Dulin: "J'ai fait le bon choix"

Brice Dulin tout en humilité à l'heure de débuter sa nouvelle carrière castraise. (Brice Dulin Facebook)

Brice Dulin tout en humilité à l'heure de débuter sa nouvelle carrière castraise. (Brice Dulin Facebook)

Comme lors de chaque période estivale, notre rédaction vous propose un tour de France des clubs de Top 14 avant le début des hostilités prévu le 17 août prochain. Focus ce mardi sur le Castres Olympique à travers sa nouvelle recrue, Brice Dulin. Le nouvel international français, arrivé d'Agen, souhaite passer un cap dans le Tarn.

Brice, comment s’est déroulée votre intégration sous vos nouvelles couleurs ?
Depuis que je suis arrivé, les joueurs m’ont accueilli à bras ouverts et je dois dire que je me régale. Pour le moment, ça n’est que du positif.

On a la sensation que lorsqu’on est comme vous un jeune joueur, et malgré le manque de reconnaissance dont souffre le club, Castres est devenu dans ce championnat un club attractif par son jeu et par ses entraîneurs…
Je dirai par ses résultats aussi. Ça fait trois ans que cette équipe n’arrête pas de franchir des caps supplémentaires. Et sur le plan du jeu produit chaque saison, il faut reconnaître que c’est joli à voir et, pour le peu que j’ai eu la chance de pratiquer, c’est agréable aussi à jouer. Le tout avec de très bons joueurs, d’excellents entraîneurs, donc oui, j’avais un réel désir de rejoindre ce club et d’après ce que j’ai pu en voir depuis quatre semaines, j’ai fait le bon choix. Parce que tout est bien cadré, tout est mis en œuvre pour que les joueurs progressent et que le collectif fonctionne avec.

Que reste-t-il de vos années agenaises à l’heure de ce nouveau départ ?
Déjà Agen reste ma ville, où j’ai ma famille et tous mes amis, donc j’y reste attaché quoi qu’il arrive. Mais de mes années rugby, je dirai tous ces paliers que j’ai eu la chance de franchir là-bas. De mes débuts chez les jeunes à mes premiers pas en équipe première, j’ai participé à la remontée de Pro D2 en Top 14, jusqu’à ce maintien et cette dernière saison correcte. De très bons moments, des matches énormes contre de grosses équipes. Il y avait une forme d’aboutissement, beaucoup de joueurs, je crois, aimeraient atteindre le Top 14 avec leur ville d’origine. Et puis le fait d’avoir obtenu cette sélection avec Max (Machenaud), alors qu’on était encore agenais, c’est aussi une grande fierté.

"International, je peux ne plus l’être jamais"

Justement est-ce que ce nouveau statut d’international vous procure un supplément de confiance à l’heure d’entamer un nouveau cycle à Castres ?
(catégorique) Non. International, je l’ai été en juin, durant cette tournée d’été, mais je peux ne plus l’être jamais. Mais c’est toujours compliqué d’arriver dans un nouveau club, où l’effectif a peu évolué. Je dois vite m’intégrer dans le système, y trouver mes repères et les automatismes avec mes nouveaux coéquipiers parce que le championnat commence vendredi. C’est compliqué, mais c’est aussi un challenge supplémentaire, qui permet d’élever son niveau de jeu pour y parvenir.

Ça signifie que vous faites de cette tournée en Argentine avec les Bleus une parenthèse et rien d’autre ?
Evidemment, j’en suis très heureux, c’était quelque chose d’extraordinaire. Mais si j’en suis arrivé là, c’est aussi parce qu’à Agen, les choses se sont bien passées et qu’autour de moi, des joueurs m’ont permis un peu de « briller ». En général, lorsqu’un joueur sort du lot, c’est que ses partenaires font ce qu’il faut aussi. C’est pour cette raison que j’ai vraiment le souci d’intégrer ici au plus vite le projet de jeu pour pouvoir ensuite prendre les meilleures décisions afin que le collectif soit le mieux rodé possible et puis que par la suite, j’essaye de me démarquer un petit peu. Mais ça se fera avec le temps et ça va être compliqué parce que je reste encore un peu perdu. Et il faut bosser, il n’y a pas de secret.

Un maître mot donc, c’est l’humilité avant tout…
Forcément, je n’ai que 22 ans ; je pense que j’ai encore 60, 70 % de choses à apprendre, je ne découvre le Top 14 que depuis deux ans. C’est beaucoup de travail pour un peu plus de facilité par la suite. Je me suis fixé énormément d’objectifs personnels pour parvenir à passer un cap au niveau rugby et physiquement aussi pour être plus performant tout au long de la saison. Ça va être compliqué, ça nécessite de gros efforts pour arriver à quelque chose de petit.

Ce manque de reconnaissance et d’exposition dont avouent souffrir les entraîneurs à ne vous a pas freiné dans votre désir de rejoindre Castres ?
Je m’attache surtout à ce qui se passe sur le terrain et à la façon dont évolue cette équipe. Et Castres, moi, je les regarde en phase finale depuis quelques années et on sait que c’est une équipe performante. J’avais aussi quelques contacts avec deux ou trois joueurs ici. On sait que, comme à Agen, ce n’est pas une grande ville, pas très médiatisée, mais à force, de par les résultats, on finit par parler du club. C’est aux joueurs de faire en sorte que Castres se maintienne au meilleur niveau pour qu’on continue de parler de nous, voire même un peu plus. Après je comprends le discours des entraîneurs parce que ça fait quelques années qu’ils tournent et on ne parle pas suffisamment d’eux ou en tout cas, pas assez souvent.

"M’obliger à grandir que ce soit dans la vie ou dans mon rugby"

Quel discours vous ont tenus les deux entraîneurs et sur quels points escomptez-vous progresser cette saison ?
C’est déjà d’essayer de retrouver ces repères qui étaient les miens la saison dernière et avec cette confiance que j’avais réussi à construire au fil des matches, mais aussi essayer d’avoir un maximum de temps de jeu parce qu’on va se partager le poste avec Romain Teulet. Ils ont été sympas pour m’accorder le temps de m’acclimater au club et à la ville, mais ils m’attendent aussi sur une régularité dans la performance, avant de me fixer des objectifs sur chaque match au fil de la saison pour progresser.

La cohabitation avec Romain Teulet, il faut l’aborder avant comme une chance de pouvoir évoluer au côté d’un joueur d’une telle expérience ?
Ça fait plus de dix ans qu’il évolue dans l’élite et il est justement connu pour la régularité de ses performances ; c’est quelqu’un toujours juste dans ses choix, ne serait-ce qu’en matière de jeu au pied, je suis sûr qu’il va me faire progresser énormément. Sans compter son approche et son expérience, il va pouvoir me transmettre beaucoup. Ça va rester dans cette optique, on n’est pas là pour se pourrir la vie.

Vous allez découvrir la H Cup la saison. C’est là aussi le meilleur palier pour espérer retrouver l’équipe de France l’automne prochain ?
J’ai vécu un moment extraordinaire en Argentine, j’y ai côtoyé des joueurs qui évoluent en équipe de France depuis des années. Ça donne envie d’y revenir, mais on est énormément dans ce championnat à postuler. En tout cas, ce genre de gros matches, que ce soit la H Cup ou à travers de gros rendez-vous du Top 14, doit permettre de s’étalonner et de se jauger. Si on n’est pas au niveau, on sait le travail qui reste à faire, et si on l’est, ça incite à être encore plus perfectionniste pour espérer goûter de nouveau à ce genre de plaisir. Mais rien n’est acquis. C’est le travail qui paye et il faut toujours en faire un peu plus pour espérer y arriver.

Les commentaires élogieux qui ont suivi vos débuts en bleu n’ont pas pu vous échapper. Vous sentez-vous particulièrement attendu à l’aube de cette nouvelle saison ?
Non, disons qu’on le sait, mais je n’y prête pas attention, vraiment. J’aspire surtout à renouer avec mes meilleures sensations. Si je veux repasser par là, il me faudra être performant avec Castres et y avoir du temps de jeu. Je fais en sorte de mettre toutes les chances de mon côté. Ça peut être une saison un peu dure, mais c’est un beau challenge à relever. Certaines personnes ont pu me dire que ce n’était pas le bon moment. L’avenir me le dira… En tout cas, ça va me sortir de ma routine, de mes repères, peut-être m’obliger à grandir que ce soit dans la vie ou dans mon rugby.

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