Fer, le plus beau métal

Emilie Fer est championne olympique de kayak. (Reuters)

Emilie Fer est championne olympique de kayak. (Reuters)

Le canoë-kayak est décidément un sport en or pour les Français. Deux jours après Tony Estanguet, Emilie Fer est à son tour devenue championne olympique en K1, jeudi. Elle devance l'Australienne née dans le sud de la France, Jessica Fox et l'Espagnole Maialen Chourraut. C'est la sixième médaille d'or pour le clan tricolore.

Le traumatisme est enfin effacé. Souvent placée en qualifications, jamais gagnante, Emilie Fer a mis un terme à la malédiction ce jeudi. Le jour idéal pour cela, celui d’une course olympique où elle était arrivée en position d’outsider.

Depuis Pékin, Fer, ancienne grande espoir du kayak tricolore, avait souffert, sans doute revue en boucle dans sa tête cette manche finale en Chine. Deuxième des demi-finales quand le règlement ajoutait encore le temps de la demie à celui de la finale pour composer le podium, la Francilienne avait craqué en ratant une porte pour concéder une pénalité rédhibitoire et prendre la 7e place. La sociétaire du club de Saint-Paul La Colle dans les Alpes-Maritimes avait peiné à s’en remettre et la réputation d’une championne friable mentalement au moment du "money time" lui collait à la peau. L’an passé encore, elle avait réalisé le meilleur temps en demi aux Mondiaux de Bratislava avant de finir au pied du podium en finale.

Un parcours parfait

Ce jeudi, elle tenait donc la plus belle des revanches au terme d’une compétition où elle est montée crescendo. 12e seulement des qualifications quand les 15 premières passaient en demie, Fer est avancée masquée. Sa demi-finale l’a idéalement placée, rassurée aussi avec une 3e place pour la positionner dans le bon tempo. "Je n’ai pas calculé, Jessica Fox est passée avant ma manche donc je n’avais rien à perdre. Entre les deux manches, j’ai dit à mon entraîneur, Sylvain Curinier, que ce n’était pas la peine qu’il me donne les résultats. Je savais ce que j’avais à faire", explique t-elle après coup sur France Télévisions. L’exploit était en marche et Fer a assumé avec une superbe manche sans faute où elle a creusé l’écart dès le haut avant de bien gérer dans le bas piégeux pour conserver 61 centièmes d’avance sur l’Australienne Fox.

Le bronze était dans la poche mais Fer allait arracher bien mieux. Grande favorite, l’Espagnole Chourraut réalise un parcours propre mais ne peut suivre le rythme. Surprise des demies avec le meilleur temps, la Polonaise Natalie Pacierpnik craque totalement avec plusieurs erreurs de trajectoire. Fer peut savourer. Ce jeudi, l’alchimie était parfaite au Lee Valley White Water Centre pour changer son destin en or.

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