La dernière de Ferrero

Juan Carlos Ferrero a brillé sur terre battue au début des années 2000. (Reuters)

Juan Carlos Ferrero a brillé sur terre battue au début des années 2000. (Reuters)

Juan Carlos Ferrero a disputé ce mardi son dernier match sur le circuit ATP, battu au premier tour à Valence par Nicolas Almagro (7-5, 6-3). L'Espagnol, ancien n°1 mondial, a connu son heure de gloire en 2003 quand il a remporté Roland-Garros et atteint la finale de l'US Open.

Il était le dernier en activité de la talentueuse génération espagnole qui a précédé l’éclosion du phénomène Rafael Nadal. Après Albert Costa, Alex Corretja et Carlos Moya, Juan Carlos Ferrero a décidé de ranger ses raquettes, devenant, après Andy Roddick, le deuxième ancien n°1 mondial à tirer sa révérence cette année. L’Américain qui lui succèdera sur le trône de l’ATP le 3 novembre 2003, après huit semaines de règne. 2003, la plus belle année de Ferrero. Celle qui le vit inscrire son nom au palmarès de Roland-Garros, à l’issue d’une finale expéditive face à Martin Verkerk (6-1, 6-3, 6-2) sonnant comme une revanche après son échec surprenant, un an plus tôt sur le même court Philippe-Chatrier, contre Costa.

Ferrero, né en périphérie de Valence en 1980, à la fin de l’ère Borg, s’est surtout fait connaître pour ses aptitudes sur terre battue, même s’il a su, dans la lignée de Moya, ouvrir la voie aux Espagnols sur les autres revêtements. Ainsi 13 de ses 16 titres en simple ont été décrochés sur l’ocre, où sa domination fut presque sans partage entre 2001 et 2003, avec à la clé, outre les Internationaux de France, deux victoires à Monte-Carlo (2002, 2003) et une à Rome (2001). Joueur très fin, inusable du fond du court et le plus efficace en coup droit, Ferrero a appris à apprivoiser toutes les surfaces, pouvant se targuer d’avoir atteint au minimum les quarts de finale dans toutes les levées du Grand Chelem. C’est d’ailleurs à l’issue de la tournée américaine sur ciment, et de sa finale perdue face à Roddick lors de l’US Open, qu’il a atteint le premier rang mondial.

Une longue éclipse

Si l’ascension du "Mosquito", surnom hérité pour sa fine morphologie, est rapide, la descente fut vertigineuse. L’avènement au premier plan de Roger Federer et Nadal va coïncider avec le recul du Valencian qui, fin 2004, a chuté au 31e rang de l’ATP. S’en suit une longue période de doutes, émaillée de blessures, et plus jamais Ferrero ne reviendra au sommet du tennis mondial, ni même dans le top 10. Entre son 11e titre, lors du Masters 1000 de Madrid à l’époque disputé en indoor, et le 12e, à Casablanca au printemps 2009, vont s’écouler cinq ans et demi. Une très longue disette mais l’Espagnol parvient, notamment lors de la saison 2010 durant laquelle il s’offre trois nouveaux trophées, à revenir sur le devant de la scène, avec un court passage dans le top 15 en mars. Les deux dernières années ont été moins riches en émotions pour le "Roi Carlos", notamment celle en cours. Elle se résume à 17 matches, et 5 victoires.

De quoi donner raison au triple vainqueur de la Coupe Davis (2000, 2004, 2009) de mettre un point final à sa carrière cet automne. Chez lui à Valence, où il possède déjà son académie, à Villena, dans les environs de la grande agglomération méditerranéenne. Son avenir tournera toujours autour de la petite balle jaune, lui qui conseille aussi depuis quelques semaines déjà Nicolas Almagro que le destin a choisi pour être son dernier bourreau sur le circuit, ce mardi (7-5, 6-3). Salué comme il se doit par le public valencian, Ferrero, joueur très apprécié pour son comportement irréprochable et sa gentillesse, sera resté un parfait ambassadeur du tennis espagnol durant plus d'une décennie.

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