Gadal: "Les feux sont au vert"

Adrien Mattenet, 20e mondial, est le chef de file du ping français. (Reuters)

Adrien Mattenet, 20e mondial, est le chef de file du ping français. (Reuters)

Le Directeur technique national dresse un mini-bilan de l’action menée depuis 10 ans dans le ping français et qui commence à sérieusement porter ses fruits. Derrière Adrien Mattenet, les jeunes pongistes français poussent très forts et peuvent se targuer de quelques belles perfs contre les redoutables Asiatiques. Michel Gadal est confiant pour les JO de Londres, une étape d’un avenir prometteur.

Pour le grand public, le tennis de table français s’est peut-être arrêté à Jean-Philippe Gatien il y a presque 20 ans. Comment se porte-t-il aujourd’hui ?
On avait lancé un projet de remise à niveau il y a 10 ans et on a bien avancé, les feux sont au verts. On note une progression de nos jeunes joueurs. Chez les garçons, on écrase la concurrence en Europe en juniors puisque nous occupons les cinq premières places et la septième (1), en cadets on en compte trois dans le top 4 (2).

Que peut espérer le ping tricolore en 2012 ?
Cette année, nous sommes dans la continuité de cette progression. On a déjà deux athlètes qualifiés pour les JO, Adrien Mattenet et Xue Li chez les filles et de bons espoirs avant les qualifications olympiques au Luxembourg pour l’Europe et sinon, un mois plus tard à Doha, il y aura un tournoi mondial. Simon Gauzy et Quentin Robinot se trouvent en tête d’une course à la qualification que nous avons lancée (3), et c’est une bonne nouvelle. Par équipes, la condition est d’avoir trois qualifiés en simples. Notre objectif idéal est d’avoir trois garçons et trois filles à Londres. Ça ne sera pas facile mais pas impossible.

Adrien Mattenet, 20e mondial, apparaît seul devant. Est-ce seulement une impression ?
Adrien Mattenet est en tête aujourd’hui mais ça revient vite derrière. Quentin Robinot, 19 ans, a récemment battu le champion olympique Ma Lin (4). On ne peut que se réjouir quand on est DTN de voir cette concurrence. A eux d’arriver le plus vite et le plus haut possible. Adrien a la chance en tout cas d’être déjà qualifié pour les JO.

Qu’est-ce qui explique cette réussite, du moins ce réservoir bleu plein de promesses ?
Il y a 10 ans donc, on a mis en place une vraie stratégie visant la qualité de la formation. On détecte les joueurs entre 8 et 10 ans. Il y a une opération nationale chaque année où l’on voit entre 3 et 4 000 jeunes, et pas de quotas. On sélectionne le joueur et l’entraîneur, nous formons le couple, primordial dans une carrière de haut niveau. On prend compte aussi de l’environnement, avec des conseils du contrôle que ce soit les parents, l’école, tous les paramètres possibles. On réunit ces gens régulièrement. Tous nos jeunes qui figurent aujourd’hui dans le haut en Europe, comme Gauzy et Robinot, mais pas qu’eux, sont passés par cette filière.

"Ce que c’est qu’un top spin, personne ne saura"

Pas de secret particulier ?
On a commencé tôt, on travaille beaucoup et il y a une forte concurrence. Je suis un peu le chef d’orchestre mais j’ai un staff formidable. Je m’entoure d’experts aussi comme Jean-Philippe Gatien, Patrick Chila, Jean-René Mounier, l’ex-responsable de Levallois. La force du groupe réside aussi dans le fait que l’on a le même objectif, la même façon de voir les choses.

Sur le plan sportif, vous n’avez pas à vous plaindre. Et au niveau des moyens financiers ?
On a toujours besoin d’argent bien sûr mais on remercie au passage le ministère pour le haut niveau, l’Insep où on a ce qu’il faut pour travailler. Et puis, ils gagnent rapidement de l’argent dans les circuits mondiaux et chacun met la main à la poche. Je le répète, il y a un réel projet commun.

Cette génération peut-elle faire mieux que celle de Chila et Gatien ?
Faire mieux que Gatien qui a été champion du monde, vainqueur de la Coupe du monde et sur des podiums olympiques, ce sera très difficile. L’important pour nous c’est d’avoir des joueurs qui se battent pour gagner, sachant que notre adversaire numéro un est la Chine, après les résultats…

Justement, ces Chinois sont-ils actuellement imbattables ?
Non car on les a déjà battus mais régulièrement, c’est très dur. C’est leur sport national, le tennis de table fait partie intégrante de la culture en Chine. Il y a un milliard de Chinois qui ont déjà joué au ping. Si je me balade dans une rue en France et que je demande ce que c’est qu’un top spin, personne ne saura. En Chine, tout le monde le sait. Il faut leur faire peur de temps en temps et dans le ping français, on a des gamins qui face aux Chinois ne pensent qu’à la gagne et plus à se contenter de prendre un set.

1: Au classement publié le 1er février par la ETTU (European table tennis union), on retrouve dans l’ordre Simon Gauzy, Tristan Flore, Antoine Hachard, Enzo Angles, Alexandre Robinot et Benjamin Brossier (7e).

2: Can Akkuzu (1er), Alexandre Cassin (2e) et Romain Ruiz (4e), auxquels ont peut ajouter Joe Seyfried (6e).

3: Elle tient compte des résultats engrangés notamment lors des différentes étapes du Pro Tour tout au long de l’année comme récemment l’Open du Qatar.

4: 4 sets à 1 (11-8, 11-7, 4-11, 11-9, 11-8) le 21 octobre 2011 à l’Open de Suède.

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