Federer, un dernier carnaval à Rio ?

Roger Federer pourrait bien être du voyage à Rio dans quatre ans. (Reuters)

Roger Federer pourrait bien être du voyage à Rio dans quatre ans. (Reuters)

Alors qu'il avait émis le souhait de renforcer son palmarès individuel avec une médaille d'or olympique, Roger Federer a vu Andy Murray lui souffler le plus beau des métaux, dimanche, en finale du tournoi, à Wimbledon. "Vidé", selon ses propres termes, le numéro un mondial n'exclut pas l'idée de disputer les JO de Rio dans quatre ans.

La saison de Roger Federer allait jusque-là au-delà de ses espérances. Après deux ans et demi de disette, le Suisse était parvenu, le mois dernier à Wimbledon, à renouer avec la victoire en Grand Chelem. Un 17e sacre en Majeur qui lui avait rendu sa place de n°1 mondial, abandonnée de longs mois à Rafael Nadal puis Novak Djokovic. Tout semblait écrit pour qu’il parvienne enfin à ses fins lors des Jeux Olympiques, en décrochant le titre en simple, le seul d’envergure qui fait défaut à son exceptionnel palmarès. Sa forme, le lieu – le temple de Wimbledon où il a construit sa légende - et même l’absence de son plus grand rival espagnol. Jusqu’à la finale le triomphe du Suisse était en marche, mais dimanche Andy Murray, soutenu par tout un peuple, lui a barré la route.

En moins de deux heures, et trois petits sets (6-2, 6-1, 6-4), Federer a perdu ses illusions. Mais pas la face. "J’ai vécu de telles émotions avant cette finale que, peut-être, il m’en a manqué cet après-midi. J’étais un peu vidé, confie le Bâlois dans un entretien accordé au matin.ch. Mais je ne veux chercher aucune excuse. Je ne ressens aucune frustration. Je pense simplement qu’Andy était plus fort et que j’ai laissé passer ma chance. Je suis très heureux. Andy fut bien meilleur que moi, dans de nombreux domaines. Je suis fier de ma médaille. J’aurais pu perdre au premier tour contre Falla, j’aurais pu perdre jeudi contre Del Potro. J’ai vécu des émotions intenses, du début à la fin."

"Il faudra que mon corps suive"

Souriant au moment d’aller chercher sa breloque en argent sur le podium, sa première en simple dans un tournoi olympique, Federer était d’ailleurs content pour son adversaire, qu’il avait laissé en larmes quatre semaines plus tôt à l’issue de la finale de Wimbledon. "Aujourd’hui, je suis très heureux pour lui. Il est devenu meilleur au fil des ans. Il mérite tout ce qui lui arrive, la victoire, la liesse, la reconnaissance du peuple britannique. Il a parcouru un long chemin." Le sien n’est pas encore dans l’impasse. A bientôt 31 ans, il les aura à la fin du mois, l’homme le plus titré de l’ère Open n’a pas décidé du moment où il rangera ses raquettes. "J’ai déclaré avant ce tournoi que je n’excluais pas de prolonger ma carrière jusqu’en 2016, et j’ai bien l’intention de participer à ces Jeux, confirme le vice-champion olympique. Je ne suis jamais allé à Rio, c’est un endroit fascinant que j’adorerais découvrir. En même temps, je ne peux pas prendre ma retraite demain et revenir dans quatre ans. Il faudra que mon corps suive. Et la fin de ma carrière n’est pas au centre de mes préoccupations. Cela dit, pourquoi pas ? Je serais heureux de compléter ma collection."

Réussir ce qu’a accompli Serena Williams à Londres, l’Américaine étant même en avance puisqu’elle a désormais gagné toutes les levées du Grand Chelem et les Jeux Olympiques en simple comme en double. Federer, qui ne dispute pas les doubles dans les Majeurs, ne fera jamais aussi bien. Mais il n’a pas perdu espoir de devenir, un jour, champion olympique en simple. Mais ses chances de réussite se sont fortement amoindries depuis hier. Car même s’il va à Rio en 2016, un tournoi qui se jouera sans doute sur terre battue, il aura alors 34 ans. Et le temps laisse des traces, même sur les plus grands champions.

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