Paris 2024 : Comment Paris s'est relevé de l'échec de 2005 ?

Paris 2024 : Comment Paris s'est relevé de l'échec de 2005 ?©Media365
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Mathieu WARNIER, publié le mercredi 13 septembre 2017 à 20h05

Douze ans après le traumatisme de 2005, où Paris avait perdu l'obtention des JO 2012, la capitale française tient sa revanche. Revivez en dix dates la façon dont Paris s'est relevé de cet échec.

6 juillet 2005 : Le crève-coeur de Singapour

Après l'échec face à Pékin de la candidature pour les Jeux Olympiques de 2008, Paris monte un dossier plus solide pour l'échéance de 2012, et est présentée comme favorite face à Londres et Madrid. L'espoir est de mise au sein de la délégation présente à Singapour à l'occasion de la 117eme séance du CIO pour faire revenir les Jeux d'été en France pour la première fois depuis 1924 et Paris. Mais, face au lobbying intense du Premier Ministre britannique Tony Blair, Londres l'emporte pour quatre voix au quatrième tour de scrutin. Un échec pour le mouvement sportif français qui met alors entre parenthèses ses ambitions olympiques pour quelques années, surtout que le principe d'alternance entre les continents condamne l'Europe pour, au mieux, 2016.

6 juillet 2011 : Annecy y va... sans vraiment y croire

Suite à l'échec de Paris 2012, le Comité National Olympique et Sportif Français tente de changer la donne en visant les Jeux Olympiques d'hiver de 2018. Suite à une consultation, Annecy est désignée pour porter les couleurs tricolores aux dépens de Grenoble, Nice et Pelvoux. Avec un dossier loin d'être convaincant et face à la puissance de la candidature sud-coréenne de PyeongChang (avec le soutien massif d'un des partenaires du CIO, le conglomérat Samsung), la cité asiatique obtient après deux échecs consécutifs pour 2010 et 2014 le droit d'organiser les Jeux Olympiques d'hiver début 2018, succédant à la ville russe de Sotchi.

7 septembre 2013 : Tokyo laisse ouvertes toutes les possibilités

Après avoir attribué les Jeux Olympiques d'été de 2016 à Rio, pour la première édition en Amérique du Sud, la course aux Jeux Olympiques de 2020 oppose l'Europe à l'Asie. Après l'échec de 2012, Madrid tente une nouvelle fois sa chance aux côtés d'Istanbul et de Tokyo. Une victoire des deux cités européennes aurait définitivement fermé la porte à l'idée d'une candidature de Paris pour retrouver les JO cent ans après, pour l'édition 2024. Mais, heureusement pour la Capitale française, c'est celle du Japon qui obtient les faveurs du petit monde de l'olympisme, ouvrant les portes aux candidatures européennes pour l'édition suivante.

6 novembre 2014 : L'Elysée lance l'idée malgré l'opposition de la Mairie de Paris

L'élément déclencheur de la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques de 2024 intervient à l'occasion d'une interview accordée par le Président de la République de l'époque, François Hollande, à TF1 et RTL. Le locataire de l'Elysée se prononce ouvertement « favorable » à une candidature de la Capitale en vue de l'organisation des JO. « Je suis favorable à ce que la ville de Paris, si elle le décide, présente sa candidature pour les Jeux Olympiques de 2024, avait déclaré alors le chef de l'Etat suite à une question posée à l'époque par Yves Calvi. C'est très important parce que ça sera un moment de ferveur et surtout ça fera plein d'équipements avant, plein d'emplois, plein d'industries qui pourront se montrer. » Une déclaration qui fait suite à la prise de position, en juillet de la même année, de la Maire de Paris Anne Hidalgo qui se dit « pas emballée » par le projet, mettant en avant les échecs du passé et souhaitant que la Capitale mise sur l'Exposition Universelle de 2025 à la place.

2 avril 2015 : Le duo Estanguet-Lapasset amorce le projet

La déclaration, l'envie même, de François Hollande est un message qui est clairement passé dans les hautes sphères du mouvement olympique dans l'Hexagone. Membre du CIO depuis août 2012, personnage qui a pris de l'influence au fil des années au sein de l'institution, Tony Estanguet crée avec Bernard Lapasset, alors président de l'International Rugby Board et du Comité Français du Sport International, une association nommée « Ambition olympique et paralympique » dont le seul but est de mettre en place les fondations d'un éventuel comité de candidature de Paris 2024.

23 juin 2015 : Paris se lance dans la bataille avec la Mairie de Paris

Alors que de nombreuses villes aux quatre coins du monde ont envisagé une candidature, l'Allemagne se lance avec Hambourg, les Etats-Unis désignent Boston pour la représenter quand Rome pour l'Italie puis Budapest pour la Hongrie confirment leurs ambitions olympiques. Paris, après de études de faisabilité, une révision profonde du projet présenté pour 2012 et l'aval obtenu auprès d'Anne Hidalgo, se lance dans la course à l'organisation des Jeux Olympiques d'été pour la troisième fois, après 2008 et 2012. Une déclaration faite devant le gratin du sport français et en présence des autorités politiques a lieu au siège du CNOSF par Denis Masseglia, son président.

3 février 2017 : Un couac anglophone mais un soutien mondial

Après avoir utilisé l'Arc de Triomphe le 9 février 2016 pour présenter son logo en forme de Tour Eiffel stylisée en chiffre 24, le Comité de Candidature de Paris 2024 profite de la présentation à la presse internationale de son dossier pour dévoiler le slogan de sa candidature sur la Tour Eiffel elle-même. Un « Made for Sharing » qui fait des remous dans l'Hexagone, l'utilisation de l'anglais pour une candidature française ne passant pas chez bon nombre d'intellectuels et de plusieurs associations menaçant de porter plainte. Et ce alors que le slogan en français existe bien : « Venez partager ». Quelques jours plus tard, le 9 février 2017, pas moins de 50 métropoles de par le monde dont Barcelone, Athènes ou Sydney, à l'initiative de Denis Coderre, maire de Montréal, signent une tribune pour apporter leur soutien à Paris 2024.

9 juin 2017 : Le CIO fait un pas vers Paris... et Los Angeles

Des cinq villes initialement en lice pour l'organisation de 2024, Hambourg face à la grogne de la population, Rome face à l'opposition de la Maire de la ville puis Budapest face à un possible référendum hostile au projet se retirent de la course. Aux Etats-Unis, face au refus du Maire de Boston d'engager la responsabilité de sa ville pour les éventuels dépassements de budget, Los Angeles vient à la rescousse de la ville de Nouvelle-Angleterre et porte les espoirs américains avec un dossier de grande qualité. Face, justement, à la qualité des dossiers présentés par LA et Paris, le président du CIO Thomas Bach évoque l'idée d'attribuer en même temps les Jeux de 2024 à 2028 aux deux cités pour une situation gagnante pour tout le monde, et surtout le CIO. Cette idée est recommandée par les hautes instances du CIO mais nécessite une validation par l'Assemblée Générale.

11 juillet 2017 : Feu vert pour la double attribution

Cette validation n'a pas mis plus d'un mois à venir. Réunie à Lausanne, le coeur du mouvement olympique, le Comité International Olympique valide à une large majorité le principe d'une double attribution des Jeux d'été de 2024 et 2028 à Paris et/ou Los Angeles mais ne le fait qu'à une seule condition. Il faudra, en effet, un accord tripartite total entre le CIO, Paris et Los Angeles pour répartir les deux éditions des Jeux Olympiques d'été pour que le vote attendu à Lima à l'occasion de la 131eme session du CIO ne devienne qu'une validation en bonne et due forme. En conférence de presse, tant Anne Hidalgo qu'Eric Garcetti se montrent très confiants quant à la faisabilité d'un tel accord.

31 juillet 2017 : Los Angeles laisse la place à Paris pour 2024

Après avoir déclaré à Buzzfeed que « c'est financièrement tellement alléchant, nous serions stupides de ne pas accepter 2028 », le Maire de Los Angeles Eric Garcetti prend la parole au StubHub Center de Carson, dans la banlieue de la mégalopole californienne et confirme que la « Cité des Anges » abandonne sa candidature pour 2024 et accepte de se lancer pour 2028. Un accord que le CIO a facilité moyennant un apport financier à l'organisation plus important que celui proposé à Paris pour 2024. « Nous sommes ici pour écrire l'histoire, tonne l'édile. Je suis fier d'annoncer que les Jeux Olympiques vont revenir aux Etats-Unis et à Los Angeles. » En conséquence, Paris s'assure de faire revenir les Jeux Olympiques dans la Capitale 100 ans après les derniers Jeux du Baron Pierre de Coubertin à la tête du mouvement olympique. Une opportunité en or validée le 13 septembre par le CIO à Lima.

 





 

 

 
 
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