Cette équipe a de l'avenir

Les Bleues donnent rendez-vous à l'Euro 2013 en France. (Reuters)

Les Bleues donnent rendez-vous à l'Euro 2013 en France. (Reuters)

L'équipe de France de basket a décroché à Londres la première médaille du sport collectif féminin. L'argent olympique est plein de promesses pour les joueuses de Pierre Vincent, qui se tournent déjà vers l'Euro 2013 organisé en France et pour lequel elles espèrent soulever les foules.

"On était ruinés…" Comme prévu, la belle aventure des Bleues s’est arrêtée au bout d’une finale où les quadruples - désormais quintuples - championnes olympiques américaines ont, en toute logique, donné la leçon (86-50), après un premier quart-temps où les joueuses de Pierre Vincent auront fait illusion. "Et on avait besoin de beaucoup d’énergie pour compenser, avouera le coach tricolore. Parce qu’on mesure la distance qu’il y a entre nous et elles, d’un point de vue athlétique, technique, offensif et défensif,… Elles nous ont tout fait." Une différence qui ne méritait pas forcément 36 points d’écart, peut-être l’"unique regret" d’Emmeline Ndongue et de ses coéquipières.

"On les a tenues un quart-temps… Après, on a fait beaucoup d’erreurs qu’on a payées cash." Avec 28% de réussite aux tirs, 21 balles perdues et un 19-0 encaissé en cinq minutes (62-32, 28e), les Bleues ont été définitivement lâchées dans le troisième quart. Mais elles avaient déjà atteint leur objectif en se hissant au finale, après une demi-finale maîtrisée contre les Russes. "Ce qui est terrible, c’est qu’on a produit beaucoup d’efforts, pour ne pas gagner au final, poursuit leur entraîneur. Mais il ne faut pas bouder notre plaisir. C’est historique pour nous, finale des JO, c’est un truc monstrueux." Car cette fessée, face au "pays qui a inventé le jeu" dixit Pierre Vincent, n’a rien d’infamant.

Il ne doit surtout pas faire venir obscurcir l’incroyable parcours qui a mené ses troupes jusqu’à la deuxième marche du podium, comme leurs homologues masculins douze années plus tôt à Sydney. Les victoires face à la Grande-Bretagne (80-77, a.p.), et surtout l’Australie (74-70, a.p.), avant d’écarter la République Tchèque en quarts de finale au prix d’un incroyable retour (71-68), ont marqué les esprits et démontré que cette équipe pouvait se sortir des situations les plus périlleuses. Même contre les "Opals", des Australiennes qui auront été les seules à inquiéter les Etats-Unis dans le tournoi. "On a arraché ces matches, et on s’est battues comme des lionnes, confirme Emmeline N’Dongue. Quand on a fait ces prolongations-là, que Céline (Dumerc) nous sort des shoots dont ne sait où, on se dit qu’il y a quelque chose au-dessus de nous."

Ndongue: "J’espère que le public sera présent"

Une Céline Dumerc, dite "Caps", qui est véritablement entrée dans une autre dimension lors de cette quinzaine. "Je n’ai pas vécu des saisons particulièrement euphoriques ces dernières années, et arriver à jouer un basket comme ça, dans une compétition comme ça, avec tout cette émotion, ce décor autour de moi,… Je suis quand même super heureuse", reconnaît celle qui, après avoir joué les sauveuses à plusieurs reprises, termine avec 14,3 points de moyenne, avec plus de 57% de réussite aux tirs… Et si elle aussi regrette "la manière" de la dernière sortie bleue lors de ce tournoi, elle n’oublie ces "trois mois de vie commune", jalonnée d’une qualification arrachée au TQO d’Ankara en juin, avant ce "rêve" londonien. Une aventure qu’elles vont continuer à écrire avec, en point d’orgue, un championnat d’Europe à domicile dès l’an prochain.

"Il paraît, j’ai entendu dire, sourit Pierre Vincent, avant de redevenir sérieux. On sera parmi les favoris, mais on a appris à être attendus. Après, je ne sais pas si on sera champions d’Europe, mais on sera compétitifs. Et puis chez nous, poussés par tout un peuple… On ne sera pas faciles à battre !" De quoi déclencher une vague bleue dans l’Hexagone ? "J’espère qu’on a créé un engouement par rapport au basket féminin, veut croire Emmeline N’Dongue, qui, après avoir célébré cette médaille avec ses copines et les supporters tricolores samedi soir au Club France, aura un autre aperçu de leur nouvelle popularité lundi sur les Champs-Elysées. Parce qu’on évolue toujours un peu dans l’ombre, même si on fait des résultats, on ne parle pas trop de nous. Aujourd’hui, avec cette médaille d’argent et l’Euro derrière, j’espère que le public sera présent pour nous encourager !"

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