Dulin: "Deux bonnes nouvelles"

A 22 ans, tout sourit à un Brice Dulin conscient de la fragilité de cette réussite, mais bien décidé à répondre aux attentes placées en lui.

A 22 ans, tout sourit à un Brice Dulin conscient de la fragilité de cette réussite, mais bien décidé à répondre aux attentes placées en lui.

Appelé en équipe de France pour la tournée d'automne, quelques heures après avoir nommé révélation de la saison dernière, Brice Dulin a connu un début de semaine faste qu'il espère prolonger en Coupe d'Europe avec Castres. Le CO reçoit en effet Northampton, vendredi, lors de la 2e journée de H Cup.

Brice, comment avez-vous vécu ce riche début de semaine entre la Nuit du Rugby et votre rappel en équipe de France ?
Ça met en confiance, c’est certain. Deux aussi bonnes nouvelles en deux jours, je les prends volontiers. Et s’il pouvait y en avoir une troisième… Pour le moment, je n’ai pas à me plaindre. Dès lundi soir, j’en ai profité au maximum parce que ce trophée de la révélation de la saison, par définition, on ne peut l’obtenir qu’une seule fois. C’est la reconnaissance de mes pairs, et puis mardi, la sélection pour couronner le tout, je ne peux qu’être très heureux. Et c’est d’ailleurs pour cela qu’il me tarde de rejouer (il avait été laissé au repos face à l’Ulster, ndlr) pour exprimer la joie qui m’habite. C’est beaucoup plus facile d’évoluer la tête libre, il faut en profiter. Parce que ça peut aller très vite.

L’annonce du départ en fin de saison de vos entraîneurs, dont le discours a contribué à vous faire venir à Castres, ne gâche-t-il pas un peu votre plaisir ?
Cette saison, ça ne change rien. N’oublions pas qu’ils ne sont pas encore partis. Après, on verra… Cette saison est suffisamment longue et chargée pour ne pas se projeter déjà sur la prochaine. On a bien commencé et j’espère qu’on va bien finir. Le plus important, c’est qu’avec ce groupe, on fasse quelque chose de beau. Les coachs ont eu cette volonté de se déclarer très tôt pour permettre aux joueurs en fin de contrat de prendre leur décision, au club de se mettre en quête d’un autre staff. C’est aussi une forme de respect de leur part envers l’effectif, dans cette approche humaine qui fait que jusqu’au bout, tout le monde sait qu’ils donneront le maximum. Les relations entre les entraîneurs et le président sont très bonnes. Il n’y a aucun souci et ça ne change rien par rapport à la vie du groupe et à ce qui se passe sur le terrain.  

Capable de tutoyer les meilleurs en Top 14, Castres a semblé afficher ses limites sur le front de la Coupe d’Europe lors de cette lourde défaite inaugurale en Ulster (41-17)...
C’est toujours compliqué d’entrer dans cette compétition, d’autant plus à l’extérieur, et d’autant plus en Ulster pour nous. C’était loin d’être un match facile. Même si le score est un peu sévère et même si on n’a sans doute pas su se montrer aussi performant qu’on l’a été depuis le début du championnat, cette équipe irlandaise s’est montrée hyper réaliste. Mais Castres a été loin d’être ridicule sur ce match.

Le discours de vos entraîneurs a-t-il été avant tout positif malgré l’ampleur du score final ?
Ils sont complètement dans cette optique-là pour que l’on puisse continuer à avancer et conserver cette confiance en nous. Il n’y a rien de catastrophique dans cette défaite, on peut s’en vouloir parce qu’il y avait sans doute la place et la possibilité de faire autre chose. Mais cela ne sert à rien de s’alarmer ou de remettre en question tout notre système. Ils ont été meilleurs que nous, il faut aussi savoir se l’avouer. Ça nous permet aussi d’avoir en tête les exigences de cette Coupe d’Europe, de bosser dessus et d’avancer.

Le contexte européen et notamment d’un arbitrage plus spécifique à cette H Cup a semblé poser difficultés, notamment en seconde période…
Il faut savoir s’adapter à l’arbitrage, mais aussi savoir parfois s’en servir. Ils sont plus habitués que nous aux spécificités de l’arbitrage anglo-saxon, mais il faut savoir s’adapter, je le répète. Dès qu’on passe à un match proche d’un niveau international, il faut savoir évaluer l’arbitre, le faire assez vite, dès les premières minutes, connaître ses réactions sur différentes phases. Mais c’est forcément plus compliqué de s’attacher à ça quand vous comptez déjà vingt points de retard… Comme c’était le cas pour nous sur ce premier match. Et malgré tout, il y a eu des choses encourageantes et on ne s’alarme pas. En tout cas, il n’y a pas à se poser vingt mille questions.
C’est à la fois la difficulté et le charme de cette compétition : pas le temps de souffler qu’un vice-champion d’Europe en remplace un autre avec ce match face à Northampton…
On joue la H Cup pour jouer ce genre de matches et, sans faire injure aux équipes italiennes ou autres, pour affronter ces grands clubs performants dans leur championnat –l’Ulster et Northampton sont leaders respectivement en Ligue Celte et en Premiership. Ça nous permet de nous préparer en conséquence, c’est motivant et on en envie d’y être dès le lundi.

Que vous inspire cette équipe de Northampton ?
C’est un système de jeu très ancré, avec des joueurs très puissants, une défense bien en ligne , solide, un jeu au pied d’occupation souvent très performant ; si on peut parvenir à leur faire perdre de vue ces repères, ce sera plus facile, mais le problème, c’est qu’ils évoluent ont cette capacité à rester très constants, très solides et très sûrs. L’objectif, c’est de les faire sortir de leurs schémas. Mais si c’était si facile, ça se saurait…

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