et surtout nécessaire pour tenir la distance (4h54) face à l’increvable Djokovic. D’autant plus que l’intensité de la rencontre est allée crescendo. Ainsi la première manche a-t-elle été terriblement décevante, émaillée de fautes directes (38). La faute en grande partie au vent, que Murray a su le mieux apprivoiser. A l’inverse, Djokovic, comme on l’avait vu en demi-finale face à Ferrer, s’est agacé. On l’a vu gesticuler, frapper des coups en déséquilibre, s’agacer, bouder. En général, cela ne sent pas bon pour le Serbe. Mais après un double échange de break, il est parvenu à arracher un tie-break qui sera aussi long (25 minutes) qu’irrespirable : 12-10 en faveur de Murray, sur sa sixième balle de set.

Enfin lancé, le match ? Pas tout à fait. Il a fallu attendre que Djokovic soit mené d’un double break (4-0) pour qu’il décide d’arrêter d’en vouloir à la terre entière et de revenir dans la partie. Le changement s’est rapidement vu. Le Serbe a commencé à donner des coups et à jouer de plus en plus vite. Et si Murray a trouvé les ressources pour aller chercher la seconde manche (7-5) après avoir galvaudé un double break, il n’a rien pu faire dans les deux manches suivantes. Invoquant des jambes "en gelée" à cause du stress, l’Ecossais, en contrôle lors des deux premières manches, a perdu une bonne partie de ses moyens. Face à un Djokovic redevenu l’homme–élastique capable de ramener toutes les balles, avec encore plus de puissance, Murray a suffisamment résisté  pour électriser le court Arthur-Ashe, décidément magique quand la nuit tombe. Mais pas assez pour empêcher le "Djoker" de refaire surface dans la rencontre.

Mais aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est bien le Britannique qui a le mieux tenu le coup physiquement. Habitué à livrer des batailles homériques face à Rafael Nadal, son adversaire lors de ses quatre dernières finales de Grand Chelem, Djokovic a trouvé à qui parler avec Murray, qui a disposé, rappelons-le, d’un jour de récupération supplémentaire après sa demi-finale. Dans une rencontre aux innombrables rallies (avec une pointe à 54 coups !), l’Ecossais a trouvé la petite étincelle pour breaker à deux reprises un Djokovic en panne de courant au début du cinquième set. Jamais dans l’euphorie (pas même au moment d’aller chercher le trophée), il a tenu bon au service par la suite, ne lâchant qu’un seul de ses deux breaks d’avance. Murray l’a donc fait. Il a rejoint Fred Perry, dernier Britannique à avoir remporté un tournoi du Grand Chelem. C’était en 1936, déjà à l’US Open. Le rêve américain, sans doute.

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