Grange, le retour

Jean-Baptiste Grange a rechaussé les skis cette semaine à Tignes. (Reuters)

Jean-Baptiste Grange a rechaussé les skis cette semaine à Tignes. (Reuters)

Une première étape. Après son opération du genou droit au printemps dernier, Jean-Baptiste Grange est sur le point de retrouver la compétition. Le champion du monde de slalom, qui a retrouvé le groupe technique de l’équipe de France cette semaine lors d’un stage à Tignes, indique qu'il ne brûlera pas les étapes et se montre mesurée en termes d'objectifs.

Le bout du tunnel. Ce n’est pas encore l’heure de tutoyer les piquets de slalom mais Jean-Baptiste Grange a au moins retrouvé le plaisir de la glisse et rechaussé les skis cette semaine sur le glacier de Tignes. Un cap important pour le Français, opéré au printemps dernier du genou droit, le même qui avait déjà lâché à l’automne 2009 le privant des Jeux Olympiques de Vancouver. Hors de question de griller les étapes, il fallait avant tout retrouver ses marques.

"Je me dis que c’est le bon moment, confiait-il lundi avant de rechausser les skis. Ça va bien, musculairement, j’ai bien récupéré, fait de bonnes séances de musculation mais il y aura encore du boulot physique. Il va falloir alterner les séances de ski et le travail de préparation. Ce sera une reprise de sensations, de confiance aussi au niveau du genou, une prise d’informations pour voir comment réagit le genou et adapter ensuite les exercices physiques. Si tu y vas trop fort, tu peux être sûr que tu auras rapidement des douleurs."

Le tendon rotulien l’interroge. "Cette fois, il a été touché et c’est plus compliqué. Je vais avoir certainement plus de douleurs sur la reprise de skis. Je sens que le genou est un peu serré, il se tend un peu. Il va me falloir du temps." Du temps et de l’adaptation puisque le skieur de Valloire va devoir composer avec ces fameux nouveaux skis, si critiqués. "On verra ce que ça donne en géant mais de ce que j’ai fait, je trouve que ce sont des skis plus à risques. Ils demandent plus à chaque virage pour tourner, ils peuvent surprendre en partant tout droit, tu fais des petites fautes, ça tire plus sur les genoux."

De retour à Beaver Creek ?

Et le dos, si problématique la saison dernière et qui pourrait être aussi davantage sollicité avec ce nouveau règlement ? "J’ai beaucoup bossé dessus en juin mais ça n’a pas été simple. Il a fallu à la fois bosser sur le genou, le dos. J’en ai assez, ça use. Au bout d’un mois et demi, de fin mai à fin juillet, j’ai eu tous les jours mal au dos. Il faut tout le temps penser à ce que tu fais: comment marcher, comment courir. J’ai envie de penser au ski maintenant." Mercredi, une part des interrogations étaient levées au soir d’une première séance dans le brouillard du glacier savoyard, le jour de ses 28 ans. Jeudi, avec le soleil revenu, le champion du monde de slalom a pu poursuivre sa quête de sensations.

Grange peut désormais penser à la suite, qu’il avait déjà brièvement évoquée à 48 heures de sa reprise. "L’idéal pour moi serait de partir aux États-Unis en étant bien, de pouvoir m’entraîner là-bas avec les autres, de skier, faire quelques Nor-Am (manches de Coupe Américaine, servant souvent de préparation, ndlr) pour m’aligner sur des courses et partir sur le Géant de Beaver Creek". Déjà, il entrevoit plus loin mais presque secrètement, pour ne pas être déçu: "J’aimerais être dans les 15 aux Mondiaux pour avoir un bon dossard. Si tu veux jouer une médaille, c’est important d’y être même si à Are en 2007, je pars avec le dossard 22 et termine troisième. En plus, j’étais jeune et sans expérience. Ça va dépendre de mon dos et de mon entraînement. Je ne l’espère pas mais ce sera peut-être une année de transition. On verra mais je ne suis plus pressé." Ce vendredi, le bilan était encourageant selon l’entourage des Bleus. Satisfait de sa reprise, Jean Baptiste Grange n’aurait évoqué "aucun ressenti néfaste". La préparation physique va donc pouvoir se poursuivre. L’hiver paraît d’un coup plus proche.