Harnois, la surprise en bronze

Marlène Harnois a décroché le bronze à Londres. (Reuters)

Marlène Harnois a décroché le bronze à Londres. (Reuters)

Marlène Harnois s’est offert ce jeudi une belle médaille de bronze en taekwondo, dans la catégorie des -57 kg, aux Jeux Olympiques de Londres. Battue en demi-finales, la Française s’est bien ressaisie pour remporter son combat face à la Japonaise Mayu Hamada, 18 ans seulement et troisième des derniers Jeux asiatiques.

i>"J’avais envie de rendre à la France ce qu’elle m’a donnée." Les souvenirs ont dû assaillir Marlène Harnois, lorsque celle-ci a décroché la médaille de bronze olympique, jeudi, à Londres. Alors bien sûr, le métal n’est pas forcément celui qu’elle attendait. "J’étais venu pour la médaille d’or, confirme-t-elle au micro de France 2. J’avais envie de marquer l’histoire du taekwondo français." Problème, sa route a croisé celle de la numéro une mondiale chinoise, Yuzhuo Hou, dès les demi-finales. Une défaite 8-6, et il a fallu se remobiliser, pour ne pas rentrer bredouille.

"Ce n’était pas évident, mais je me suis dit qu’il fallait que je m’accroche, souffle la taekwondïste. Au final c’est génial, je finis ma journée sur une victoire, comme Pascal Gentil (bronze, 2000, 2004), Myriam Baverel (argent, 2004) et Gwladys Epangue (bronze, 2008)." Une lignée dont la Québécoise est la digne héritière, du long de son histoire, forcément particulière. Naturalisée en 2008, Marlène Harnois a dû s’accrocher pour réaliser "le rêve d’une vie", celui de participer aux Jeux Olympiques.

"Quand je vois d'où j'arrive..."

Jeune surdouée au Canada, la native de Montréal s’est bien vite rendue compte que sa marge de progression était trop faible dans son pays d’origine. Résultat, en 2002, la jeune fille arrête tout activité sportive, et met au placard ses rêves olympiques. "Ça a été un énorme passage à vide", nous avait-elle concédé. Mais en 2006, Myriam Baverel, vice-championne olympique en 2004, et rencontrée en 2001 lors d’un échange d’un an effectué en France, décide d’intégrer la jeune Marlène au CREPS d’Aix-en-Provence, dont elle devient l’entraîneur. "Partir comme ça, c’est repartir de zéro. Je dois tout quitter, ma famille, mes amis, mes repères, mes racines", se rappelle-t-elle.

S’ensuivent deux années de remise à niveau et de labeur, dans l’attente d’une naturalisation qui ne vient que la veille des championnats d’Europe 2008. Une compétition que Marlène Harnois va remporter. "C’était important pour dire merci à ceux qui ont cru en moi, qui m’ont épaulé. Myriam, par exemple, c’est mon entraîneur mais c’est aussi quelqu’un de très important sur le plan personnel, elle a un rôle au-delà du sport", confie-t-elle. Naturalisée trop tard pour les Jeux de Pékin, celle qui partage désormais la vie du hurdleur Samuel Coco-Viloin doit encore patienter quatre ans pour réaliser son rêve.

"Quand je vois d’où j’arrive, le chemin que j’ai parcouru, c’est vraiment le combat de ma vie. Mais quoiqu’il arrive je pourrais être fière de mon parcours", expliquait-elle, avant la compétition. Quelques jours plus tard, la voilà affublée d’une médaille de bronze. Une breloque à même de barrer d'un large sourire son visage. Mais un métal qui ne devrait pas suffire à rassasier son appétit. En attendant Rio 2016, Marlène Harnois va toutefois souffler, et satisfaire quelques envies. " J’ai plein de passions. Il y a plein de choses qui m’intéressent. J’ai notamment une licence en journalisme… Mais juste après les Jeux, j’aimerais m’engager pour faire un peu de social, un peu d’humanitaire pendant quelques mois. On m’a tellement donné… J’ai envie de rendre un peu ça", conclut-elle.

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