Bozon, de père en fils

Timothé Bozon dans les pas de Cristobal Huet à Montréal. (HabsTV)

Timothé Bozon dans les pas de Cristobal Huet à Montréal. (HabsTV)

Fils de l’ancien international tricolore Philippe Bozon, qui a évolué aux Saint-Louis Blues au début des années 1990, Timothé Bozon a été drafté ce week-end par Montréal. A dix-huit ans, l’ailier gauche français est en passe de réaliser son rêve: jouer en NHL. Comme Cristobal Huet, qui a également défendu les couleurs des Canadiens.

La NHL n’est pas la NBA. Si les basketteurs français s’exportent plutôt bien depuis plusieurs années, ce n’est pas encore le cas pour les hockeyeurs tricolores. Mais ça vient. Tout doucement. En 2011, Stéphane Da Costa avait ainsi disputé quelques matches avec les Ottawa Senators. Cette année, ce sera peut-être au tour de Timothé Bozon. Choisi par Montréal au troisième tour de la draft, le week-end dernier à Pittsburgh, le jeune ailier gauche (18 ans) est en passe de réaliser le même rêve que son père, Philippe, qui avait porté les couleurs des Saint-Louis Blues, de 1992 à 1995.

Ceux qui ont eu l’honneur de disputer une rencontre dans la prestigieuse ligue nord-américaine se comptent sur les doigts d’une seule main. Ils ne sont pour l’instant que trois, celui ayant le plus réussi étant bien sûr Cristobal Huet, vainqueur notamment de la Stanley Cup avec les Chicago Blackhawks il y a deux ans. Hasard ou coïncidence, c’est au sein de la franchise où le gardien des Bleus s’est fait un nom, de 2005 à 2007, que Timothé Bozon débarque. Sur la pointe des pieds, mais avec ambition. "J’espère jouer en NHL pour le Canadien d’ici quelques années", annonce-t-il.

71 points en… 71 matches de WHL

Sélectionné par les Habs en 64e position, le jeune talent du hockey bleu, blanc, rouge aurait très bien pu tomber plus mal. "C’est une très bonne organisation qui veut développer des jeunes. Le fait qu’ici on parle français, ça peut aussi faciliter les choses pour moi. J’adore Montréal, la ville, Québec, et je sais que les gens sont très agréables, se réjouit-il. Je pensais être dans les 45 premiers et comme je n’ai pas entendu mon nom, j’étais un peu nerveux. Mais la draft est une chose, la suite une autre. L’important, c’est ce que tu fais les années d’après. Moi, je veux jouer en NHL et je vais tout faire pour ça." Rien ne lui garantit en effet d’entrer un jour sur la glace du Centre Bell, mais le natif de Saint-Louis (Missouri) a montré la saison dernière qu’il avait de belles qualités.

"Je me définis d’abord comme un joueur offensif, qui peut marquer des buts mais aussi faire des passes décisives. J’ai une bonne taille et une bonne accélération donc je peux aussi jouer en checking line (ligne de trois joueurs spécialisés en défense), affirme-t-il, lui qui a inscrit 36 buts et 35 assistances (soit 71 points) aux Kamloops Blazers, une équipe de la Western Hockey League (l’une des trois ligues juniors de la Canadian Hockey League). J’ai fait une très bonne saison. Je m’étais fixé des objectifs assez élevés. De faire un point par match, en marquant 36 buts, ça a peut-être surpris beaucoup de gens mais pas moi. Je connaissais mes qualités." Des qualités qui ont visiblement séduit les dirigeants montréalais.

Prêt à "aider" les Bleus

Il faut dire, aussi, que "Tim" Bozon a tout fait pour sortir du lot, quitte à prendre des risques malgré son jeune âge. "Jouer dans la CHL, c’est le meilleur chemin pour arriver en NHL, il y a plus de scouts, explique-t-il. J’ai choisi la WHL parce que c’est plus dur, il y a plus de voyages, les défenseurs sont plus gros. Il faut vraiment être fort mentalement et je voulais un peu me tester par rapport à ça. J’aurais pu aller dans la Québec League (une autre division de la CHL, ndlr) mais j’ai préféré aller dans une ligue plus difficile pour voir ce que je valais et finalement, c’était un très bon choix." Reste à s’imposer chez les grands, au sein de la franchise la plus titrée de la NHL mais qui, en 2011-12, a terminé dernière de la conférence Est.

Le contexte d’une équipe en reconstruction, désormais entraînée par Michel Therrien, pourrait donc être favorable pour lui. Et pour l’équipe de France, qui a failli atteindre les quarts de finale du dernier Mondial et pourra compter, à l’avenir, sur un joueur prometteur. "J’ai choisi la France parce que mon grand-père a joué pour ce pays, mon père aussi, il est même au Hall of Fame, rappelle-t-il, conscient que la succession sera difficile à assumer. Il n’y avait aucune question à se poser. J’aurais aussi pu demander le passeport suisse (sa famille réside à Lugano, ndlr) ou américain mais c’est bien d’aider l’équipe de France qui est en développement. Je serais vraiment fier de devenir le prochain Français à jouer en NHL et à porter ce maillot." C’est tout ce qu’on lui souhaite.

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