CAN 2012
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Tout le monde veut prendre sa place

La Coupe d'Afrique des Nations 2010, en exclusivité sur Orange sport, débute dimanche avec le match d'ouverture entre l'Angola et le Mali. Deux formations qui pourraient venir jouer les trouble-fête dans une compétition plus ouverte que jamais et surtout nivelée vers le haut. Si la Côte d'Ivoire semble une nouvelle fois au-dessus du lot, sept nations peuvent envisager de succéder à l'Égypte cette année.

Double tenante du titre, l'Égypte espère réaliser la passe de trois. (Reuters) Double tenante du titre, l'Égypte espère réaliser la passe de trois. (Reuters)
Groupe A : Angola, Malawi, Mali, Algérie
Après avoir décrochée une qualification historique, dans des conditions épouvantables, pour la Coupe du Monde 2010, l'Algérie souhaite valider son nouveau statut en créant la surprise dans cette CAN. Présents dans le groupe le plus homogène de la compétition, les Fennecs ont les arguments pour confirmer cette bonne passe, alimentés par l'expérience des expatriés et l'insouciance des locaux. La formation de Rabah Saâdane, qui entame l'épreuve avec plusieurs incertitudes, baigne néanmoins dans un pessimisme malsain tiraillé notamment par le double-jeu de certains joueurs de sa sélection. L'Angola, pays organisateur de cette 27e édition, et le Mali pourraient tirer les bénéfices de ces dissensions. La nation-hôte n'a pas hésité à dépenser 600 millions d'euros pour être à la hauteur de l'évènement. Une élimination prématurée des "Palancas Negra" ferait donc tâche, d'autant qu'avec des talents comme Manucho ou Pedro Mantorras, les Angolais peuvent renouveler leur performance d'il y a deux ans où ils avaient échoué de justesse en quart de finales. Le Mali avait fait mieux en 2002 et 2004, années où il avait atteint le dernier carré. Mais depuis, les différends entre les stars de la sélection (Kanouté, Se.Keita, Ma.Diarra, Mo.Sissoko) ont plongé la bande à Stephen Keshi dans un étonnant paradoxe : être l'une des formations africaines les plus talentueuses sans pour autant obtenir de résultats probants.

Groupe B : Côte d'Ivoire, Burkina Faso, Ghana, Togo
Tous les sceptiques sur les sortilèges commencent à se poser de sérieuses questions tant la Côte d'Ivoire semble maraboutée lors des tirages au sort. Une nouvelle fois, après les Coupe du monde 2006 et 2010, les Éléphants sont tombés dans le "groupe de la mort" avec cette étiquette d'épouvantail de la compétition. Un costume peut-être un peu trop large pour les coéquipiers de Didier Drogba qui ripent souvent sur le dernier obstacle alors que leur formidable talent intrinsèque devrait suffire à faire la différence. Malgré leur génération dorée, les Ivoiriens n'ont remporté aucun titre durant la décennie précédente mais comptent sur leur sorcier bosniaque Vahid Halihodzic pour rompre la malédiction. Il faudra dans un premier temps se sortir de griffes ghanéennes ultra acérées. Qualifiés sans aucune équivoque pour le Mondial sud-africain, les "Blacks Stars" comptent dans leurs rangs des joueurs de grand talent (Essien, Asamoah) mais aussi quelques jeunes pousses, récents vainqueurs du championnat du monde des moins de 20 ans. Un savant cocktail qui pourrait faire "Boum" dans ce tournoi et qui a déjà fait quelques mutilés. Stephen Appiah et Sulley Ali Muntari ont été priés de rester à la maison pour ne pas rompre la belle cohésion du groupe. Face aux deux têtes d'affiche, le Togo d'Emmanuel Adebayor, leader d'Éperviers en chute libre, et le Burkina Faso de Moumouni Dagano, meilleur buteur des éliminatoires avec 12 réalisation, seront aux aguets d'une éventuelle défaillance.

Groupe C : Égypte, Nigeria, Mozambique, Bénin
L'Égypte peut-elle réaliser la passe de trois ? Double tenants du titre, les Pharaons semblent connaître un sérieux coup de mou ces derniers temps, vexés par leur élimination in-extremis de la Coupe du Monde 2010. Depuis cet échec tumultueux, c'est la soupe à la grimace pour la troupe de Hassan Shehata qui ne cesse de s'entre-déchirer en coulisses. Outre ce climat délétère, c'est surtout l'absence de trois cadres, Mohammed Aboutrika, Amir Zaki et Ahmed Hossam Mido qui pourrait peser dans la balance et enrayer la belle machine égyptienne. Toutefois, la sélection peut compter sur une mentalité "club" assez rare à ce niveau puisque son effectif est majoritairement composé des vedettes d'Al-Ahly, qui règnent sur le continent africain. Cette solidarité ne sera pas de trop pour contrer une sélection nigériane, toujours très en jambes au moment de disputer la CAN (3e en 2002, 2004 et 2006). Son merveilleux finish lui a permis d'empocher son sésame pour l'Afrique du Sud cet été, au grand dam des journalistes locaux qui le considèrent comme injuste. Tâche de revanche donc pour les "Super Eagles", qui pourront finalement compter sur leur attaquant Obafemi Martins. Le buteur de Wolfsburg et ses partenaires retrouveront sur leur chemin deux novices : le Mozambique, une formation mésestimée à tord qui a envoyée Obi Mikel et les siens au Mondial et le Bénin de Stéphane Sessegnon, aussi imprévisible que son dynamiteur.

Groupe D : Cameroun, Gabon, Zambie, Tunisie
Comme on se retrouve ! Après avoir bataillé toute l'année dernière pour décrocher l'ultime ticket sud-africain, le Cameroun et le Gabon se recroisent le temps d'une phase de poules qui devrait les voir glaner les deux premières places qualificatives dans un duel arbitré par la Tunisie. S'il est tout à fait logique de glisser les Lions Indomptables, vainqueurs coup sur coup de la CAN 2000 et 2002, dans la liste des favoris, le choix du Gabon n'est pas si usurpé que cela. Alain Giresse a insufflé à cette sélection une telle générosité et un tel état d'esprit que les Panthères ont failli éliminer la plus grande nation africaine de ces deux dernières décennies lors des précédents éliminatoires. Sans vrai talent mais avec un onze très homogène, le Gabon peut rééditer cette performance même si les partenaires de Samuel Eto'o ne sont plus les mêmes hommes depuis l'arrivée aux manettes de Paul Le Guen. Toujours constant au plus haut niveau et emmené par des joueurs de la trempe d'Alexandre Song ou Achille Emana, le malheureux finaliste de l'édition précédente veut rugir à nouveau. La Tunisie a également une revanche à prendre durant ce mois de janvier après son inexplicable sortie de route lors des "qualifs" pour le Mondial. Cette désillusion semble précipiter la fin d'un cycle pour les Aigles de Carthage qui doivent reconstruire une nouvelle dynamique. Même sentence pour la Zambie, que l'on n'avait plus vu à pareille fête depuis une inattendue place de finaliste lors de la CAN 1994.

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