Djokovic, comme un ouragan

Novak Djokovic a fait honneur à son rang. (Reuters)

Novak Djokovic a fait honneur à son rang. (Reuters)

Au terme d'un combat épique de plus de 4 heures de jeu, Novak Djokovic a remporté son troisième tournoi du Grand Chelem de l'année en terrassant Rafael Nadal (6-2, 6-4, 6-7, 6-1), lundi soir, en finale de l'US Open. Le Serbe, impressionnant tout au long de cette rencontre, conforte ainsi son statut de numéro un mondial et de meilleur joueur de la saison. Il devient également le sixième homme à réaliser le "Petit Chelem".

Le match était grand, digne d’une finale d’un tournoi du Grand Chelem et du choc attendu entre les deux premiers joueurs mondiaux. Un joueur a été grand aussi, Rafael Nadal. Mais un autre a été monstrueux, Novak Djokovic. Globalement plus agressif, plus prompt à monter à la volée, et surtout d'une précision ahurissante, le Serbe a confirmé qu’il savait désormais maîtriser ses émotions comme personne. En maître du monde, "Djoko" a retrouvé l’énergie pour terrasser Nadal en quatre manches (6-2, 6-4, 6-7 [3], 6-1), alors que le tie-break dominé par l’Espagnol au terme du troisième set semblait être un tournant. Le "Djoker" n’a pas seulement remporté le premier US Open de sa carrière... Il l’a fait face à un Nadal clairement au top de sa forme, au cours d’un match qui devient sans conteste le plus grand, le plus beau de l’année, au vu de son intensité, de son atmosphère électrique et, bien sûr, de son enjeu. La qualité de cette rencontre fut hors normes, proche dans son niveau de jeu du Djokovic-Federer de Roland-Garros 2011, voire même, sur plusieurs instants, du Federer-Nadal de Wimbledon 2008. Sauf que cette fois, Djokovic a gagné, et Nadal a perdu.

L’Espagnol a jeté les armes au quatrième set, vaincu aussi par le traditionnel arrêt kiné de "Djoko", à l’entame du quatrième set puis à la pause suivante, à 3-0 en sa faveur. Mais le Serbe n’a évidemment pas remporté son US Open sur cette seule stratégie, s’il puisse être avéré un jour qu’il s’agisse vraiment d’un calcul. Car après quasiment quatre heures de jeu d’un niveau stratosphérique, un joueur de tennis a quand même le droit d’être fatigué et de se faire soigner... Surtout, au vu de la partition récitée par les deux hommes lors des trois premiers sets, seul le jeu peut être mis en exergue. Nadal s’est battu avec une force phénoménale, une résistance hors du commun même, qui lui a permis de décrocher ce tie-break à l’énergie lors de la troisième manche. Et pour un match d’anthologie - car ce n’est vraiment pas loin d’en avoir été un - il faut être deux.

Djokovic: "Ça paraît irréel"

Certains points resteront dans la légende du court Arthur-Ashe, à l’image de ce smash dans le filet de Nadal, à 2-1 sur son service dans le deuxième set. Une faute directe au terme d’un échange incroyable, où l’erreur semblait du domaine de l’impossible tant les deux hommes renvoyaient dans les limites du court des attaques adverses d’une précision et d’une puissance diaboliques. Une faute directe au terme d’un jeu de plus d’un quart d’heure, et qui permettait alors à Djokovic de reprendre le service de son adversaire. Sur une balle de 5-3 pour Nadal dans la troisième manche, à 30-40 sur la mise en jeu du Serbe, ce dernier a également remporté un point venu d’un autre monde, en concluant d’un revers gagnant long de ligne pour finalement conserver son service. Le tout, évidemment, après d’innombrables coups de boutoir. Et l’Espagnol n’a pas été en reste quelques minutes plus tard, en sortant lui aussi un sublime revers gagnant après un festival de coup, alors que Djokovic était à trois points du match (6-5 sur son service, 15-15). Enumérer les autres échanges à peine inférieurs à ceux-ci serait vain, puisqu’il faudrait quasiment un livre pour tous les conter.

Alors, autant essayer de résumer l’irrationnel de cette partie - à peine contrebalancé par un quatrième set à sens unique – par des chiffres, tout de même parlants. Nadal n’a remporté que 52% des points derrière sa première balle, preuve de l’extrême qualité du retour de service de son adversaire. Djokovic a passé 55 coups gagnants contre 32 pour Nadal, a commis 51 fautes directes contre 37 pour le n°2 mondial, et a converti 31 sur 47 de ses montées au filet alors que l’Espagnol en a passé 13 sur 17. Des statistiques qui indiquent assez nettement lequel des deux joueurs avait le plus l’initiative. Enfin, "Djoko" a passé 11 de ses 26 balles de break, contre six tentatives converties sur 14 pour Nadal. Un total ahurissant dans ce domaine, et une autre preuve de la qualité premium du scénario. "Ça paraît irréel, c’est un sentiment incroyable, une saison phénoménale qui continue, se réjouissait Djokovic devant les caméras d’Eurosport, juste avant la remise du trophée. Chaque fois que j’affronte Nadal, c’est énorme. Je le félicite pour son beau tournoi." L’ancien numéro un mondial était lui un peu plus amer: "Evidemment, je suis déçu. Il a encore réussi des trucs incroyables, et sa saison est sans doute impossible à rééditer." No comment... De toute façon, il n’y a plus grand-chose à écrire après un match pareil. Le jeu a parlé de lui-même.

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