Bronzés pour commencer

Julien Benneteau et Richard Gasquet s'offrent la médaille de bronze. (Reuters)

Julien Benneteau et Richard Gasquet s'offrent la médaille de bronze. (Reuters)

Julien Benneteau et Richard Gasquet ont remporté le match pour la troisième place du tournoi olympique de double face aux Espagnols David Ferrer et Feliciano Lopez (7-6, 6-2), samedi. La paire française, peu habituée à évoluer ensemble, s'adjuge donc la médaille de bronze. Une première breloque avant la finale où Llodra et Tsonga sont opposés aux frères Bryan.

Heureux ! C'est pris par des spasmes de rires que Julien Benneteau et Richard Gasquet, assis sur leur chaise, ont accueilli leur victoire face à la paire espagnole Ferrer/Lopez ce samedi sur le court n°1 de Wimbledon. Auparavant, le Bressan, sur son dernier service victorieux, s'était écroulé, incrédule, sur le gazon londonien avant de recevoir dans les bras le Biterrois pour une étreinte empreinte d'émotion. "Mon premier service est let, après, j'ai servi, je l'ai vue, la médaille, et quand Richie était dans mes bras par terre, je lui ai dit: «Putain, on a une médaille olympique!" J'essaie de le me répéter pour y croire. Pour l'instant, je ne réalise pas trop, Sharapova est passée à côté de moi avec sa médaille, c'est une fois que je l'aurai autour du cou que je l'apprécierai à sa juste valeur, c'est géant", commente une dizaine de minutes après le match un Julien Benneteau des étoiles plein les yeux.

Il faut dire que par rapport à Gasquet, l'actuel 32e joueur mondial est moins habitué à la lumière, lui qui ne compte aucune victoire sur le tournoi ATP. "Oui, je n'ai pas gagné de tournois, j'ai fait une deuxième semaine de Grand chelem, un quart à Roland, mais une médaille olympique, c'est au-dessus de tout ça. Celle-là, on l'aura à vie, c'est énorme pour un sportif." A ses côtés, le Biterrois verse moins dans l'exubérance, mais on sent tout de même qu'il savoure cette breloque, qu'ils accrocheront bientôt autour de leur cou, une fois le finale entre la paire Tsonga/Llodra et les frères Bryan terminée.

"On a vécu une expérience énorme"

D'autant que tout n'a pas été facile au cours d'un match entamé en-dedans par un Gasquet contracté par l'enjeu. "J'étais stressé autant qu'un match de Coupe Davis, une demie à Wimbledon ou des matches au Masters. Je n'avais aucune envie de finir quatrième, ça aurait été très très dur, c'est une place ignoble. Du coup, j'ai fait un mauvais début de match, surtout à 5-5 partout, je fais un match catastrophique au service, on l'a fait quand même, Julien m'a vraiment bien aidé, et après je fais un super tie-break." Qu'il termine par un passing de revers long de ligne qui cloue les Espagnols sur place et le fait bondir de joie, réaction assez inhabituelle pour lui. "J'ai déjà été comme ça", tempère-t-il, avant d'apostropher «Bennet'» à propos de ce point: "Eh, Julien ! Tu l'as vu le coup ! Faut que tu voies la cassette !" Et l'intéressé de répondre: "Oui, mais s'il n'y a pas la défense avant..."

Effectivement, sans le travail de Benneteau, plus constant tout au long de la rencontre, sûr que les choses n'auraient pas été faciles pour une paire qui a peu l'habitude de jouer ensemble, l'aîné des deux jouant parfaitement son rôle de moteur, surtout psychologique. "Je ne lui donnais aucun conseil technique ou tactique, parce que tennistiquement, il n'y a rien à dire, mais j'essayais de le réconforter, de le mettre en confiance, pour qu'il ne doute pas, pour qu'il continue à être agressif même si ça ne payait pas tout de suite. Pendant le premier set, je n'ai pas arrêté de lui dire: «Tu es un monstre, tu ne peux pas louper, tu es plus fort que les mecs en face»". Il me disait: «Oui, t'as raison, je ne peux pas la louper». Et mine de rien, il sort un coup de génie sur la balle de set."

Le coup de génie met un coup au moral des Espagnols qui ne s'en relèveront pas, cédant deux fois leur engagement pour s'incliner 7-6, 6-2 en 1h15 de jeu. "Julien a été constant tout au long du match, on s'est bien épaulés, c'est fabuleux, jubile Gasquet. C'est très fort, cette médaille, on l'aura toute notre vie, on a vécu une expérience énorme depuis le début, le village, la cérémonie d'ouverture, sur les matches... La balle de match, c'était très fort, je le remercie, cette médaille est partagée." Elle le sera encore dans la soirée puisque les deux hommes ont prévu de fêter cette breloque au Club France avec les copains «Mika» et «Jo», dorés ou argentés, pour conclure une expérience dont ils se souviendront toute leur vie. "Toute l'année, on est seul, on joue pour notre pomme, là on a vécu quinze jours ensemble, au village et dans les maisons ici, ce soir, on va fêter ça ensemble, partager, ce sont des choses peu communes. Vivre des choses de cette puissance ensemble, c'est magnifique, on a deux médailles olympiques avec quatre joueurs, c'est fabuleux", conclut un Benneteau aux anges...

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