Au bon souvenir d'Heinze...
Reporté à cause de l'épidémie de grippe A qui avait touché l'effectif parisien il y a un mois, le clasico a basculé en faveur des Marseillais, vainqueurs sur la plus petite des marges d'un PSG bien faible (1-0). C'est Gabriel Heinze qui a crucifié ses anciens partenaires d'un coup de tête astucieux. Une réalisation qui permet aux Phocéens de recouvrer un standing bien plus conforme à ses ambitions.
Cette victoire permet aux Marseillais de remonter à la quatrième place du classement. (Reuters)
Paris, bien trop attentiste en ce début de rencontre, subit les foudres d'une équipe marseillaise qui jette d'entrée ses forces dans la bataille. Ainsi Brandao, d'une belle tête plongeante sur un cadrage-débordement d'école de Laurent Bonnart (2e) et Mamadou Niang, d'un autre coup de boule rageur (3e), donnent les premiers frissons à un Vélodrome en ébullition. Les Marseillais commencent cette rencontre avec le même allant que celui observé à Gerland lors de leur dernière apparition en Ligue 1 et ce mémorable 5-5. Peut être trop ? En témoigne cette violente semelle de Stéphane M'Bia sur le genou de Stéphane Sessegnon, qui à défaut d'être sanctionné, met le feu aux poudres entre les deux formations. Signe du destin ou vraie malchance, le Camerounais, auteur de ce mauvais geste qui aurait pu lui valoir un carton rouge, est contraint de céder sa place sur blessure quelques minutes plus tard (18e). Pour le reste, peu d'enseignements sont à tirer de ces vingt premières minutes entre une équipe olympienne pleine de mordant mais malheureuse dans le dernier geste et une formation parisienne bien frileuse. Il faut dire que la réorganisation tactique en 4-3-3 avec Sessegnon juste devant la paire de récupérateurs Clément-Chantôme proposée par Antoine Kombouaré n'offre que très peu de solutions offensives à son attaquant Mevlut Erding.
Le PSG a tenté de s'aggriper
Dans ce genre de rencontre assez fermé, il faut un coup de pied arrêté pour débloquer la situation. Et l'OM s'est trouvé depuis quelques semaines un vrai spécialiste de l'exercice en la personne de Fabrice Abriel. Déjà auteur de trois passes décisives à la fois contre Zurich et Lyon, l'ancien lorientais distille un nouveau caviar sur lesquels Souleymane Diawara et Gabriel Heinze se disputent la réception. Toujours est-il que le cuir lobe Grégory Coupet et se loge dans le petit filet francilien (1-0, 25e). On croit alors le fantôme de Thierry Henry hanter à nouveau le football français tant l'absence de manifestation de joie phocéenne laisse croire à une nouvelle main gagnante. Ce n'est que cinq ralentis plus tard, que l'on pourra attribuer cette réalisation à "Gabi" Heinze, dont la tête aussi chanceuse que décisive donne un avantage mérité aux Sudistes. La réaction parisienne est bien timide, seul Mevlut Erding d'une frappe en pivot chauffe les gants de Steve Mandanda (37e). A force de se casser les dents sur une charnière défensive marseillaise solide, les joueurs de la capitale se découvrent. Mamadou Niang est à deux doigts de doubler la mise, mais le portier parisien détourne sa frappe instantanée sur son poteau droit (41e). Le dernier mouvement offensif des hommes de Didier Deschamps particulièrement inspirés dans ce premier acte.
L'Ohème continue de développer son emprise dans cette rencontre en faisant particulièrement bien tourner le ballon. Une possession qui leur permet de trouver quelques espaces entre les lignes parisiennes. Sur l'un d'entre eux, Benoit Cheyrou tente sa chance mais sa frappe est repoussée en deux temps par Grégory Coupet (55e). Et lorsque la défense des visiteurs est bien en place, les Phocéens trouvent la solution sur coups de pied arrêtés. Chaque ballon aérien est en effet un véritable supplice pour les partenaires de Sylvain Armand, qui parviennent néanmoins à se dégager laborieusement. La troupe d'Antoine Kombouaré essaie alors de prendre d'assaut la surface de Steve Mandanda, mais manque de folie à l'abord des 22 derniers mètres. Guillaume Hoarau absent, Ludovic Giuly en méforme et Peggy Luyindula encore intermittent, l'attaque parisienne semble trop dégarnie pour un candidat à l'Europe, malgré le bel abbatage de Mevlut Erding. Et l'entrée du jeune Jean-Eudes Maurice, qui vendange un bon ballon de Peggy Luyindula (82e), ne modifie en rien la donne. De quoi faire regretter aux Parisiens le départ du conspué mais talentueux Mateja Kezman au mercato. L'OM de Didier Deschamps ne sera plus inquiété jusqu'au coup de sifflet final et peut savourer ce solide succès : "Dans les basiques, on était là. Défensivement, on a été bien meilleur que lors des dernières prestations. Je regrette simplement que l'on soit toujours resté à la merci des Parisiens et d'une égalisation. Mais cette victoire nous permet de recoller au peloton de tête. Le potentiel y est, à nous maintenant de réussir le deuxième tournant mercredi à Milan." Pour Paris, 13e après ce match en retard, le tournant se nomme Auxerre et pourrait s'avérer mortel...







