FIFA/PES: On refait le match !

FIFA 13 ou PES 2013 dans les foyers ?

FIFA 13 ou PES 2013 dans les foyers ?

Comme à chaque rentrée automnale, les deux ténors de la simulation de football pixelisée, FIFA et PES, sont de sortie dans les bacs avec leur lot d'améliorations et d'innovations. L'occasion pour notre rédaction de les départager dans une confrontation en trois périodes et de conseiller aux amoureux de ballon rond la meilleure alternative pour assouvir leur soif de buts.

Même si le choc avait tenu ses promesses l'an dernier, force est de constater que sur la durée, FIFA avait asphyxié son rival grâce notamment à son incroyable profondeur et à sa physique de balle toujours plus réaliste. Il était donc logique que PES muscle son jeu pour coller aux basques du titre d'Electronic Arts Canada. Engagement que Seabass et son équipe ont pris en compte pour cette édition 2013 avec un vrai travail sur la construction des actions, beaucoup plus fluide dans cette version. Mais on ressent le fait que cet épisode est encore transitoire avant la grande révolution promise avec l’arrivée des consoles nouvelle génération et l’apparition d’un nouveau moteur. Du coup, c’est FIFA qui arrive encore à nous surprendre en proposant une évolution par petites touches qui trouve sa quintessence dans les soirées en multijoueurs.

FONDS DE JEU:

A force de vouloir toujours tutoyer des sommets de réalisme, FIFA 13 aurait-il sacrifié cette notion de plaisir inhérente au genre ? Pas du tout, car les équipes de développement n’ont rien laissé au hasard en écoutant les désidératas des joueurs. Ainsi, après avoir réalisé l’exploit de rendre les phases défensives aussi jouissives à jouer que les raids balle au pied, EA a voulu restituer le côté imprévisible de ce sport avec le « First Touch Control ». Ce nom barbare désigne en fait un ensemble de paramètres qui font que le cuir ne colle plus forcément au pied des stars en herbe. Un modèle de souplesse qui fait forte impression et demande une maîtrise totale de ses gestes sous peine d’une punition immédiate. Mais le jeu en vaut la chandelle avec une inertie, une qualité de transmission et une variété dans les zones de toucher jamais vues jusqu’ici. Forcément, PES 2013 souffre de la comparaison, même si des progrès dans le rythme de jeu et la physique de balle sont à signaler avec des nouveautés de gameplay toujours bienvenues. Malheureusement, les problèmes de fond comme les animations limitées et les collisions suspectes n’ont pas été résolues. Des tares rédhibitoires pour les vrais amoureux de simulation, qui pourront par contre se délecter de l'Impact Engine de FIFA, prenant en compte les gabarits des joueurs, pour coller encore plus à la réalité.

FIFA - PES : 1-0

ESTHETIQUE:

Comme d'habitude, il y a à boire et à manger dans les deux camps qui continuent de rester sur leurs positions initiales avec des améliorations bénignes mais toujours bien senties. Là où FIFA impressionne par la qualité de son ambiance extérieure, lui donnant ce petit supplément d'âme (reproduction des stades, chants des supporters, commentaires), PES met un point d'honneur à retranscrire fidèlement le style des grands joueurs avec un résultat bluffant et supérieur à son adversaire. Seule la modélisation des faciès ne suit pas cette évolution avec un déclin significatif au niveau des joueurs lambda qui ressemblent plus aux sportifs du dimanche. D’ailleurs, dès que l'on éloigne la caméra du rectangle vert, la possession de balle va clairement à l'avantage du titre d'Electronic Arts grâce à la fluidité de son animation. La palette de mouvements des joueurs a encore été enrichie (les dribbles sont plus instinctifs) et le moteur de collision refait à neuf pour une authenticité inégalée. D'autant que son concurrent pêche encore par la raideur de ses déplacements et l'exécution de certains gestes toujours aussi limitée. Des défauts qui font le charme de la série et qui la rendent si atypique.

FIFA - PES : 2-0

RICHESSE D'EFFECTIF:

Là encore, et ce même si PES a effectué de réels efforts pour rattraper une partie de son retard abyssal, FIFA 13 garde une bonne longueur d'avance grâce à l'utilisation maligne de sa licence et l'addiction de son mode carrière peu évolutif mais tellement riche et bien pensé. Un contenu enrichi par le EA Sports FC, un service gratuit nettement amélioré du Saison Live déjà existant sur la version 2012, qui dope la durée de vie du titre. Son rival joue quant à lui la carte du football sud-américain et des compétitions internationales, car il faudra se contenter de la Ligue des champions (et de sa fameuse musique) et de la Copa Libertadores, l'équivalent sud-américain de notre C1, pour oublier l'absence irraisonnée des formations anglaises et allemandes. Rageant ! Mais le point fort de ce PES 2013 réside dans sa Ligue Master, étoffée par la possibilité d'incarner un manager et d'interagir sur tous les secteurs d'un club (entraînement, transferts, tactique) avec une mise en scène plutôt soignée. Enfin, en ligne, d'un côté comme de l'autre, il est très facile de trouver un adversaire pour lui en faire voir de toutes les couleurs.

FIFA - PES : 3-0

Le score peut paraître sévère entre ces deux simulations de football, qui ont chacune des arguments à faire valoir, mais il exalte les qualités exceptionnelles d’un FIFA 2013 digne d’un Ballon d’Or en puissance. En prenant le parti de revoir son gameplay tout en s'appuyant sur les features qui ont fait son succès, la simulation d'Electronic Arts prend une toute autre dimension en terme d'authenticité, de richesse, d'exigence et de volupté. Si vous n'avez qu'un jeu à acheter, c'est celui qu'il vous faut ! Son rival nippon est loin d'être un mauvais titre, il a même gagné en fluidité grâce à ses petites nouveautés et plaira à sa communauté qui ne jure que par la physique de balle de la licence. Du tout bon pour le football !