Tournoi de 6 Nations - XV de France - Yoann Maestri : " On a cette envie de ne rien lâcher "

Tournoi de 6 Nations - XV de France - Yoann Maestri : " On a cette envie de ne rien lâcher "©Media365
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Cédric ROUGER, publié le mardi 31 janvier 2017 à 17h50

À quelques jours du début du Tournoi des 6 Nations, le deuxième ligne du XV de France Yoann Maestri revient sur la performance qu'il faudra réaliser pour faire tomber les Anglais, champions en titre, à Twickenham.

Yoann Maestri, Guy Novès a déclaré que cette semaine le XV de France passait en mode commando. Comment est-ce que ça se traduit le « mode commando » ?

On a redoublé d'effort la semaine dernière en regagnant le stage, et cette semaine on se concentre essentiellement sur ce qu'on va mettre en place à Twickenham. On a encore plus resserré les liens autours de notre équipe, et on a fait en sorte qu'on soit le mieux préparé possible pour ce week-end.

Quel est l'objectif de ce week-end ?

L'objectif c'est de faire un grand match en Angleterre. On attend autre chose que notre dernier déplacement là-bas lors du Tournoi. Un grand match ça veut dire rivaliser avec les Anglais et surtout aller chercher un résultat. Résultats qui nous manquent depuis quelques temps, même si on constate des améliorations dans le jeu. Par rapport aux Anglais qui restent sur énormément de victoire consécutives, nous il nous faut un résultat probant et on a déjà l'adversaire, le numéro deux mondial. Donc le défi est un gros challenge à relever.

Est-ce plutôt une bonne chose de commencer par les Anglais dans ce Tournoi, puisque vous serez frais après deux semaines de repos ?

Je ne sais jamais si c'est une bonne chose de commencer par les Anglais ou par une autre équipe. L'important c'est de bien commencer, et nous on a hâte de faire une grosse prestation.

Par rapport aux deux matchs face à l'Australie et la Nouvelle-Zélande pendant la tournée d'automne, qu'est ce qui peut vous donner confiance pour affronter les Anglais ?

 Ce qui peut nous donner confiance c'est notre solidarité collective, que ce soit en attaque mais aussi en défense. Et surtout cette envie de ne jamais rien lâcher, même face à des adversaires qui sont meilleurs que nous au niveau de leurs résultats. On a montré qu'on pouvait rivaliser dans pas mal de domaines.

Est-ce que vous êtes revenu sur le match de l'année dernière qui était très difficile face à l'Angleterre. Qu'est-ce que vous en avez retenu ?

On a appris beaucoup de choses. L'année dernière ils étaient venus gagner à Paris. Le match était serré jusqu'à la fin, on avait fait pas mal d'erreurs qui nous coûtaient très cher, même si on avait su par moment les mettre en difficulté. Ce qu'il faut c'est garder le positif et éliminer le négatif. On sait que cette équipe a évolué depuis ce match-là, nous aussi. Donc tout est remis à zéro et c'est désormais un nouveau Tournoi qui démarre.

Pensez-vous que l'équipe d'Angleterre possède la meilleure équipe au monde aujourd'hui ?

Selon les résultats, pas loin. Est-ce qu'ils sont meilleurs que les Blacks, je ne sais pas. Mais par rapport à l'année passée, ce qu'ils ont fait les place dans le top niveau mondial.

Qu'est-ce que vous craignez le plus chez ces Anglais ?

Ce que l'on craint le plus c'est leur puissance collective. Quand vous enchaînez je crois 14 victoires ensemble, ça crée dans un sport collectif comme le rugby une confiance et une osmose très importante. Mais heureusement tout cela peut être remis en question, puisque la confiance dans le sport peut vite retomber lors d'un affrontement.

Puisque les Anglais mettent beaucoup de rythme et d'intensité grâce à l'apport d'Eddie Jones, comment est-ce que vous, les avants, vous attendez à gérer et à répondre ?

Comme on l'a fait face aux Australiens, aux Blacks, et même pendant la tournée d'été face à l'Argentine. C'est-à-dire en élevant notre niveau et en mettant le plus de rigueur possible.

Est-ce que l'absence de Wesley (Fofana) vous inquiètes dans le groupe, et est-ce que Gaël Fickou a la capacité de le remplacer ? Quelles sont ses qualités ?

Alors tout d'abord on est très déçu de l'absence de Wesley, comme ça l'aurait été pour n'importe quel joueur et que ça l'a été par le passé pour François Trinh-Duc contre les Samoas. Ça fait toujours de la peine de voir un co-équipier se blesser gravement. Maintenant si vous me demandez si je crois en Gaël Fickou, bien sûr que oui. Je joue avec lui depuis des années et je sais très bien l'étendue des capacités qu'il peut montrer sur le terrain et le talent qu'il a. Au niveau de ses qualités, je vais peut-être en oublier, mais tout d'abord la vitesse. La défense, l'abnégation, l'esprit d'équipe, la lecture du jeu. Je ne suis pas impartial mais je pense qu'il a toutes les qualités du grand joueur à son poste et je pense qu'il le démontre depuis pas mal de temps. C'est encore un jeune joueur, donc ça viendra avec le temps.

Qu'est-ce que ce serait un Tournoi réussi pour le XV de France ?

Avant de chercher un Tournoi réussi je pense qu'on va se concentrer sur le premier match. Ça dépendra énormément de la première rencontre. On n'est pas encore à la fin du Tournoi, c'est dans longtemps. Tous les objectifs qu'on va devoir relever je ne sais pas si ça pourra se faire, et surtout ce sera match après match. Vu notre dernier tournoi, je pense que l'on n'est pas en capacité de faire des plans sur la comète. D'abord ce sont les Anglais, et ensuite il y aura d'autres gros morceaux qui arriveront. Et les autres ne vont certainement pas arriver la fleur au fusil. Dans tous les cas il faudra relever le niveau et relever le défi. Mais on a envie de provoquer l'adversaire et de le faire déjouer, d'installer notre jeu. Il y a une revanche à prendre. On n'y pense pas vraiment mais bien sûr qu'il y a une revanche. Même si on arrivait à enchaîner les victoires, les récents événements et ce que l'on a vécu en équipe de France nous ferait quand même garder les pieds sur terre.

Comment analyses-tu la progression des Anglais depuis leur sortie avant les 1/4 de finale de leur Coupe du Monde ?

Je pense qu'ils ont pris une grosse claque. Cette claque est liée à leur parcours mais aussi aux parcours d'équipes qui étaient dans leur poule. Il faut rappeler que leur poule était très dense malgré le fait que la compétition se jouait chez eux. Ils ont su calmement mais surement remettre certaines choses en question. Beaucoup de gens annonçaient que le groupe allait se séparer et qu'il ne resterait que 40% de l'effectif. Au contraire. Ils ont fait confiance à 90% des joueurs présent à la Coupe du Monde. Et petit à petit avec le travail, l'intelligence et la rigueur dans le jeu ils ont enchaînés les victoires et collectivement ils ont retrouvé une vraie confiance qui est importante et qui imprime le rythme sur leurs adversaires.

Est-ce que vous vous attendez à des changements dans le système anglais ?

Non. Je pense qu'ils vont rester sur des choses très simples qu'ils affectionnent. On  a pu se rendre compte que peu importe les joueurs ou les compositions d'équipes, il y avait un jeu clair et respecté de tous et c'est pour cela qu'ils ont des résultats aussi probants.  

 
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