Escale à Perpignan

La présentation en grandes pompes du nouvel effectif perpignanais. (Maxppp)

La présentation en grandes pompes du nouvel effectif perpignanais. (Maxppp)

Comme lors de chaque période estivale, notre rédaction vous propose un tour de France des clubs de Top 14 avant le début des hostilités prévu le 17 août prochain. Au menu ce mardi, Perpignan qui, après une saison des plus périlleuses, ponctuée par une 11e place au classement général, espère se refaire la cerise parmi l'élite sous la houlette de Marc Delpoux.

LA SAISON DERNIERE
Evoquer la saison dernière à Perpignan ces temps-ci, c’est s’exposer à coup sûr à l’œil noir des acteurs de ce dernier exercice passé à flirter dangereusement avec la zone de relégation. "Je n'ai pas trop envie d'y repenser, je préfère me projeter vers l'avant", lâchait ainsi, à l’heure de la reprise de l’entraînement, le capitaine Nicolas Mas, cité par L’Indépendant. L’expression d’un traumatisme pour tout un groupe qui, déjà dépossédé de son statut d’européen la saison précédente, va échouer à la onzième place du Top 14. Une saison en enfer que laissait déjà présager l’éviction de Jacques Delmas après dix journées de championnat. L’usure d’un groupe sacré champion de France trois ans plus tôt, orphelin du sorcier Jacques Brunel, aura fini par aboutir à ce long calvaire, conclu sur un sauvetage in extremis. "Cette saison cauchemardesque représente évidemment un point d'ancrage, on va s'en servir pour ne pas commettre les mêmes bêtises, veut croire Mas. Mais Il faut vite l'évacuer, ne serait-ce parce les nouveaux ne l'ont pas vécue. Il faut prendre de la distance".

LA PHRASE : "On ne souffle pas sur du bois mort. Les braises sont là, j’espère que le feu va repartir." (Patrick Arlettaz, entraîneur des arrières, dans Sud-Ouest)

Face à un tel marasme, la chance de l’Usap, c’est à n’en pas douter cette page blanche offerte à Marc Delpoux et à un staff tout neuf. Pour impulser une nouvelle dynamique indispensable. Seize ans après avoir quitté le club en tant que joueur respecté et craint du pack sang et or, Delpoux revient fort d’une réputation de technicien reconnu qu’il a construite à Narbonne, puis en Italie, à Calvisano, mais plus encore à travers le maintien salué par tous de Bordeaux-Bègles la saison dernière. L’ancien troisième ligne a eu les coudées franches pour s’entourer avec Giampero De Carli (entraîneur des avants) – il fut sacré champion d’Italie avec lui à Calvisano - et Patrick Arlettaz (entraîneur des arrières) – ils évoluèrent ensemble à Perpignan et à Narbonne - d’hommes de confiance. Chez ces trois-là, un seul et même discours: l’Usap ne repart pas de zéro. "L’Usap n’est pas en reconstruction parce que ça signifierait que tout était par terre, ce qui n’est pas le cas ; l’Usap entame une ère nouvelle", martèle Delpoux qui, conscient de l’ampleur du chantier, brandit le soutien de ses dirigeants: "On ne va pas juger cette équipe sur son premier match qu’il soit positif ou négatif. C’est bien le discours sur lequel on s’est bien fait comprendre auprès des actionnaires".

LE RECRUTEMENT
"L'avenir nous le dira, mais je crois qu'il est très bon". De la part de Jacques Brunel, l’homme qui mena l’Usap au Brennus en 2009, cette appréciation du recrutement perpignanais a valeur de validation. Le visage du club catalan est bouleversé avec le départ à la retraite ou vers d’autres cieux d’un pan entier de la génération sacrée sous les ordres de Brunel (Mermoz, Chouly, Porical, Freshwater, Olibeau, Le Corvec, Tonita, Grandclaude, Tincu, Britz…). Et avec du staff Goutta-Manas.
Pour une vingtaine d’arrivées à l’intersaison qui font prendre conscience du lourd travail d’intégration à entreprendre pour parvenir à régler un collectif à ce point chamboulé. Et si les entraîneurs battent en brèche l’idée d’une perte d’identité, la colonie étrangère a à peine grossi ses rangs, passant de huit à onze ressortissants (Strokosh, Narraway, Eastwood, Mafi, Charteris, Piukala, Taumalolo…). Plus que la menace qui pèserait sur la catalanité de l’effectif, concept un brin dépassé, on notera plutôt, qu’à la différence du pack, tous les postes des lignes arrières seront doublés par des Espoirs. La formation catalane reste à l’honneur...

LE JOUEUR A SUIVRE Sona TAUMALOLO
Marc Delpoux en convient: "Il faut rendre à Cesar ce qui lui appartient, je ne suis pas responsable du recrutement de Taumalolo. Mais je dois reconnaître que si j’avais eu un pilier gauche à recruter et qu’on m’en avait donné les moyens, j’aurais fait la même chose. Le club avait bien travaillé avant moi". Vainqueur du Super 15 avec les Chiefs ce week-end, Sona Taumalolo, recruté en novembre dernier sous l’ère Delmas, a crevé l’écran tout au long de la compétition, indispensable à la première ligne de la franchise de Waïkato. "Tout pilier moderne doit avoir pour première qualité d’être bon en mêlée, avertit le manager catalan au sujet du successeur annoncé de Perry Freshwater. Et si en plus il nous apporte de l’activité, du déplacement, beaucoup de défense, comme j’ai vu Taumalolo le faire dans ce Super 15, alors tant mieux pour nous". Un Tongien capable tout de même d’inscrire neuf essais dans la compétition ! "Mais le déplacement, marquer des essais, faire avancer tous les ballons, ça ne sert à rien à un pilier si vous n’êtes pas bon en mêlée".

L’OBJECTIF
On l’aura compris, cette Usap new-look a besoin et réclame du temps avant de pouvoir être jugée sur sa valeur réelle. Le travail engagé par Delpoux et son staff est de longue haleine. Dans ces conditions, et à en croire le nouveau manager catalan, aucun objectif comptable ne lui aurait été assigné par le président Goze. "On est aujourd’hui tellement impliqués dans le présent qu’on a du mal à se projeter, reconnaît-il. C’est d’ailleurs pour cela qu’on n’a même pas défini avec les joueurs d’objectif comptable à long terme. Le seul mot qui m’importe, c’est travailler. Donnons-nous comme objectif des objectifs de jeu et les résultats arriveront. Sinon on va se planter et je n’ai pas envie de nous mettre une pression excessive de ce point de vue-là".

LE PRONOSTIC DE LA REDAC 3/5

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