Le goût amer du revers

C'est la fin du rêve olympique pour la bande à Tony Parker. (Reuters)

C'est la fin du rêve olympique pour la bande à Tony Parker. (Reuters)

Au contraire des handballeurs tricolores, l'équipe de France masculine de basket-ball a subi un revers cruel face à l'Espagne (59-66), mercredi, s'arrêtant aux portes des demi-finales du tournoi olympique. Pourtant, les coéquipiers de Tony Parker ont pris un meilleur départ que les Ibériques mais ont connu un trou d'air rédhibitoire au retour des vestiaires. Cette défaite va rester en travers de la gorge des joueurs tricolores, qui ne rapporteront pas de médaille de Londres.

C’était l’année pour battre l’Espagne, Vincent Collet et Tony Parker en étaient convaincus. Mais l’équipe de France ne sera pas son bourreau. Il y avait pourtant la place pour enfin mettre à terre cette insolente Roja, les Bleus l’ont prouvé en contrôlant les débats pendant plus de trois quart-temps, mercredi, en quarts de finale du tournoi olympique. Mais dans le money-time, ces dernières minutes où chaque point vaut de l’or, les vice-champions d’Europe n’ont pas su trouver la clé d’une défense adverse devenue imperméable (59-66). Une terrible déception.

"On a fait ce qu’il fallait, on a mené tout le match. Mais à la fin, on a manqué un peu d’adresse, moi le premier, a regretté sur France 2 un "TP" auteur de 15 points et 6 rebonds, à seulement 6/20 aux tirs. Si on regarde, avec la préparation qu’on a eue, c’est malgré tout un bon tournoi. Mais terminer comme ça, c’est dur à avaler." Cette amertume a été visiblement partagée par tout un groupe vu l’électricité entre les deux équipes en fin de rencontre, Nicolas Batum se rendant coupable d’une vilaine faute pleine de frustration sur Juan Carlos Navarro.

6 points dans le dernier quart-temps…

Dans ce geste, sans doute, l’ailier tricolore a voulu évacuer trois années de déception, de colère, face à des Espagnols qui avaient éliminé les Français en quarts de finale de l’Euro 2009 et les avaient aussi battus en finale du dernier championnat d’Europe. Une bête noire que les joueurs de Vincent Collet semblaient avoir dompté après un début de match maîtrisé (22-17, 10e), en grande partie grâce à un Boris Diaw décisif des deux côtés du terrain, notamment derrière l’arc (15 points, 8 rebonds, 5 passes décisives). Même sur la défense de zone mise en place par Sergio Scariolo, les Bleus ont trouvé des solutions extérieures inattendues avec Florent Pietrus (10 points, à 2/2 à trois points) qui leur ont permis de regagner les vestiaires avec l’avantage (37-34, 20e).

Présents au rebond et agressifs en défense, Ronny Turiaf et ses partenaires semblaient alors en mesure d’atteindre les demi-finales, d’autant qu’ils ont bien résisté au 7-0 de l’Espagne en début de troisième quart (53-51, 30e). Mais à l’heure où les leaders naturels de cette équipe auraient dû prendre les choses en main, ni Tony Parker ni Nicolas Batum (8 points, 5 rebonds) n’ont répondu présent. A cinq minutes du terme, tout était encore faisable (57-58, 35e). Avec ensuite un seul panier marqué, par Mickaël Gelabale à quelques secondes du buzzer, nettement moins. Les rêves de médaille aux Jeux de la génération de "TP" et Boris Diaw s’envolent. Peut-être auront-ils une autre chance, à Rio dans quatre ans.

Le Sport sur votre mobile
à lire aussi