Florès: "Je veux trop bien faire"

Jérémy Florès vise le Top 5 Mondial.

Jérémy Florès vise le Top 5 Mondial.

La onzième édition du Quiksilver Pro France a démarré vendredi en présence des 34 meilleurs surfers de la planète. Parmi eux, Jérémy Florès, revanchard après être passé à côté l'année dernière en raison d'une blessure à la cheville. Le Réunionnais, qui évolue à domicile, est ambitieux.

Jérémy, vous restez sur une élimination de justesse face à Kelly Slater à Trestles, quel a été votre sentiment sur cette épreuve ? Satisfaction d’avoir terminé neuvième ou regrets d’être passé tout près des quarts ?
Au final, ça reste quand même une bonne performance. Ce n’est certes qu’une neuvième place, ce qui est pas mal sans être le top, mais j’ai montré un bon surf, j’ai fait quelques gros scores, ce n’est que du bon pour l’avenir. Après, c’est sûr que j’étais capable d’aller plus loin, mais je suis tombé sur un Kelly Slater très en forme, qui a ensuite gagné l’épreuve. C’est comme ça, même si ça dégoute un peu de perdre de si peu…

Vous êtes huitième au classement mondial après six épreuves sur dix, quel bilan faites-vous de votre première partie de saison ?
J’ai eu des hauts et des bas, mais ça reste assez positif car je suis quand même huitième mondial, alors qu’il reste les épreuves où, en général, je réussis bien. Fidji (élimination au troisième tour, ndlr), c’était une vraie déception, car j’avais envie de bien faire là-bas, les conditions étaient bien adaptées à mon surf, j’aurais voulu faire beaucoup mieux. En revanche, à Bells Beach, je fais troisième sur une vague où je n’avais jamais fait de résultats auparavant, là, c’était une belle surprise et ça m’a donné beaucoup de confiance pour la suite.

Que visez-vous sur la fin de saison ? Une victoire, une bonne place au classement final du World Tour ?
De toute façon, chaque épreuve, chaque série que je fais, c’est pour gagner. J’ai déjà prouvé que j’étais capable de battre n’importe qui dans n’importe quelles conditions. Après, il faut être constant, tout le temps dans le rythme, parfois ça passe, parfois ça ne passe pas. L’important est de garder tout le temps le bon état d’esprit. Après, c’est vrai que le Top 5 mondial, ça serait pas mal, une victoire aussi, et même un titre ! Mais je me concentre surtout sur mon niveau de surf, ma technique, le reste devrait suivre naturellement.

"Je ne suis qu’un petit Français parmi tant d’Anglo-saxons"

Que vous manque-t-il pour intégrer le Top 5 ?
Je commence à avoir l’expérience, peut-être un peu de chance. En même temps, je suis parfois tombé dans des séries où j’aurais pu passer. Je ne reste qu’un petit Français parmi tant d’Anglo-saxons, parfois, j’ai un peu l’impression de me battre contre toute la planète, mais ça reste positif, je m’éclate dans ce que je fais, et surtout, je ne lâche rien.

Ce qui signifie que vous vous estimez parfois moins bien noté que les Anglo-saxons ?
De nos jours, toutes les épreuves sont visibles en live, donc des millions de gens peuvent voir les séries, je les laisse juger. Je sais ce que je vaux, les points sur lesquels il faut que je progresse, je sais aussi les séries où j’aurais dû passer et où je me suis faut un peu saquer, mais je n’ai pas besoin de parler là-dessus, les gens voient bien le live, je les laisse parler pour moi…

Vous disputez votre cinquième saison sur le World Tour, estimez-vous avoir beaucoup progressé ?
Oui, mon but est vraiment de progresser. J’ai pris beaucoup de puissance, j’ai surtout beaucoup progressé dans les vagues tubulaires. Aujourd’hui, je travaille beaucoup les manœuvres aériennes pour réussir à rivaliser avec la nouvelle génération, qui envoie des manœuvres très innovantes, donc je continue à travailler, le but est d’avoir un surf complet.

Vous attaquez ce vendredi le Quiksilver Pro France, une épreuve qui ne vous a jamais trop réussi, pourquoi, trop de pression ?
C’est sûr que c’est la seule de toutes les épreuves du World Tour où je n’ai jamais réussi à atteindre les phases finales, ça commence à me mettre un peu la haine, peut-être que je me mets trop la pression, que je veux trop bien faire devant mon public, mais tout est une question d’état d’esprit et j’espère que cette année, ça devrait bien se passer.

Quelles sont les particularités des vagues landaises ?
Les particularités, c’est que ça change tout le temps ! Du coup, ce n’est pas forcément un avantage pour nous, les surfeurs locaux. On ne sait jamais à quoi s’attendre, c’est ce qui différencie cette épreuve des autres dans le monde entier. On peut soit surfer des vagues très solides, très puissantes, des gros tubes, comme à La Gravière, soit des vagues beaucoup plus petites, moins évidentes au niveau des manœuvres aériennes. Mais c’est aussi ce qui fait la beauté de cette épreuve, et j’ai toujours beaucoup de respect pour le vainqueur du Quiskilver Pro France, car c’est le mec qui a réussi à s’adapter à toutes ces conditions.

Kelly Slater s'y est notamment déjà imposé, pourquoi est-il si fort ?
Je pense justement que c’est un surfeur qui a réussi à s’adapter à toutes les conditions et à toutes les générations, c’est ce qui lui permet de faire la différence, d’être aussi fort et d’être le meilleur de notre sport.

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Quiksilver Pro France: C'est mal parti pour Florès...

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