Au pied de l'Olympe

Les Bleus sont en route pour un deuxième titre olympique. (Reuters)

Les Bleus sont en route pour un deuxième titre olympique. (Reuters)

Arrivée en finale au terme d'un parcours extraordinaire, l'équipe de France masculine défendra sa couronne olympique face à la Suède, dimanche (15h). Un match piège par excellence face à une formation déjà rencontrée et battue en phase de poules. Une opposition qui sera également la dernière pour certains Experts souhaitant passer le témoin à la nouvelle génération dans les meilleures conditions possibles.

Claude Onesta peut parader. Son équipe de France est en finale des Jeux Olympiques, six mois après l’échec cuisant à l’Euro 2012. "Après toutes les critiques qu’on entendues, chacun a préféré se taire. On s’est promis de revenir, pas juste pour dire au revoir, mais pour remonter en haut de la pyramide et montrer que c’est quand même nous qui dominons le handball mondial depuis plusieurs années, lance le sélectionneur. Au premier accroc, la plupart a pensé que cette équipe était morte, mais on a vu, pour une équipe lézardée il y a deux jours, pour une équipe de vieux, pour un vieil Omeyer sur le déclin... Je veux bien répéter ce que m’a dit à l’oreille Ivano Balic, il m'a dit: «C’est la meilleure équipe de tous les temps». Il a l’air de connaître un peu le handball, je vais me le garder, il n’a peut-être pas tort. »"

Un discours qui montre tout de même que l’orgueil a bien été touché, en Serbie, il y a six mois. Autour de leur sélectionneur, les joueurs tricolores se sont donc recroquevillés sur eux-mêmes, pour mieux se reconstruire en vue des Jeux. Au lieu de deux semaines d’agitation pré-Euro, les Bleus ont cette fois eu cinq semaines pour se préparer, loin de l’agitation médiatique. Le temps de travailler le physique, et de mettre en place cette 0-6, qui a tant faire souffrir la Croatie, en demi-finales. "On arrive en finale avec la même recette. La seule chose qu’on a su faire, c’est changer le plat de résistance. On a préparé un plat gratiné qui est la 0-6, avec beaucoup de densité, physique, l’équipe de France a une densité physique qu’aucune autre équipe n’a au niveau international", sourit Didier Dinart.

Fernandez: "Meilleur que Bercy 2001"

Une recette qu’il faudra mettre en place une dernière fois, face à la Suède, dimanche. Une rencontre piégeuse, face à une équipe que les Tricolores ont battu en phases de poule (29-26). "Sur une finale, l’enjeu n’est pas le même, peu importe l’adversaire en finale", prévient William Accambray. Le rapport de force rappelle d’ailleurs Pékin 2008, où la troupe de Claude Onesta avait souffert pour éliminer la Croatie en demies, avant de dérouler son handball face à l’Islande. "C’était pareil à Pékin, confirme Guillaume Gille. Mais depuis les quarts de finale, il n’y a pas de favoris, c’est toujours très serré jusqu’à la fin des matches. Les Suédois vont être remontés comme des pendules. Même si on les a battus en poules, ce sera différent."

Et pour aller chercher un deuxième titre olympique de rang, une première depuis le doublé réussi par l’URSS, devenue CEI en 1988 et 1992, les Bleus pourront compter sur le soutien d’un public acquis à la cause française. "Nulle part on n’a jamais connu une ambiance comme ça, souffle Michaël Guigou. Depuis que je suis en équipe de France, à chaque fois qu’on jouait la Croatie, c’étaient les Français qui se faisaient siffler, pas l’inverse, avec toujours énormément de Croates. Là, on a été énormément soutenus, c’est aussi ça qui a fait la différence." Jérôme Fernandez n’hésite d’ailleurs pas à comparer avec son titre de champion de monde acquis en 2001, en France. "On a senti la magie du peuple français qui était dans la salle, c'est extraordinaire. C'est même meilleur que Bercy en 2001, j'ai l'impression, lâche le capitaine. Et dimanche, je sais qu'il y aura encore beaucoup de monde pour la finale..."

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