Guénot a lutté pour

Steeve Guénot a pris le meilleur sur Pedro Isaac Mulens Herrera. (Reuters)

Steeve Guénot a pris le meilleur sur Pedro Isaac Mulens Herrera. (Reuters)

Champion olympique en 2008 à Pékin, Steeve Guénot n'a pas su conserver son titre à Londres, battu mardi en demi-finales par le Sud-Coréen Hyeonwoo Kim. En revanche, le cadet des frères Guénot, 26 ans, est allé chercher la médaille de bronze des 66kg aux dépens du Cubain Pedro Isaac Mulens Herrera. Le résumé de sa journée.

Quatre ans après son sacre de Pékin, si Steeve Guénot n’a pu conserver son titre, à Londres, le lutteur tricolore est parvenu à monter à nouveau sur le podium olympique en s’emparant du bronze dans sa catégorie des 66kg. Sans l’effet de surprise, le cadet de la fratrie s’est fait guerrier pour sauver l’honneur de la gréco-romaine.

Il le dit lui-même: "Elle n’est pas aussi belle qu’à Pékin…" L’or s’est transformé en bronze pour Steeve Guénot qui, à défaut de réussir à conserver son titre conquis il y a quatre ans, aux JO de Pékin, est parvenu à décrocher une deuxième médaille olympique ce mardi, aux Jeux de Londres.
Pour ce qui restera sans doute le dernier combat de sa carrière dans la catégorie des 66 kilos, le Chalonnais, ravalant la déception de son élimination sur une faute d'inattention en demi-finales –un passage au sol totalement raté-, aux portes d’une nouvelle finale olympique, a su se remobiliser pour aller chercher le bronze.

Opposé au Cubain Pedro Isaac Mulens Herrera, qu’il a pratiqué lors de stages à La Havane avec l’équipe de France, le Tricolore a su placer un contre décisif dès la première manche, avant de conclure sur un arraché décisif (4-0, 1-0). C'est la première médaille de la lutte gréco-romaine, la 28e pour l'équipe de France dans la capitale britannique. Pas la moins méritoire pour celui que la France entière avait découvert en 2008, à Pékin, où sans bien saisir tout le sel de cette lutte gréco-romaine parfois un brin hermétique pour le commun des mortels, le grand public était tombé sous le charme de Steeve, en or, et de son frère Christophe, en bronze dans la catégorie supérieure des 74 kilos.

Guénot: "A ceux qui disaient que j’étais fini, je leur ai prouvé le contraire…"

Quatre ans plus tard, alors que l’aîné de la fratrie a échoué 48 heures plus tôt dans la quête d’une nouvelle breloque, Steeve est reparti en quête de son Graal. Sans l’effet de surprise, attendu par chacun de ses adversaires, mais riche du vécu d’une olympiade contrastée. "Pendant quatre années, il y a eu pas mal de hauts et de bas, j’ai été pas mal blessé, décrit-il à chaud au micro de France Televisions. Comme s’il mesurait un peu plus la valeur de cette nouvelle récompense. Loin de la facilité apparente de son sacre pékinois. Et on sait que dans les sports comme le nôtre, c’est vraiment difficile, le podium d’il y a quatre ans, ce n’est pas le même qu’aujourd’hui, le niveau est vachement élevé. Aujourd’hui (mardi), j’étais attendu par rapport à Pékin et j’ai fait ma lutte, raconte-t-il. Satisfait aussi de la récompense du travail accompli. Si à l’exception d’une médaille européenne, son palmarès n’a que peu évolué depuis quatre ans, Steeve, souvent placé, mais jamais de retour sur la plus haute marche, a dû subir la défiance. "A ceux qui disaient que j’étais fini, je leur ai prouvé le contraire, lance-t-il un brin revanchard et forcément fier d’avoir dominé dès son deuxième combat le champion du monde en titre, l’Iranien Saeid Morad Abdvali.

Lui seul sait les efforts fournis dans l’anonymat retrouvé de sa discipline pour faire évoluer sa lutte: "J’ai travaillé l’arraché, plutôt que ma ceinture de côté, plus de lutte debout, j’ai travaillé dur avec Patrice (Mourier, son entraîneur) pour comme il dit: « Mettre la machine ! » Je me suis dépouillé, lance-t-il, soulagé aussi d’avoir assumé la pression de toute un discipline sur ses épaules. C’est une immense fierté, aujourd’hui, je peux être bien dans ma tête. Je suis content d’avoir récupéré cette médaille et aussi sauvé l’honneur, je pense à mes coéquipiers, parce que j’étais le dernier à passer de la gréco-romaine. Je suis content d’avoir réussi ça pour encore plus promouvoir mon sport en France". La lutte tricolore garde son porte-drapeau auquel s’ouvre un avenir nouveau dans la catégorie supérieure des 74 kilos, celle de son frère Christophe auquel il succèdera à Rio. Et qui lui permettra, lui habitué à perdre de dix à douze kilos pour faire le poids, de manger enfin à sa faim. Ça tombe bien Steeve Guénot a encore faim !

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