Pour le Piri et le meilleur

Piri Weepu est de retour avec les All-Blacks. (Reuters)

Piri Weepu fêtera samedi sa première titularisation avec les All-Blacks dans le Four Nations, lors du match contre l'Afrique du Sud, comptant pour la quatrième journée de cette compétition. Le demi de mêlée, champion du monde, a bien profité de son couronnement.

Il aura fallu un concours de circonstances pour permettre à Piri Weepu (29 ans, 63 sélections) de retrouver un statut de titulaire sous le maillot all black que le demi de mêlée n’avait plus connu depuis le 23 octobre dernier et la finale de la Coupe du monde victorieuse (8-7) face à la France. Réduit depuis l’ouverture de ce premier Four Nations à jouer les utilités avec en tout et pour tout 35 minutes de jeu accumulées à l’occasion d’entrées en jeu anonymes, pour la plupart en fin de rencontres, le joueur des Blues d’Auckland s’avoue lui-même "un peu tout piteux" de succéder au jeune Aaron Smith pour… des raisons disciplinaires.

Pour avoir enfreint le code de bonne conduite des All Blacks en ne respectant pas le couvre-feu à l’issue de la difficile victoire face à l’Argentine (21-5) samedi dernier, à Wellington, Smith, révélation en n°9 sous le maillot des Highlanders, devenu indiscutable à son poste en l’espace de six sélections, a perdu momentanément la main et offert à Weepu un inespéré retour en grâce pour un joueur qui, il y a encore quatre mois, n’avait plus grand-chose à voir avec un professionnel digne de ce nom. Au point d’obliger le sélectionneur Steve Hansen à lui poser un ultimatum : à peu de choses près, la diète ou la porte.

Jusqu’à 106 kilos sur la balance !

Il faut dire que Weepu, à l’issue du sacre mondial, a su fêter comme il se doit ce couronnement historique des All Blacks attendu par toute une nation depuis 24 ans. Dans la foulée d’une finale pourtant totalement ratée, au cours de laquelle sa terrible défaillance, notamment dans le jeu au pied, faillit coûter la victoire aux siens, l’emblématique leader du haka s’est plutôt laissé vivre pour culminer lors de la reprise de l'entraînement avec sa province des Blues à… 106 kilos sur la balance ! A peine passé sous le quintal (99,7 kg) à l’issue d’une saison de Super 15 qu’il aura traversé tel un fantôme, à l’image de son équipe, Weepu était placé face à ses responsabilités en mai dernier, lors du rassemblement des Blacks à l’aube de cette nouvelle saison internationale, condamné par Hansen à atteindre en une semaine les 96 kilos, son poids de forme durant la dernière Coupe du monde.

Triste extrémité pour un joueur de ce calibre qui, aujourd’hui, mesure sa chance. "Je me sens un peu tout piteux de revenir ainsi pour des raisons disciplinaires, a avoué un Weepu mal à l’aise face à la presse néo-zélandaise, mais je me dois de saisir cette opportunité. Quand j’étais jeune, j’adoptais cette attitude qui consiste dans une telle situation à essayer de jouer mieux que vous ne l’avez jamais fait auparavant, c’est ce que je m’emploie à faire ce week-end", a-t-il déclaré au Dominion Post. Par-delà cette gêne apparente, Weepu, c’est une évidence, entend prouver samedi, à Dunedin, face aux Springboks, qu’il reste, malgré ses récents écarts, un authentique compétiteur.

Plus que l’embonpoint, dont il a su se délester, le joueur d’origine maori prétend qu’il se sent aujourd’hui mentalement plus léger après la récente écriture et promotion  de son autobiographie intitulée Piri : Toujours droit. Une initiative qu’il aura abordé d’abord de manière plutôt sceptique, mais dont il a finalement retiré le meilleur : "J’ai reçu beaucoup de tweets de réaction de lecteurs, qui m’ont apaisé en me disant qu’ils avaient apprécié le livre et qu’ils avaient depuis une meilleure compréhension de qui je suis, ce qui est vraiment positif. C’était bon d’en parler, pour tout dire d’évoquer ce pourquoi j’ai été critiqué toute l’année (mon poids), souligne un Weepu qui a fait de l’exercice une véritable thérapie. "C’est la personne que je suis, je ne me préoccupe pas vraiment de ce que les autres pensent…, avance-t-il, là sans vraiment convaincre. Même s’il conclue : "Je pense que je suis quelqu’un de direct et droit." Sa catharsis derrière lui, Weepu devra savoir l’être aussi dans le jeu samedi face à des Springboks sous pression.

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