Horter: "Un crève-cœur"

Lionel Horter n'avait jamais connu une équipe de France aussi forte qu'à Londres.

Lionel Horter n'avait jamais connu une équipe de France aussi forte qu'à Londres.

Si l’équipe de France, revenue de Londres avec sept médailles dont quatre titres, ne s’est jamais aussi bien portée, elle perdra en fin d’année son directeur. Arrivé au bout d’un cycle, Lionel Horter, qui veut se recentrer sur son rôle d’entraîneur national du pôle France de Mulhouse, quitte ses fonctions avec le sentiment du devoir accompli et confiance en l’avenir.

Quel sentiment vous anime alors que votre aventure à la tête de l’équipe de France se termine ?
L’histoire de l’équipe de France, c’est les nageurs qui l’écrivent. Et ils ont écrit des moments extraordinaires. Après ce sont les entraîneurs, un maillon important de la réussite. Ensuite, les responsables d’équipes qui viennent encore derrière. Mon départ n’est pas significatif à l’échelle de l’équipe de France.

Aucune émotion donc ?
Si, sur un plan personnel, bien sûr. C’est une décision qui me coûte. C’est un crève-cœur. Mais j’avais dès le départ fixé cet horizon-là. Ça me permettait de travailler dans une forme de sérénité nécessaire pour réaliser nos objectifs. C’était aussi un engagement vis-à-vis de ma famille. Mes proches ont tenu ces quatre années en attendant, pour eux, la fin. Je me voyais mal ne pas respecter cet engagement.

Quel regard portez-vous sur cette équipe de France que vous quittez ?
Je l’avais annoncé avant les Jeux, c’était pour moi la plus belle équipe de France que j’ai pu connaître en 20 ans, par la qualité des nageurs, par la diversité des nageurs et par la densité qui nous permet maintenant d’exister dans les relais et d’y être performant. L’avenir me semble positif et important en termes de résultats. Yannick (Agnel) est jeune. S’il est là dans quatre ans, avec un garçon comme Florent (Manaudou), on se retrouve déjà avec deux nageurs champions olympiques, ce qui permet de penser déjà à un relais et de tabler sur trois courses. Les motifs d’espoir sont nombreux.

Quel est le danger dans lequel il ne faudrait pas tomber au sortir de ces Jeux ?
Le danger vient de la réussite. Ça serait de se démobiliser, de savourer un peu trop, de se contenter de cette réussite. En France, on y est peut-être un peu plus exposé que dans les autres pays. Je ne suis pas sûr que les champions olympiques américains soient sollicités ou valorisés comme le seront les Français. On voit à travers l’histoire française que nos champions ont plus de mal à digérer cette réussite. Mais c’est l’enjeu qui attend l’équipe de France. Il y a très peu de nageurs qui réussissent à garder leur titre d’une olympiade sur l’autre, je crois d’ailleurs que Phelps est le seul à l’avoir fait à Londres. Ça situe bien la difficulté du challenge.

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Qui pour le remplacer ?

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