Les têtes tombent

Au tour d'Andy Murray de grimacer. (Reuters)

Au tour d'Andy Murray de grimacer. (Reuters)

Nouvelle surprise à Paris-Bercy. Au lendemain de l'élimination du Serbe Novak Djokovic, l’Écossais Andy Murray, tête de série numéro trois, a été sorti jeudi après-midi dès les huitièmes de finale par le grand serveur polonais Jerzy Janowicz (5-7, 7-6, 6-2), lequel atteint pour la première fois de sa carrière les quarts de finale d'un Masters 1000.         

Andy Murray, le dernier pilier du Big Four à Paris-Bercy, s'est écroulé. En l'absence de Roger Federer (repos) et Rafael Nadal (blessé), et après l'élimination de Novak Djokovic, le Britannique était le seul à pouvoir prolonger la série de 17 Masters 1000 d'affilée remportés par les quatre meilleurs joueurs du monde depuis la victoire de Robin Söderling au POPB il y a deux ans. Mais le n°3 mondial ne verra pas les quarts de finale, sorti ce jeudi le surprenant polonais Jerzy Janowicz en trois manches (5-7, 7-6, 6-2).

Ce solide gaillard issu des qualifications a réussi à fissurer la défense de Murray. Pour cela, le nouveau n°1 polonais, 65e au classement ATP (devant Lukasz Kubot, 67e), dispose d'une arme de destruction massive: son service. Du haut de ses 203 centimètres tombent des ogives à 230 km/h en premières balles et à 180 en deuxièmes ! Merci du cadeau. A 21 ans, Janowicz, novice sur le circuit, n'est pas encore au point techniquement et tactiquement, mais il présente le profil-type du joueur moderne, dans la lignée de Juan Martin Del Potro, Milos Raonic et John Isner. Ces géants des courts, relativement mobiles pour leur grande taille, dotés d'un service de mammouth et d'un bagage technique plus fourni qu'Ivo Karlovic, le premier individu de l'espèce.

Murray n'est pas né de la dernière pluie. Se cacher derrière la frustration d'un jeu réduit face à ce type de joueur ne fait (normalement) pas partie de ses habitudes. Excellent relanceur, l'Ecossais a utilisé tout son savoir-faire dans l'échange pour patiemment attendre que Janowicz craque. Chips de revers, changements de zone, contre-amorties, toute la panoplie de Murray y est passée pendant deux sets. Malgré toute sa bonne volonté, le Polonais, qui a atteint le troisième tour à Wimbledon l'été dernier, a d'abord cédé face à la pression de la fin de la première manche (double faute pour offrir le break à 5-5), puis dans le fameux septième jeu du deuxième set (4-3).

L'agacement soudain du Britannique, au moment de plier l'affaire sur son service (une balle de match manquée à 5-4), a offert un sursis inattendu à Janowicz puis un jeu décisif en forme de dernier espoir. Et il a eu raison de s'accrocher puisqu'il a obligé Murray à s'embarquer dans un dernier set grâce à un tie-break mieux négocié (7-6). L'étonnement a rapidement gagné les gradins de Bercy en voyant Murray lâcher prise peu à peu. En face, Janowicz, rasséréné, s'est mis à taper sur tout ce qui bouge avec une réussite insolente. Un break, puis un autre, et le voilà au service pour le gain du match après un come-back ébouriffant. L'inconnu polonais, qui n'en est plus un désormais, a alors placé Murray dans l'Eurostar sur un dernier coup droit (6-2). 

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