Djokovic, c’est renversant !

Le Serbe a sauvé deux balles de match avant de battre Roger Federer. (Reuters)

Le Serbe a sauvé deux balles de match avant de battre Roger Federer. (Reuters)

Il est revenu de l'enfer ! Mené deux manches à rien, puis distancé dans le cinquième set, Novak Djokovic est parvenu à l'emporter contre Roger Federer (6-7, 4-6, 6-3, 6-2, 7-5), après 3h51 de combat, en demi-finales de l'US Open. Comme l'an dernier, au même stade de la compétition, le Suisse a manqué deux balles de match, et laisse le n°1 mondial atteindre une onzième finale cette saison. Ce sera lundi soir contre Andy Murray ou Rafael Nadal.

"C’est clairement ma plus grosse victoire de la saison." Et c’est l’homme aux 63 succès en 2011 qui vous parle. Mais il est clair que celui-ci doit avoir une saveur particulière. Novak Djokovic, en demi-finale de l’US Open, est parvenu à renverser Roger Federer dans une nouvelle rencontre d’anthologie, conclue en cinq manches (6-7, 4-6, 6-3, 6-2, 7-5) après près de quatre heures d’un combat encore une fois exceptionnel. Le Serbe, passé par deux fois un point de la défaite, se qualifie donc pour sa onzième finale de la saison, où il affrontera Rafael Nadal ou Andy Murray.

Avec deux joueurs d’un tel calibre, qui se retrouvaient pour la cinquième année de suite à l’US Open (!), chaque rencontre accouche d’un duel mémorable, et chaque affrontement s’apparente à la revanche d’une autre confrontation passée. Avec ces deux géants, on a mis longtemps avant de savoir si l’on était en train de revivre la demi-finale de l’an dernier, quand Djokovic l’avait emporté en cinq sets après avoir sauvé deux balles de match, où la mythique demi-finale de Roland-Garros, quand Federer avait mis fin à l’invincibilité du Serbe, lui infligeant au passage son unique défaite ‘’à la régulière’’ de la saison. Longtemps, le match a emprunté ce deuxième chemin, grandement favorable au Suisse.

Grand, le Suisse l’a été pendant deux manches. Sur la lancée de ses deux balades contre Monaco et Tsonga, Federer a démarré très fort. C’est lui qui a dicté le jeu, prenant l’avantage avec son coup droit face à un Djokovic sur le reculoir. Faute de pouvoir breaker le n°1 mondial, le Bâlois s’est contenté de rafler la première manche dans un jeu décisif plein de maîtrise. Sur la lancée, Federer breakait rapidement (2-1), face à un adversaire gêné par les changements de rythme en revers. Au moindre sursaut du Serbe (débreak à 2-3), l’homme aux cinq couronnes à Flushing Meadows enfonçait le clou pour reprendre immédiatement le service de son rival, et consolider son avantage avec le gain de la deuxième manche.

Djokovic sauve encore deux balles de match

"J’étais mené deux sets à zéro, Roger jouait mieux que moi, il était en contrôle. Et puis, j’ai réussi à mieux jouer dans les trois sets suivants." Voilà comment Novak Djokovic a résumé la suite du match. C’est évidemment plus complexe que ce qu’a retenu le nouveau patron du circuit. En réalité, le Serbe a profité de la baisse de régime de Federer au service (à peine plus de 50% de premières balles) pour se montrer plus incisif en retour. Enfin plus près de sa ligne, Djokovic est parvenu à renverser le cours de la rencontre, en même temps qu’il a perturbé un Federer plus en difficulté dès qu’il a fallu courir. 7-6, 6-4, 3-6, à ce moment du match, on revivait très étrangement la demie de Roland-Garros, quand Djokovic était revenu à un set à deux (7-6, 6-3, 3-6 !), avant de céder dans une quatrième manche fabuleuse.

Cette fois, Federer a laissé filer la quatrième manche, en n’obligeant Djokovic à ne commettre que deux fautes directes. La prime était à l’attaque depuis le début du match, et c’est le Serbe, redevenu impossible à déborder, qui dictait le rythme à ce moment de la partie. Terminé, Federer ? Pas du tout. Dès le premier point de la cinquième manche, le Suisse s’est remis à rejouer de l’avant, et cela a failli payer. C’est lui qui a breaké (blanc!) le premier. Et Federer a même eu deux balles comme l’an passé, et cette fois sur sa mise en jeu. Et l’impensable s’est produit. Alors qu’il donnait l’impression d’être résigné, Djokovic a réussi un retour terrible en coup droit, à quitte ou double, sur la balle de match, et signé son retour dans la partie.

"J’ai pris un risque. J’ai frappé aussi fort que j’ai pu, et c’est passé." Simple, et suffisant pour déstabliser un Federer rattrapé par ses émotions. La suite ? Une deuxième balle de match, manquée, une succession de fautes directes, un nouveau break pour Djokovic, et une défaite, amère, pour le Suisse. Décidément, Federer peine quand il s’agit de conclure. Il en est désormais à 18-16 dans les cinquièmes sets, et à 2-6 dans un set décisif cette année. Pire, le Bâlois perd pour la deuxième fois en Grand Chelem après mené deux manches à rien (après Tsonga à Wimbledon), lui qui avait aligné 178 succès dans ce contexte. Et pour la première fois depuis 2003, l’année de sa première couronne à Wimbledon, il terminera une saison sans Grand Chelem. Une page se tourne, une autre s’ouvre sans doute pour Djokovic, désormais en quête d’un premier sacre à New York.

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