Domenech à coeur ouvert
Interrogé pour la première fois sur la qualification controversée des Bleus pour la Coupe du monde 2010, Raymond Domenech est revenu au micro de France Bleu sur cette polémique qu'il "a beaucoup de mal à digérer." Tout en plaidant la cause de Thierry Henry, le sélectionneur de l'équipe de France a défendu son bilan et sa manière de communiquer.
Raymond Domenech vise clairement l'arbitrage comme source de cette polémique. (Reuters)
Le sélectionneur des Bleus a dans un premier temps évoqué ces cinq derniers jours "partagés" et son bonheur noyé par cette polémique, n'oubliant pas pour autant de souligner le parcours de ses joueurs: "Tous les joueurs et les sportifs sont dans une phase d'incompréhension, et moi de colère par rapport au ressenti des joueurs. Cela fait deux ans qu'ils souffrent, qu'ils sont malmenés. On n'a pas toujours été performants et on l'a reconnu. Mais l'équipe était en train de grandir, de se préparer, de se construire, il y avait une évolution. Et là, il y a ce mauvais match et on reste malheureusement sur cette impression-là, sur ce fait de match qui fait couler beaucoup d'encre et qui occulte tout ce qu'ont fait les joueurs depuis deux ans et leur parcours de qualification."
Domenech: "Titi est une référence dans son comportement"
Sondé sur cette "fameuse" main de Thierry Henry, l'ancien technicien des Espoirs a tenu à défendre l'image de son capitaine, sévèrement écorchée depuis ce geste. "Je ne vois pas la main de Thierry Henry sur le terrain. Ce n'est qu'en rentrant dans les vestiaires, que j'ai vu qu'il y'avait quelque chose car l'ambiance était très sereine, sans grande explosion de joie. Avec Titi, on en discute, il m'explique que le ballon lui touche la main dans le feu de l'action. Depuis, j'ai Titi régulièrement au téléphone, on essaie d'en discuter et de comprendre l'ampleur qu'a pris cette affaire. Titi est une référence dans son comportement en équipe de France. Les Bleus, c'est sa vie, sa maison et il s'est investi à fond dans cette construction d'équipe. Je ne comprends pas, tout comme je comprends pas que le public l'ait sifflé lors de sa centième sélection alors que les autres joueurs étrangers ont droit à un grand cérémonial."
Surtout, Raymond Domenech, n'hésitant pas à placer le précédant Géorgie-Irlande qui avait vu les Celtes s'imposer sur deux grossières erreurs du d'arbitrage, a recentré le débat sur l'arbitrage. "Le vrai débat qui se pose, c'est l'arbitrage. Comment peut-on améliorer et éviter les erreurs d'arbitrage ? C'est dramatique, et je le dis pour les Irlandais comme pour nous en Serbie (penalty injustifié et expulsion de Lloris). L'idée de Michel Platini avec deux arbitres supplémentaires serait déjà une bonne expérience. Le vrai débat, il est là et on l'a déplacé sur un joueur et ça j'ai du mal à le digérer." Sur la défensive tout au long de l'entrevue, Raymond Domenech a ensuite répondu aux questions des auditeurs, et notamment sur ce récent sondage Opinion Way qui révèle que 71% des personnes interrogées souhaitent qu'il ne soit pas sur le banc tricolore en Afrique du Sud. "Je suis en retard par rapport à Aimé où 9 personnes sur 10 étaient contre lui. Je suis donc content (sic). Tous les sélectionneurs vivent ces moments-là. On me reproche quoi ? La communication. Comme Santini, Lemerre et Jacquet. C'est la fonction qui est comme cela: les sélectionneurs cristallisent tous les problèmes."








