Parker: "Envie de poursuivre"

Le meneur des Bleus pense déjà à Rio. (Reuters)

Le meneur des Bleus pense déjà à Rio. (Reuters)

Au surlendemain de leur élimination du tournoi olympique de basket-ball, le déception reste immense pour les joueurs français de la génération Parker, qui ont peut-être laissé échapper leur dernière chance de médaille aux Jeux. Bien que TP, lui, veut déjà aller de l'avant et "terminer en beauté à Rio".

Tony, quelle note donneriez-vous à votre performance individuelle et collective dans ce tournoi ?
Je ne donnerai pas de note. C’est vous les journalistes, je vous laisse noter. Il y a deux façons de voir les choses. On peut être déçu de perdre en quarts de finale après avoir mené tout le match, et de n’avoir pas rentré les tirs qu’il fallait à la fin. Mais d’un autre côté, on n’a pas eu une préparation facile, avec un seul entrainement au complet. Donc tenir l’Espagne à 66 points, ce n’est pas si mal. On n’avait pas les jambes pour être performants jusqu’au bout.

Ce match face à l’Espagne était-il le plus frustrant de votre carrière ?
Non, pas le plus frustrant. Bien sûr, c’est dur d’être si près du but et de perdre. Mais il faut se dire que l’on a été très proche d’eux sur ce match, et que c’est l’équipe qui domine le basket européen depuis six ans. C’est la seule équipe du continent à avoir battu la France en compétition officielle sur les quatre dernières années. Il y a beaucoup de choses positives, et la marge de progression est grande. On a fini par céder face à l’Espagne, mais c’est ce qui fait la beauté du sport. Parfois, c’est magnifique, et d’autres fois, les choses se passent cruellement. Je suis persuadé que notre heure viendra. Sur les prochaines années, il y a de belles choses à faire. L’état d’esprit est extraordinaire dans cette équipe. Au lendemain de notre défaite, on parlait tous de notre prochaine compétition, tout le monde est très motivé. J’ai plus que jamais envie de poursuivre en équipe de France et de gagner un titre avant la fin de ma carrière.

A quel point l’absence de Joakim Noah a-t-elle pesé dans ce match face à l’Espagne ?
Il n’y a pas que Noah. Beaubois et Mahinmi sont également des joueurs susceptibles de nous aider dans une telle compétition, à l’approche des quarts de finale. Il nous a manqué un peu de taille. Ronny Turiaf, Kévin Séraphin et Ali Traoré ont été exceptionnels sur ce tournoi olympique, et je suis fier de toute l’équipe. Mais si on veut aller jusqu’au bout un jour, on aura besoin de tout le monde.

On vous a vu défendre très dur et y laisser de l’énergie, aux dépens de vous performances offensives. A quel niveau estimez-vous vos capacités physiques sur l’ensemble de ce tournoi ?
J’étais fatigué. Je n’ai jamais autant défendu. D’ailleurs, Gregg Popovich m’a engueulé, il me reproche de défendre plus pour mon pays que pour San Antonio (rires). C’était notre stratégie, et ça a payé. Tenir les Espagnols à 66 points, c’est vachement bien. Le fait que je ne sois pas à 100% et que ma préparation ait été gâchée explique aussi ma fatigue dans le troisième quart-temps. Jouer 38 minutes à ce niveau-là sans être au top, c’est très dur. Mais je ne me cherche pas d’excuse, je n’ai pas mis les tirs, et c’est tout. Je suis frustré car je suis le leader de cette équipe, mes coéquipiers comptent sur moi pour rentrer ces tirs-là, et je n’ai pas réussi. Donc j’assume. Et je continuerai à travailler dur. Je promets de ne pas sortir en boîte de nuit juste avant le championnat d’Europe.

"Terminer en beauté à Rio"

Vous observez aussi les autres équipes. L’Argentine est une équipe vieillissante, mais le fait que Manu Ginobili évolue à ce niveau à 34 ans vous donne-t-il des idées pour Rio ?
Bien sûr. Je suis motivé pour repartir sur un cycle de quatre ans. Je dis souvent que j’aimerais disputer à Rio ma dernière grande compétition sous le maillot bleu. J’espère terminer sur une bonne note. Il faut donc utiliser l’expérience londonienne pour arriver au top dans quatre ans. Il y a ma génération, mais aussi celle de Nicolas Batum, et d’autres joueurs arriveront plus tard. En mélangeant bien le tout, j’espère qu’on apportera une médaille au basket français.

Pour ce nouveau cycle de quatre ans, est-ce important pour vous de continuer avec Vincent Collet ?
Oui, on en a parlé entre nous, on souhaite tous qu’il continue. Il a vécu la défaite en finale de l’Euro 2011, celle en quarts de finale à Londres, il a souffert avec nous. On veut travailler avec lui pour bien figurer dès le prochain Euro, car c’est notre premier objectif désormais. On ne veut pas penser à Rio pour le moment.

Quel regard portez-vous sur la performance des basketteuses ?
Je suis très fier d’elles. Ce n’est pas facile d’aller en finale des Jeux Olympiques. Je leur souhaite bonne chance face aux Américaines, qui sont favorites. Ce ne sera vraiment pas facile, mais sur un match, tout peut se passer.

Comment vivez-vous ce qui arrive à Céline Dumerc, dont vous êtes assez proche ?
Le Tony Parker au féminin ! (Rires). Je suis très heureux pour elle. On était à l’INSEP ensemble et on a toujours rêvé de participer aux Jeux Olympiques. Elle joue son meilleur basket. Je ne l’ai jamais vue comme ça. Elle est sur son petit nuage, j’espère qu’elle va continuer et terminer en beauté. J’ai l’impression que j’ai enfin eu une bonne influence sur elle !

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