JO 2016 - Teddy Riner : " J'ai un peu le trac "

JO 2016 - Teddy Riner : ©Media365
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Rédaction Sport365, publié le vendredi 05 août 2016 à 11h36

A quelques heures d'entrer dans le stade olympique, le mythique stade Maracana, drapeau de la France sur l'épaule, Teddy Riner avoue ressentir une certaine appréhension. Peut-être même plus grande encore que celle de la compétition, lui qui cherchera à décrocher lors de ces Jeux de Rio sa deuxième médaille d'or olympique après celle obtenue à Londres.



Teddy Riner, vous aviez dit que le voyage vous avait fatigué. Comment s'est passée votre première journée à Rio ?
J'ai envie de dire que je suis toujours autant fatigué. On se met tout doucement dans le décalage, ça met un petit peu de temps, mais ça va rentrer dans l'ordre tout doucement. Je suis content d'être enfin dans ma chambre au village et de prendre mes premières marques avec toute l'équipe, ça fait plaisir. Maintenant, dans un jour, ça va être le grand top départ, la compétition va commencer.

Racontez-nous cette première journée...
C'était un marathon. Je me suis levé à quatre heures du matin, pour un coucher à deux heures du matin, donc c'était très dur de se reposer et de récupérer. Vers 8h00, je suis allé déjeuner et je suis ensuite allé faire un décrassage, avec un petit footing et un peu de vélo. Ensuite, on s'est tous préparé pour accueillir le président de la République, on a visité le bâtiment des Français, le village olympique, puis on est allé manger avec tous les athlètes à la cantine.

Le président de la République vous a un peu chambré en vous demandant si vous vous étiez entraîné à porter le drapeau...
Non, je lui ai dit que je ne m'étais pas entraîné. Enfin, j'ai fait une boutade : je lui ai dit que je m'étais entraîné avec un balai (il sourit).
Riner : « C'est celui qui aura le plus faim qui aura la médaille d'or »
Cette cérémonie d'ouverture va être un grand moment pour vous...
Oui, ça sera un grand moment. Comme tous les sportifs qui vivent les Jeux Olympiques, être le porte-drapeau, c'est un grand moment, c'est un honneur, c'est un moment que l'on a envie de vivre. Pour moi, ça se rapproche, c'est bientôt mon moment, et j'espère que ça va bien se passer. Enfin, j'espère prendre beaucoup de plaisir à être le porte-drapeau et à être cet homme qui va rentrer le premier dans l'enceinte du stade olympique. C'est une grande fierté et beaucoup d'excitation à la fois. Je suis fier d'avoir été choisi pour représenter mon pays, c'est un immense honneur qui m'est fait. Etre porte-drapeau, j'en ai rêvé.

Pour vous qui avez déjà un emploi du temps de ministre, votre statut de porte-drapeau ne va rien arranger...
Oui, surtout qu'avant, dans la journée, il y a plusieurs conférences de presse de prévues. Et surtout une pour Paris 2024, avec le président de la République et la Maire de Paris, pour préparer notre candidature, car c'est un travail de tous les jours, et il n'y a pas meilleur moment que les Jeux Olympiques de Rio pour présenter notre dossier.

Le tirage au sort du judo a eu lieu jeudi, l'avez-vous regardé ?
Oui, j'ai vu, moi, je n'ai pas de problème avec le tirage. Je passe un tour et derrière, ce sera soit l'Algérien soit le Mongol. Les deux, je les connais. Ce sont deux droitiers. Maintenant, peu importe qui sera sur ma route, si je veux l'or olympique, il faudra battre tout le monde. Quel style j'ai prévu de mettre en place ? Je n'ai pas prévu de style particulier. Dès qu'une opportunité se présentera à moi, je la saisirai. Maintenant, une chose est sûre : si dans la compétition, je ne trouve pas de solution et que je dois gagner par pénalité, et bien je gagnerai par pénalité. S'il y a bien un moment où dans la carrière d'un sportif, il ne faut pas faire trop de zèle, c'est bien aux Jeux Olympiques.

Qu'est-ce qui peut vous empêcher de ne pas aller chercher la médaille d'or ?
Plein de choses peuvent faire que l'on peut perdre les Jeux Olympiques. C'est un événement particulier, le sport, c'est aléatoire, avec un gagnant et un perdant, c'est celui qui aura le plus faim qui aura la médaille d'or à la fin de la journée. Je n'ai pas envie de penser qui va m'empêcher, mais comment faire pour y arriver. Et ça, je connais déjà trop. Maintenant, une de plus, j'ai hâte d'y être, et hâte de pouvoir réussir à faire cet exploit. Il faut attendre, bien se préparer et bien gérer le temps d'attente.
Riner : « La malédiction du porte-drapeau ? Il ne faut pas penser à ça »
A partir de quand allez-vous passer en mode compétition ?
Dès que la cérémonie d'ouverture sera terminée, j'ai le kiné qui m'attendra pour me refaire les jambes (sic). Et voilà, après, c'est récupération, réactivation et on va préparer ces Jeux Olympiques.

Vous ne pensez pas à la malédiction du porte-drapeau ?
Non, pour moi, il n'y a pas de malédiction, tout est déjà écrit. Il y a un gagnant et un perdant, mais il n'y a pas de malédiction, chacun décide de son destin. Il ne faut pas penser à tout ça, comme il ne faut pas penser à la pression que ça met ou je ne sais trop quoi. La seule pression que ça met, c'est de ne pas se louper avec le drapeau et de ne pas marcher trop vite dans le stade, c'est tout. J'entre en premier, j'ai un peu le trac. J'ai peur de me prendre les pieds dans un câble qui traîne et de trébucher.

Quelle est la différence pour vous par rapport à Pékin ou Londres ?
La différence est simple : j'ai mûri, des années se sont passées, mon judo s'est étoffé, je me sens beaucoup mieux, j'ai appris de mes erreurs, j'ai travaillé mes points faibles, et je pense qu'il faut continuer comme ça. En tout cas, sur cette olympiade, j'ai fait ce qu'il fallait pour être meilleur qu'en 2012.

 
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