Du suspense et Dumerc

Céline Dumerc a imposé sa loi: 23 points, 6 passes et 4 rebonds. (Reuters)

Céline Dumerc a imposé sa loi: 23 points, 6 passes et 4 rebonds. (Reuters)

L'équipe de France de basket-ball féminin s'est qualifiée mardi pour les demies du tournoi olympique des Jeux de Londres en battant la République tchèque au terme d'un match à suspense (71-68). Les Bleues, qui sont parvenues à prendre l'avantage dans les dernières minutes d'une rencontre particulièrement crispante, défieront la Russie pour une place en finale, jeudi à 22 heures.

"Si en finissant premières de notre poule, on sortait dès les quarts de finale, pardonnez-moi l’expression mais on serait vraiment les reines des c…" Percutants, les mots de Florence Lepron ont bien failli devenir cinglants ce mardi. Invaincues à l’issue de la première phase de ces Jeux, bourreaux des vice-championnes olympiques australiennes et des championnes d’Europe russes notamment, les Bleues ont manqué de craquer dans leur toute première confrontation éliminatoire, poussées dans leurs derniers retranchements par des Tchèques aussi redoutables qu’inconstantes.

Vice-championnes du monde il y a deux ans, les partenaires de l’incontournable Eva Viteckova (17 points dans ce quart) ont retrouvé des couleurs après une phase de groupes calamiteuse marquée par trois défaites contre la Chine, la Turquie et les Etats-Unis. D’abord poussives au démarrage, très vite largement menées (14-7 après huit minutes), les géantes de Lubor Blazek n’ont jamais lâché prise, revenant à quatre longueurs au terme de la première période (16-12), puis à hauteur dans le deuxième quart-temps (18-18 et 28-28 à la pause). Une combativité non démentie dans le troisième acte, où les Tchèques vont assommer les Tricolores pour prendre dix points d’avance avant l’amorce des dix dernières minutes (41-51).

Dos au mur, moribondes pour certaines, les joueuses de Pierre Vincent vont alors trouver les ressources nécessaires pour se relancer, s’appuyant sur le culot d’Endéné Miyem (14 points) et la vista de leur capitaine, Céline Dumerc (23 points) pour renverser la vapeur. A la 36e minute, la France reprend les devants à la table de marque (64-63), et ne va pas laisser passer sa chance. "C’est le retour des braqueuses, s’exclamait Pierre Vincent après coup. Je ne sais pas où on est allé chercher cette victoire mais très loin, avec beaucoup de courage, à défaut d’intelligence… On réserve ça pour la demie !"

Victorieuses 71-68 au final, les Bleues pouvaient se laisser aller à leurs émotions au terme de la partie, à l’image d’une Emmeline Ndongue en larmes: "C’est magnifique, extraordinaire, il n’y a pas de mots, juste des émotions…" "C’est encore un hold up, comme on sait si bien le faire, s’esclaffait pour sa part Endéné Miyem. On ne pouvait pas laisser échapper ce match, ça aurait été du gâchis. On a joué avec nos tripes pour obtenir cette qualification !" En bonne capitaine, Céline Dumerc se réservait le mot de la fin, sur l’antenne de France Télévisions: "On a parfois été ridicules mais j’ai du mal à réaliser ce qu’on a fait ce soir. On aime bien se faire peur et se mettre en difficultés. C’est dangereux mais je suis fière de mon équipe !" Un discours que l’on aimerait entendre jeudi soir encore, à l’issue d’une demi-finale programmée à 22h contre la Russie. Il y a deux jours, les Françaises dominaient les Russes 65-54 en poule. Mais l’enjeu était alors tout autre…

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