Absalon ne vit que pour ça

Julien Absalon rêve d'une nouvelle médaille d'or. (Reuters)

Julien Absalon rêve d'une nouvelle médaille d'or. (Reuters)

Sacré à Athènes et à Pékin, Julien Absalon part à la conquête d’un troisième titre olympique en VTT à Londres. Si la concurrence est rude pour la médaille d’or, le Vosgien s’est préparé depuis quatre ans dans l’unique but d’être le meilleur dimanche sur le parcours de Hadleigh Farm. "Je pars pour être champion olympique comme si je ne l'avais jamais été", a-t-il confié.

Julien Absalon a déjà tout gagné. Double champion olympique et quadruple champion du monde, le Français n’a pourtant pas étanché sa soif de titres. A bientôt 32 ans, il vise dimanche une nouvelle médaille d’or et un triplé historique en VTT qui le ferait entrer dans la légende du sport tricolore. Malgré l'ampleur de son palmarès, il sera au départ de la course à Hadleigh Farm comme s'il n’avait rien conquis. "Je ne pars pas pour défendre un titre olympique. Je ne pars pas pour gagner un troisième titre olympique. Je pars juste pour être champion olympique comme si je ne l'avais jamais été, a-t-il confié à Reuters. Même si je l'ai été deux fois, ce titre reste mythique, unique et suprême. Quand on dit que vous avez été champion du monde, cela s'efface la saison d'après. Par contre, on dit toujours que vous êtes champion olympique."

Depuis son sacre de Pékin, Julien Absalon n'a donc qu'une idée en tête, devenir triple champion olympique. "Je me prépare depuis quatre ans tous les jours avec un seul et unique objectif: être champion olympique. Tout ce que j'ai mis en place, tout ce que j'ai fait, mangé, roulé, récupéré, dormi, programmé, était dans cet unique but, a-t-il détaillé. Comme je n'ai vraiment plus rien à prouver, je suis impatient de courir pour y trouver un certain plaisir jamais embrassé à ce jour, quelque chose, peut-être, au-dessus de l'état de grâce connu en 2008." Et pour y arriver, le Vosgien connaît la recette mieux que personne: "Pour devenir champion olympique, il faut tout prévoir, tout anticiper, tout bien cadrer. Et, quand on veut l'être pour la troisième fois d'affilée, il faut tout prévoir au millimètre. Je suis armé pour faire face à l'énorme pression précédant à la fois les Jeux puis la course. Je suis aussi armé pour faire face aux tentations rencontrées, à chaque coin de rue, au village olympique. Si on sait pourquoi on est là, on se crée une bulle très facilement."

Depuis l'âge de 15 ans, Absalon est chaperonné par le même homme, Gérard Brocks, et pour avoir accumulé autant de titres dans sa carrière, dont quatre de champion du monde entre 2004 et 2007, il sait que pour gagner, aucun détail ne doit être négligé. Son entraîneur, interrogé sur RMC, a souligné le sérieux et l’application qu’Absalon a mis dans sa préparation. "Les voyants sont au vert tant physiologiquement, techniquement, que mentalement. On est dans un rituel qu’on maîtrise et on fait abstraction de la pression médiatique. Il a rendez-vous avec lui-même, a insisté Gérard Brocks. Il faut faire en sorte de rester simple parce que les Jeux ne se préparent pas en une semaine. Le jour J, il ne faut pas sortir de ce que l’on sait faire. Le profil de Julien ne correspondait pas au parcours donc on a modifié le profil physiologique de Julien, qui est devenu plus explosif et met plus d’engagement. On a travaillé la dimension mentale pour ne pas avoir peur de la chute. Il est bien, je le sens aussi motivé qu’à Pékin."

Le Sport sur votre mobile
à lire aussi