Kenny, comme par magie

Le Britannique a dominé Grégory Baugé en finale. (Reuters

Le Britannique a dominé Grégory Baugé en finale. (Reuters

Ultra dominateur dans la discipline depuis quatre ans, Grégory Baugé ne sera pas champion olympique de vitesse individuelle cette année à Londres. Le Français, triple champion du monde, s’est incliné en finale face à Jason Kenny, qui succède à son compatriote Chris Hoy au palmarès et poursuit l’incroyable razzia britannique sur la piste. C’est tout de même la 26e médaille pour le clan tricolore.

Rien, rien, rien. Grégory Baugé n’a rien pu faire face à Jason Kenny en finale de la vitesse individuelle. Le Français avait beau être le grand favori de la compétition, avant d’arriver à Londres, il est tombé sur un pistard plus qu’impressionnant depuis son arrivée dans le vélodrome, et la victoire de la Grande-Bretagne dans la vitesse par équipes. Kenny réitère donc le doublé qu’avait réussi Chris Hoy il y a quatre ans, et justifie ainsi le choix de sa fédération de l’aligner sur cette épreuve reine aux dépens du quintuple médaillé d’or écossais. Vice-champion olympique à Pékin, le natif de Bolton grimpe à 24 ans sur la plus haute marche du podium que convoitait tant Baugé.

Difficile pour le Français de masquer sa déception. "C’était les deux derniers rounds de mes Jeux. Deux-zéro, il n’y a rien à dire, j’ai perdu, a-t-il confié à France Télévisions. Je ne pense pas être tombé sur plus fort que moi. Il y a beaucoup de choses… Je suis déçu pour moi-même, pour tous ceux qui m’ont encouragé. Ça fait une médaille, dans les quotas je pense qu’on est bon. Mais pour moi, c’est un échec." Comme jeudi dernier en vitesse par équipes, Baugé ne rêvait que de l’or. Mais comment lui en vouloir ? Depuis Pékin, le pensionnaire de l’Insep règne sans partage sur sa discipline. Il a remporté les quatre dernières finales de championnats du monde, si l’on prend en compte le titre que l’UCI lui a retiré après sa suspension rétroactive pour défauts de localisation, et qui fut attribué rétroactivement à… Jason Kenny.

Kenny, ce rival que l’on disait complexé par un adversaire qu’il n’avait jamais réussi à dompter en grand championnat. Ce Britannique apparu totalement sans solution lors des derniers Mondiaux, surclassé par Baugé en finale. C’était il y a seulement trois mois. Mais ce Kenny-là, on ne l’a pas vu à Londres. Transcendé par l’événement, devant une foule surexcitée, il est apparu étourdissant de puissance et de facilité. "Ce n’est jamais facile à l’extérieur, ça fait partie des paramètres de course, il y a une ambiance de folie", expliquera Baugé.

Face au protégé de Dave Brailsford, gourou du Team Sky et de la piste britannique, le Guadeloupéen n’a rien pu faire. Devant, dans la première manche, il s’est fait déborder dans le dernier virage, avant de s’avouer vaincu sans contestation possible. Derrière, dans la seconde manche, dans la position qu’il affectionne le plus, Baugé s’est rapproché de son rival, sans pouvoir le déborder. Rien, rien, rien, il n’y avait donc rien à faire face à ce Jason Kenny. Et la France attend toujours un successeur à Daniel Morelon, dernier tricolore en vitesse individuelle, à Munich en 1972. Baugé avait pourtant tout pour lui. Enfin croyait-on.

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