Muffat, quand l'appétit va...

Camille Muffat s'est illustrée sur 400m nage libre. (Reuters)

Camille Muffat s'est illustrée sur 400m nage libre. (Reuters)

Camille Muffat a remporté haut la main la finale du 400m nage libre aux championnats de France (4'01"17), ce lundi, à Dunkerque, battant au passage le record de France de Laure Manaudou. Cette dernière n'a pas eu à forcer son talent pour dominer sa demi-finale du 100m dos, malgré une baisse de régime en fin de course.

Elle le savait, Laure Manaudou. "Ce n’était qu’une question de temps, de toute façon je suis fière d’elle, a déclaré l’ancienne championne olympique du 400m sur Eurosport. Battre les records, ça fait partie du sport." Et Camille Muffat, puisque c’est bien d’elle dont parle Manaudou, l’a fait. Le record de France tenait depuis environ cinq ans et demi, et la Niçoise a fait très propre pour écrire une nouvelle page d’histoire de la natation tricolore: une seconde pile de mieux, ni plus, ni moins. "C’est dans la juste lignée de ce qu’elle a déjà fait en compétition, et puis les entraînements surtout", a réagi son entraîneur Fabrice Pellerin, tout en sobriété.

Le duel attendu entre Muffat et Coralie Balmy a tourné court, même si cette dernière a assuré sa qualification pour les Jeux en 4’05"45. Partie comme une balle, la première nommée a tenu le rythme jusqu’au bout pour réaliser le record du monde hors combinaison, rien que ça ! "Elle a fait cette finale comme elle pensait qu’il fallait le faire pour nager vite, poursuivait Pellerin, qui ose même se montrer un peu chafouin. Il ne fallait pas nager plus vite là, parce que toutes les bonnes performances aiguillent la concurrence." En résumé: si son élève n’a pas fait mieux, c’est parce qu’elle a levé le pied, un peu. Hallucinant.

"Je ne m'y attendais pas"

Et la principale intéressée, qu’en pense-t-elle ? Que du bien, évidemment. "Je suis vraiment très contente, je ne m’y attendais pas. Je pensais faire 4’3", ce que j’avais pu faire plusieurs fois cette année." Muffat admet aussi que le contexte des championnats de France l’a poussée à se dépasser. "Sur les derniers 100 mètres, je voulais y aller à fond, c’était la qualif’ des Jeux... Je sentais la présence du public, c’est vrai que je me suis plus donné sur le finish que lors des courses précédentes." De loin, Manaudou a vu ça, et s’est donc montrée belle joueuse. Surtout, l’ex-reine déchue a aussi d’autres pages à ajouter dans son propre livre.

Plutôt impressionnante en séries le matin sur 100m dos, avec un temps de 1’00"40, l’ancienne protégée de Philippe Lucas a fait moins bien en demi-finales. Partie sur un rythme d’enfer, en avance à mi-course sur les temps de passage du record de France, Manaudou a pioché en fin de course, pour terminer en 1’00"58. Alexianne Castel a d’ailleurs réussi un meilleur temps dans l’autre demie, en 1’00"34. "On a toujours peur de ne pas faire un temps, donc on part un peu trop vite et ça fait mal, a sincèrement expliqué la multi-championne de France. Je n'ai pas relâché, mais à partir un peu vite on prend des risques, et on les paie après. Il vaudra mieux être prudente la prochaine fois."

Prudente, elle ne l’a d’ailleurs pas été sur Twitter. Après avoir réagi à la tuerie de Toulouse, où un homme a abattu trois enfants et un professeur devant une école juive, plusieurs commentaires lui ont gentiment demandé de se concentrer sur la nage. Obligée de fermer son compte, Manaudou s’est contentée, en guise d’ultime réponse, d’un: "Trop de négativité. Bye Twitter !!" Cette semaine, l’histoire doit vraiment s’inscrire dans la piscine, et pas ailleurs. Pour Muffat et Manaudou, comme pour les autres.

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