Djokovic, muraille de Chine

Le Serbe a sauvé cinq balles de match en finale contre Murray.

Le Serbe a sauvé cinq balles de match en finale contre Murray.

Revanche de la finale de l’US Open, la finale du Masters 1000 de Shanghai a offert au public chinois une rencontre épique entre Novak Djokovic et Andy Murray. Et cette fois, c’est le Serbe qui a eu le dernier mot (5-7, 7-6, 6-3), après 3h20 de combat et non sans avoir sauvé cinq balles de match dans la deuxième manche. Époustouflant.

On connaissait depuis 2011 les combats de boxe entre Novak Djokovic et Rafael Nadal. On apprend désormais à apprécier, depuis cette année, les joutes tennistiques entre le Serbe et Andy Murray, qui ont pris l’habitude de se retrouver dans les grands rendez-vous. Et de se répondre coup pour coup. Djokovic avait eu le dernier mot en Australie après 4h50 de lutte. Murray avait triomphé à New York en septembre dernier en 4h54. A Shanghai, Masters 1000 oblige, leur finale s’est jouée au meilleur des trois sets. Mais cela n’a pas empêché ces deux hommes, incroyables défenseurs, de lutter pendant 3h20 dans une rencontre aussi intense que riche en rebondissements.

A l’arrivée, les poings serrés et le cri rageur de Djokovic montrent bien à quel point le Serbe a dû puiser dans ses ressources pour survivre à une deuxième manche durant laquelle il est passé à cinq reprises à un point de la défaite. Longtemps Murray a eu un léger ascendant dans le jeu, qu’il a su  concrétiser au score jusqu’à ce que le Serbe se décide à repousser la défaite, au plus proche de celle-ci. On ne peut pourtant pas dire que le n°2 mondial, et même n°1 en puissance avec ce nouveau titre, avait manifesté de l’agressivité, et l’envie de prendre le jeu à son compte durant les deux premiers sets.

Une tie-break de folie 

Au contraire, c’est Murray, sur la lancée de ses dernières sorties en Grand Chelem et de sa victoire de la veille face à Federer (6-4, 6-4), qui a dicté le rythme, élevé, par ses coups gagnants et ses fautes directes (15 et 21 dans la première manche). Et Djokovic, après une incroyable série de six breaks lors des huit premiers jeux, a fini par payer un certain attentisme, lorsqu’à 5-5, 40-0, il a laissé filer cinq points de suite avant de fracasser sa raquette à trois reprises dans le set. Agacé, le Serbe n’a pas non plus montré son meilleur visage lors de la deuxième manche, jusqu’à ce que, complètement dos au mur, c’est-à-dire là où il est sans conteste le meilleur joueur du monde, il s’est décidé à tout lâcher.

Au total, Murray a eu cinq balles de match, une à 5-4 sur son service, puis quatre autres dans un tie-break de folie remporté 13 points à 11 par "Djoko". Mais en face, il y avait un Djokovic soudain plus relâché, et les échanges, parfois irréels, se sont intensifiés. A ce moment-là, l’Ecossais a clairement laissé passer sa chance, notamment sur quelques points où il aurait peut-être pu se montrer plus entreprenant, et il est étonnant de noter que c’est la deuxième fois en peu de temps que Murray s’incline après avoir eu des balles de match (deux contre Raonic à Tokyo la semaine dernière). Passé si près de la défaite, Djokovic ne pouvait plus laisser échapper le match, et dans un troisième set lui aussi émaillé de "hot shots" de la part des deux joueurs, son ascendant physique et psychologique lui a offert le titre et l'ovation du public. Mérité, vu les efforts et la qualité de jeu fournis. 

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