Une campagne aux airs de Waterloo

Camille Lecointre et Mathilde Géron n'ont pas démérité mais sont passé de peu à côté. (Reuters)

Camille Lecointre et Mathilde Géron n'ont pas démérité mais sont passé de peu à côté. (Reuters)

Avec une seule médaille -le bronze de Jonathan Lobert- au lieu des six espérées, la voile tricolore ne gardera pas un très bon souvenir des ces Jeux Olympiques de Londres. Comme un symbole, le duo Lecointre-Géron a échoué dans sa tentative de podium, vendredi en 470, pour un petit point. Un bilan plutôt voilé.

Il aurait pu la jouer modeste. Il a préféré afficher haut et fort ses ambitions. Six médailles, voilà la moisson espérée par Philippe Gouard à Weymouth. Le directeur technique national de la voile française ne peut aujourd’hui que reconnaître l’échec de ses troupes lors de ces Jeux Olympiques 2012. Comme à Perth en décembre dernier à l’occasion des Mondiaux, l’équipe de France doit se contenter d’une seule médaille de bronze, ramenée cette fois-ci par le méritant Jonathan Lobert en Finn, l’une des séries olympiques les plus courues. Et ce n’est pas la présence d’un équipage tricolore dans huit des neuf medal races (finale qui ne regroupe que les dix premiers bateaux à l’issue des 10, ou 15 pour le Star, manches initiales) au programme, plus le quart de finale de Claire Leroy et de ses équipières en match-racing, qui viendront redresser le bilan de cette campagne aux airs de Waterloo.

Et comme un symbole, la bataille tricolore en eaux britanniques s’est achevée sur une ultime désillusion. Derrière Pierre Leboucher et Vincent Garos qui ne se sont pas donné les moyens de réussir l’incroyable exploit de chiper la troisième place aux Argentins en ne prenant que la huitième place de leur medal race, Camille Lecointre et Mathilde Géron, elles aussi à la barre d'un 470, bateau typiquement français, croyaient pourtant fermement à leur chance de monter sur le podium. "Etre quatrième avant la medal race, c’est la meilleure position. C’est comme ça qu’on a attaqué la dernière manche du championnat du monde, sans pression", rappelaient celles qui étaient devenues vice-championnes du monde à Barcelone cette année.

Malgré un vent faible et instable, de six à dix nœuds, "la faiblesse des Néerlandaises", selon Mathilde, les Françaises n’ont pas réussi à placer un bateau entre elles et le bateau néerlandais à l’arrivée de cette finale. "Nous devrons nous mettre en sécurité, c'est-à-dire nous échapper quand nous voudrons, ne pas subir la navigation", ajourait la Briochine, dédiée au trapèze. Des paroles aux actes, les Françaises passent la première bouée au vent en troisième position, avec 21 secondes d’avance sur le duo Westerhof-Berkhout, septième. Mais un mauvais choix de direction sur le bord de portant ont plombé leurs ambitions, rattrapées par les Néerlandaises malgré la pénalité effectuée par ces dernières.

Au final, Camille Lecointre et Mathilde Géron terminent cinquièmes de cette manche, juste devant les Néerlandaises qui, en résistant aux Brésiliennes, gardent un minuscule point d’avance au classement général et donc le gain de leur médaille de bronze pour accompagner les Néo-Zélandaises (Jo Aleh et Olivia Powrie) et les Britanniques (Hannah Mills et Saskia Clark) sur le podium. Des honneurs auxquels n’auront décidément pas assez participé les marins tricolores…

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