Escalettes soutient Domenech
Jean-Pierre Escalettes est monté au créneau, mardi, pour défendre le sélectionneur national après l'intervention de Guy Chambilly, membre du conseil fédéral, réclamant dans les colonnes de France Football la tête du coach tricolore. Le patron de la Fédération Française de Football reste derrière Raymond Domenech et ne compte pas céder à la pression populaire.
Jean-Pierre Escalettes soutient Raymond Domenech (Reuters).
Une nouvelle attaque qui a conduit Jean-Pierre Escalettes, le très consensuel président de la FFF, à réagir, mardi à midi sur l'antenne d'Europe 1, pour tenter de déminer le sujet. "Dire que je vis les moments les plus heureux (de sa présidence, ndlr), non, je vous mentirais", commence l'intéressé, qui convient cependant que le problème de l'image de l'équipe de France mérite réflexion: "Le plus important, c'est de redresser cette image négative, plutôt que de repartir sur les mêmes polémiques qui durent depuis deux ans et qui fatiguent au bout d'un moment. J'ai l'intention de voir ce que l'on peut faire pour redresser cette image, le Conseil fédéral va en être saisi, c'est un véritable débat. On a six mois, six mois c'est court, avec un seul match amical contre l'Espagne le 3 mars et un rassemblement d'à peine trois jours. Il existe un Club France qui doit se pencher là-dessus, on en parlera au Conseil fédéral vendredi."
"Ça passe par des résultats"
Comment redresser cette image ? Visiblement, le patron de la FFF, qui s'était déjà attaqué au sujet au lendemain de l'Euro 2008 en tentant de réactiver un Club France en sommeil et en promettant une charte destinée aux joueurs, sans que les résultats aient été probants, ne fourmille pas de solutions, puisqu'il tourne autour du pot: "C'est très difficile, ça passe par des résultats, avec la manière. Pour l'instant, on ne peut pas dire que de ce côté-là, ça ait été glorieux, tout le monde le dit, Boghossian (adjoint de Domenech, ndlr) le fait dans le journal ce matin, ça n'a pas été brillant." Un éventuel changement de sélectionneur ? Jean-Pierre Escalettes ferme la porte: "Je comprends qu'il faut prendre une action positive pour essayer de restaurer le plus possible dans les six mois à venir l'image de cette équipe, mais ça ne passe pas par des solutions radicales, ça passe par des petites mesures, réalistes, pragmatiques."
En gros pas de révolution, Raymond Domenech restant aux yeux de son patron l'homme de la situation, même s'il ne partage pas forcément sa manière de communiquer, en dépit d'un premier rappel à l'ordre après l'Euro 2008 et la fameuse demande en mariage: "Il a fait des efforts, il est moins provocateur qu'il a été, mais il a sa nature. S'il avait une communication un peu plus soft par moments, je préfèrerais, mais je ne vais pas changer Raymond a son âge, il a ses certitudes, sa personnalité, on n'a pas tout à fait la même, mais ça fait partie de mon travail d'essayer de fédérer des personnalités diverses, et Raymond est une personnalité très affirmée, parfois fougueuse."
Bref, ce n'est sans doute pas Jean-Pierre Escalettes qui plantera un couteau dans le dos de Raymond Domenech, mais qu'adviendrait-il si le Conseil fédéral se rangeait vendredi derrière Guy Chambilly ? Le président de la FFF en rigole presque, estimant, sans le dire ouvertement, qu'il voit mal les 21 membres (dont lui) aller à l'encontre de ses arguments: "Le Conseil fédéral est un endroit où j'ai des amis, on travaille ensemble depuis tellement d'années que s'ils avaient eu quelque chose à me dire comme Chambilly l'a fait, ça fait dix jours qu'ils m'auraient téléphoné. Ils ne sont pas dans un coin en train de se tapir pour se payer le président, ce n'est pas du tout dans cet esprit-là que fonctionne le Conseil fédéral. Ils écouteront ce que dira Guy et lui diront ce qu'ils en pensent. Ce n'est ni prévu ni prévisible (une majorité contre Domenech, ndlr). A chaque moment suffit sa peine. S'il y avait une décision et s'il fallait en tirer les conséquences, on les tirerait, mais toujours ensemble, et on verrait d'abord ce qu'est l'intérêt supérieur du football, l'intérêt de Jean-Pierre Escalettes, à 74 ans, il est derrière moi." En clair, entre bons amis, on ne va pas se mettre à faire la révolution...








